Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

L'actualité du journal qui va avec la série

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heijingling
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Message par heijingling »

Numéro 4600 du 10/06/2026

Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/vive-le-foot/

Le précédent Spirou consacré à un évènement sportif a été celui sur les jeux olympiques, justifié (s’il en avait été besoin) par leur tenue en France, Spirou étant un journal essentiellement franco-belge, jeux jugés suffisament importants pour que la rédaction leur consacre non un mais deux numéros spéciaux (4490 et 4502). Il ne semble pas y avoir de raisons particulières à ce spécial coupe du monde de foot,  hormis une tradition, non systématique, remontant à une trentaine d’années, par contre il est un prétexte à une mise en avant de cette franco-belgitude. Ce n’est pas sa seule caractéristique, et une comparaison avec de précédents spéciaux foot vont se montrer révélatrices. Si Spirou a eu dès ses premières années, alors que la famille Dupuis voulait un journal espiègle mais aussi sain et éducatif, plusieurs rubriques sportives, dont une, rédigée par Jean Corhumel, a duré jusqu’en 1968, pour disparaître cette année où la jeunesse revendiquait d’autres valeurs, par la suite, sauf erreur, hormis les spéciaux JO cités, les Spirou spécial sport l’ont pratiquement tous été sur le foot, le premier en 1978, rares jusqu’en 1998, puis presque systématiques depuis.

Les rubriques sportives des années 30 à 60 étaient sérieuses mais depuis, Spirou oblige, l’approche est humoristique, et la couverture de Mab, ainsi que son histoire (très) courte, montrent l’angle choisi pour ce spécial: un spécial foot inclusif, qui prend aussi en compte ceux qui n’aiment pas ce sport. C’avait déjà été l’attaque du 3141 en 1998, sous Thