Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Posté : sam. 4 juil. 2026 12:40
Numéro 4600 du 10/06/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/vive-le-foot/
Le précédent Spirou consacré à un évènement sportif a été celui sur les jeux olympiques, justifié (s’il en avait été besoin) par leur tenue en France, Spirou étant un journal essentiellement franco-belge, jeux jugés suffisament importants pour que la rédaction leur consacre non un mais deux numéros spéciaux (4490 et 4502). Il ne semble pas y avoir de raisons particulières à ce spécial coupe du monde de foot, hormis une tradition, non systématique, remontant à une trentaine d’années, par contre il est un prétexte à une mise en avant de cette franco-belgitude. Ce n’est pas sa seule caractéristique, et une comparaison avec de précédents spéciaux foot vont se montrer révélatrices. Si Spirou a eu dès ses premières années, alors que la famille Dupuis voulait un journal espiègle mais aussi sain et éducatif, plusieurs rubriques sportives, dont une, rédigée par Jean Corhumel, a duré jusqu’en 1968, pour disparaître cette année où la jeunesse revendiquait d’autres valeurs, par la suite, sauf erreur, hormis les spéciaux JO cités, les Spirou spécial sport l’ont pratiquement tous été sur le foot, le premier en 1978, rares jusqu’en 1998, puis presque systématiques depuis.
Les rubriques sportives des années 30 à 60 étaient sérieuses mais depuis, Spirou oblige, l’approche est humoristique, et la couverture de Mab, ainsi que son histoire (très) courte, montrent l’angle choisi pour ce spécial: un spécial foot inclusif, qui prend aussi en compte ceux qui n’aiment pas ce sport. C’avait déjà été l’attaque du 3141 en 1998, sous Thierry Tinlot, avec le slogan de couverture « La coupe du monde ? Tout le monde s’en foot ! », mais elle est ici plus affinée, déclinée en de multiples versions par la plupart des auteurices du numéro (et en y ajoutant le slogan « Déjà marre du foot ? Lisez Spirou ! », accompagné d’une opération publicitaire avec un code promo à découvrir (jeu saboté par les Fabrice, comme il se doit) pour profiter d’un abonnement à tarif réduit.
Première constatation, la couverture de Mab, comme les histoires, témoignent que le foot n’est pas réservé qu’aux hommes, et de ce point de vue, Spirou est depuis belle lurette bien moins machiste que les instances officielles du foot (pour un historique, voir Le match du siècle, de Julie Billault et Seb Picquet, Dupuis, 2026). Dans la couverture comme dans son histoire, « Match nul ! », Mab inverse d’ailleurs le cliché en présentant le père de famille comme le seul réfractaire au foot. Mab qui pour l’occasion utilise son style croquis, proche, peut-on imaginer, de son activité de storyboarder, différent de celui de ses éphémères Térence et Bud dans Spirou, des ET du même univers graphique que ceux de Terminax conquis et autres, vus la semaine précédente.
Dans les séries de gags habituels, beaucoup se sont pliés au jeu du "Spirou pour ceux qui n'aiment pas le foot" : Nob n’a pas fait jouer la sportive Roxanne mais Ondine, qui ne comprend rien au jeu. Dans Huguette et Croquette, Théoschu rappelle qu’avec un montage habile, pas besoin d’IA pour faire paraître des vieux quasi impotents comme des joueurs de haut niveau, dans Working dead les zombies se font prévisiblement écraser dans un match inter start-up, parce qu’ils n’utilisent pas leurs ressources in-humaines, et dans Titan inc., toujours allégorique, Manu Boisteau et Paul Martin montrent les buts sur un iceberg insurmontable. Dans L’épée de bois, Jonathan Munoz et Anne-Claire Thibaut-Jouvray imaginent une médiévale fantastique et délectablement bien tordue origine au foot. Fidèles à eux-mêmes, Nelson imite les joueurs simulant une douleur pour obtenir un gain, Bernstein et Moog détournent dans Willy Woob, avec humour charmant et naïveté pertinente, la panoplie gestuelle et verbale des supporters, souligant la polysémie du verbe supporter (et je rajoute, sur ce thème, qu’il n’est pas étonnant que, bien que les supporters soutiennent une équipe, on ait choisi en français de les qualifier de l’anglicisme supporters plutôt que de souteneurs, cela aurait trop explicitement souligné la proximités des joueurs vendus aux plus offrants avec le soi-disant plus vieux métier du monde...), et les Fabrice tentent d’initier un collégien à la pétanque, qui remonterait aux grottes de Lascaux (ce qui en ferait le plus vieux jeu du monde…). Manoir à louer, Elliot, Boulette, Kid Paddle et Game over sont absents du numéro (prévisible pour certains, moins pour d’autres), absence compensée, en particulier pour Boulette, par le désormais occasionnel (au sens propre) Crapule de Jean-Luc Deglin, et par Romain Dutreix et Dab’s qui mettent en scène leur avatar dessiné sur le thème, comme les Fabrice, de BD pour ceux qui n’aiment pas le foot : dans Pandémie de foot, Dab’s en devient obsessionnel, et dans La leçon de football, Dutreix reprend son personnage forcé de faire des choses contre son gré et en est terriblement (mais très drôlement) maltraité. Les deux planches de Dutreix et celles des Fabrice ont en commun d’être séparées et réparties dans le numéro, ce qui, ajouté au fait que les histoires complètes ne dépassent plus qu’exceptionnellement 4 pages, alors que jusqu’au début des années 2000 elles dépassaient encore souvent 6 pages, à la multiplications des strips, et aux longs chapitres des histoires (à suivre), fait que Spirou ressemble de plus en plus à un avatar de papier d’un smartphone. La crise de la presse fait que, alors que Spirou initiait les tendances (les mini-récits précurseurs des micro écrans des smartphones), il doit maintenant les suivre.
Si la réduction drastique du nombre de pages des histoires complètes ne permet pas la reprise du légendaire Allez Champignac ! de Nic Broca (et, dit la légende, Alain de Kuiyssche), Spirou et Fantasio sont tout de même présents dans ce numéro sur scénario de Beka et dessin et couleur de David Etien dans une histoire résumé de l’univers du groom, du dessin, proche des débuts de Fournier dans la série, quand il devait s’approcher de celui de Franquin, à l’histoire, basiquement intitulée Champignac et réunissant le quintet. À moins qu’il ne s’agisse de pages spin-off de la série Champignac, de Beka et Etien, montrant celui-ci vieux, en son château, dont l’acquisition duquel, et accompagné de personnages secondaires, ses amis Spirou et Fantasio, ainsi que Spip et le Marsupilami, dont la rencontre avec lesquels, nous seront narrés ultérieurement ? Vertigineuse mise en abîme, qui me pousse à une syntaxe casse-gueule…
Dans La pause cartoon, Lécroart utilise, comme il sait bien le faire, des contes et légendes dans sa Fifiche du Proprofesseur (ici les 7 nains pour une équipe de foot), Berth lui sa technique de méler deux univers proches (ici deux sports) pour une confrontation absurde, Dino la logique particulière de Tash et Trash pour un foot en solo. Bercovici, Bernstein et Dominique Thomas introduisent un coach de foot aussi peu compétent et avec aussi peu de scrupules que celui qu’ils faisaient sévir dans le journal et la rédaction il y a quelques années, Olivier Saive présente un Tuto pour dessiner un ballon et, avec Sti, un Fantasio reporter interwievant des supporters. Le numéro 3972 en 2014 était en deux parties tête-bêche, opposant les diables rouges belges aux bleux français, et Sti, dans les marges du numéro actuel, reprend cette opposition, faisant se rencontrer les personnages selon la nationalité de leur auteur et jouant sur les différences entre le français de France et celui de Belgique (dans Spirou, on s'instruit en marges...).
Finalement, seule l’histoire Family life de Jacques Louis met en scène des supporters de foot sans le décalage volontaire ou l’ironie présents dans les autres histoires, mais avec son humour mordant balancé par sa sensibilité habituels.
Si le traitement par l’humour peut sembler évident de la part du journal de Spirou, ce ne fut pas toujours le cas, et pour ses deux premiers numéros consacrés au foot, Spirou n’avait pas encore trouvé ses marques : le premier, le 2094 en 1978, sous Alain De Kuyssche, avait une seule histoire sur le sujet ( 8 pages de Génial Olivier de Devos) mais surtout présentait une photo en couverture (fait rare, qui était surtout la spécialité de Tintin), et publiait une page directement politique, nécessaire vu le contexte, d’André Pautard, grand reporter à L’Express, « Qu’est-ce qui se passe en Argentine ? ». Le suivant, le Spirou N° 2305 en 1982, se contentait d’offrir un poster sur le sujet, mais quel poster, qui reproduisait les superbes affiches de la coupe du monde élaborés par nombre d’artistes contemporains https://phenix-united.com/affiches-coupe-du-monde-82/ . Ces premiers numéros se détachaient de la tradition de Spirou, peut-être est-ce pour cette raison entre autres qu’il y a eu un hiatus dans les spéciaux foot pendant quelques années avant qu’ils ne soient vraiment repris en 1998 (le 2721 en 1990 s’étant contenté d’une couverture de Janry et Stuf « Vive le mondiale »).
Le poster de cette semaine, de Thomas Priou, représente classiquement nombre des personnages du journal en joueurs et supporters. Avec les dessins des marges de Sti et les Jeux de Baba, Tartuff et Lapuss’, c’est donc l’ensemble des personnages qui sont convoqués pour cette coupe du monde, on peut donc comprendre la réticence de certains d’entre eux, et le thème Marre du foot de ce numéro.
Pour le reste, dans les (à suivre), le duo comique Cyrius-Chantilly et leur humour de réparties et mimiques se poursuit, mais, si Starlight n’est pas, comme l'est Louca, basé sur les mangas de compétition, le dépassement de soi qui en est le but est tout de même essentiel dans ce chapitre, avec le mot « volonté » qui apparaît 5 fois en 5 pages, chapitre qui se termine par un grandiloquent qui flirte avec le ridicule (c’est la règle de ce genre de BD) « On va montrer à toute cette planète ce que c’est, de la volonté ! ». Suite de Si je t’écris, et les tensions latentes, dues aux non dits de chacun (des adultes surtout) éclatent et se télescopent, et la tempête qui éclate à ce moment exacerbe cela, dans un procédé scénaristique classique mais magnifié par le dessin de Denis Bodart, avec des cadrages symboliquement très découpés et de grandes cases nocturnes sous la pluie monochromes, en nuances monochromes impressionistes.
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/vive-le-foot/
Le précédent Spirou consacré à un évènement sportif a été celui sur les jeux olympiques, justifié (s’il en avait été besoin) par leur tenue en France, Spirou étant un journal essentiellement franco-belge, jeux jugés suffisament importants pour que la rédaction leur consacre non un mais deux numéros spéciaux (4490 et 4502). Il ne semble pas y avoir de raisons particulières à ce spécial coupe du monde de foot, hormis une tradition, non systématique, remontant à une trentaine d’années, par contre il est un prétexte à une mise en avant de cette franco-belgitude. Ce n’est pas sa seule caractéristique, et une comparaison avec de précédents spéciaux foot vont se montrer révélatrices. Si Spirou a eu dès ses premières années, alors que la famille Dupuis voulait un journal espiègle mais aussi sain et éducatif, plusieurs rubriques sportives, dont une, rédigée par Jean Corhumel, a duré jusqu’en 1968, pour disparaître cette année où la jeunesse revendiquait d’autres valeurs, par la suite, sauf erreur, hormis les spéciaux JO cités, les Spirou spécial sport l’ont pratiquement tous été sur le foot, le premier en 1978, rares jusqu’en 1998, puis presque systématiques depuis.
Les rubriques sportives des années 30 à 60 étaient sérieuses mais depuis, Spirou oblige, l’approche est humoristique, et la couverture de Mab, ainsi que son histoire (très) courte, montrent l’angle choisi pour ce spécial: un spécial foot inclusif, qui prend aussi en compte ceux qui n’aiment pas ce sport. C’avait déjà été l’attaque du 3141 en 1998, sous Thierry Tinlot, avec le slogan de couverture « La coupe du monde ? Tout le monde s’en foot ! », mais elle est ici plus affinée, déclinée en de multiples versions par la plupart des auteurices du numéro (et en y ajoutant le slogan « Déjà marre du foot ? Lisez Spirou ! », accompagné d’une opération publicitaire avec un code promo à découvrir (jeu saboté par les Fabrice, comme il se doit) pour profiter d’un abonnement à tarif réduit.
Première constatation, la couverture de Mab, comme les histoires, témoignent que le foot n’est pas réservé qu’aux hommes, et de ce point de vue, Spirou est depuis belle lurette bien moins machiste que les instances officielles du foot (pour un historique, voir Le match du siècle, de Julie Billault et Seb Picquet, Dupuis, 2026). Dans la couverture comme dans son histoire, « Match nul ! », Mab inverse d’ailleurs le cliché en présentant le père de famille comme le seul réfractaire au foot. Mab qui pour l’occasion utilise son style croquis, proche, peut-on imaginer, de son activité de storyboarder, différent de celui de ses éphémères Térence et Bud dans Spirou, des ET du même univers graphique que ceux de Terminax conquis et autres, vus la semaine précédente.
Dans les séries de gags habituels, beaucoup se sont pliés au jeu du "Spirou pour ceux qui n'aiment pas le foot" : Nob n’a pas fait jouer la sportive Roxanne mais Ondine, qui ne comprend rien au jeu. Dans Huguette et Croquette, Théoschu rappelle qu’avec un montage habile, pas besoin d’IA pour faire paraître des vieux quasi impotents comme des joueurs de haut niveau, dans Working dead les zombies se font prévisiblement écraser dans un match inter start-up, parce qu’ils n’utilisent pas leurs ressources in-humaines, et dans Titan inc., toujours allégorique, Manu Boisteau et Paul Martin montrent les buts sur un iceberg insurmontable. Dans L’épée de bois, Jonathan Munoz et Anne-Claire Thibaut-Jouvray imaginent une médiévale fantastique et délectablement bien tordue origine au foot. Fidèles à eux-mêmes, Nelson imite les joueurs simulant une douleur pour obtenir un gain, Bernstein et Moog détournent dans Willy Woob, avec humour charmant et naïveté pertinente, la panoplie gestuelle et verbale des supporters, souligant la polysémie du verbe supporter (et je rajoute, sur ce thème, qu’il n’est pas étonnant que, bien que les supporters soutiennent une équipe, on ait choisi en français de les qualifier de l’anglicisme supporters plutôt que de souteneurs, cela aurait trop explicitement souligné la proximités des joueurs vendus aux plus offrants avec le soi-disant plus vieux métier du monde...), et les Fabrice tentent d’initier un collégien à la pétanque, qui remonterait aux grottes de Lascaux (ce qui en ferait le plus vieux jeu du monde…). Manoir à louer, Elliot, Boulette, Kid Paddle et Game over sont absents du numéro (prévisible pour certains, moins pour d’autres), absence compensée, en particulier pour Boulette, par le désormais occasionnel (au sens propre) Crapule de Jean-Luc Deglin, et par Romain Dutreix et Dab’s qui mettent en scène leur avatar dessiné sur le thème, comme les Fabrice, de BD pour ceux qui n’aiment pas le foot : dans Pandémie de foot, Dab’s en devient obsessionnel, et dans La leçon de football, Dutreix reprend son personnage forcé de faire des choses contre son gré et en est terriblement (mais très drôlement) maltraité. Les deux planches de Dutreix et celles des Fabrice ont en commun d’être séparées et réparties dans le numéro, ce qui, ajouté au fait que les histoires complètes ne dépassent plus qu’exceptionnellement 4 pages, alors que jusqu’au début des années 2000 elles dépassaient encore souvent 6 pages, à la multiplications des strips, et aux longs chapitres des histoires (à suivre), fait que Spirou ressemble de plus en plus à un avatar de papier d’un smartphone. La crise de la presse fait que, alors que Spirou initiait les tendances (les mini-récits précurseurs des micro écrans des smartphones), il doit maintenant les suivre.
Si la réduction drastique du nombre de pages des histoires complètes ne permet pas la reprise du légendaire Allez Champignac ! de Nic Broca (et, dit la légende, Alain de Kuiyssche), Spirou et Fantasio sont tout de même présents dans ce numéro sur scénario de Beka et dessin et couleur de David Etien dans une histoire résumé de l’univers du groom, du dessin, proche des débuts de Fournier dans la série, quand il devait s’approcher de celui de Franquin, à l’histoire, basiquement intitulée Champignac et réunissant le quintet. À moins qu’il ne s’agisse de pages spin-off de la série Champignac, de Beka et Etien, montrant celui-ci vieux, en son château, dont l’acquisition duquel, et accompagné de personnages secondaires, ses amis Spirou et Fantasio, ainsi que Spip et le Marsupilami, dont la rencontre avec lesquels, nous seront narrés ultérieurement ? Vertigineuse mise en abîme, qui me pousse à une syntaxe casse-gueule…
Dans La pause cartoon, Lécroart utilise, comme il sait bien le faire, des contes et légendes dans sa Fifiche du Proprofesseur (ici les 7 nains pour une équipe de foot), Berth lui sa technique de méler deux univers proches (ici deux sports) pour une confrontation absurde, Dino la logique particulière de Tash et Trash pour un foot en solo. Bercovici, Bernstein et Dominique Thomas introduisent un coach de foot aussi peu compétent et avec aussi peu de scrupules que celui qu’ils faisaient sévir dans le journal et la rédaction il y a quelques années, Olivier Saive présente un Tuto pour dessiner un ballon et, avec Sti, un Fantasio reporter interwievant des supporters. Le numéro 3972 en 2014 était en deux parties tête-bêche, opposant les diables rouges belges aux bleux français, et Sti, dans les marges du numéro actuel, reprend cette opposition, faisant se rencontrer les personnages selon la nationalité de leur auteur et jouant sur les différences entre le français de France et celui de Belgique (dans Spirou, on s'instruit en marges...).
Finalement, seule l’histoire Family life de Jacques Louis met en scène des supporters de foot sans le décalage volontaire ou l’ironie présents dans les autres histoires, mais avec son humour mordant balancé par sa sensibilité habituels.
Si le traitement par l’humour peut sembler évident de la part du journal de Spirou, ce ne fut pas toujours le cas, et pour ses deux premiers numéros consacrés au foot, Spirou n’avait pas encore trouvé ses marques : le premier, le 2094 en 1978, sous Alain De Kuyssche, avait une seule histoire sur le sujet ( 8 pages de Génial Olivier de Devos) mais surtout présentait une photo en couverture (fait rare, qui était surtout la spécialité de Tintin), et publiait une page directement politique, nécessaire vu le contexte, d’André Pautard, grand reporter à L’Express, « Qu’est-ce qui se passe en Argentine ? ». Le suivant, le Spirou N° 2305 en 1982, se contentait d’offrir un poster sur le sujet, mais quel poster, qui reproduisait les superbes affiches de la coupe du monde élaborés par nombre d’artistes contemporains https://phenix-united.com/affiches-coupe-du-monde-82/ . Ces premiers numéros se détachaient de la tradition de Spirou, peut-être est-ce pour cette raison entre autres qu’il y a eu un hiatus dans les spéciaux foot pendant quelques années avant qu’ils ne soient vraiment repris en 1998 (le 2721 en 1990 s’étant contenté d’une couverture de Janry et Stuf « Vive le mondiale »).
Le poster de cette semaine, de Thomas Priou, représente classiquement nombre des personnages du journal en joueurs et supporters. Avec les dessins des marges de Sti et les Jeux de Baba, Tartuff et Lapuss’, c’est donc l’ensemble des personnages qui sont convoqués pour cette coupe du monde, on peut donc comprendre la réticence de certains d’entre eux, et le thème Marre du foot de ce numéro.
Pour le reste, dans les (à suivre), le duo comique Cyrius-Chantilly et leur humour de réparties et mimiques se poursuit, mais, si Starlight n’est pas, comme l'est Louca, basé sur les mangas de compétition, le dépassement de soi qui en est le but est tout de même essentiel dans ce chapitre, avec le mot « volonté » qui apparaît 5 fois en 5 pages, chapitre qui se termine par un grandiloquent qui flirte avec le ridicule (c’est la règle de ce genre de BD) « On va montrer à toute cette planète ce que c’est, de la volonté ! ». Suite de Si je t’écris, et les tensions latentes, dues aux non dits de chacun (des adultes surtout) éclatent et se télescopent, et la tempête qui éclate à ce moment exacerbe cela, dans un procédé scénaristique classique mais magnifié par le dessin de Denis Bodart, avec des cadrages symboliquement très découpés et de grandes cases nocturnes sous la pluie monochromes, en nuances monochromes impressionistes.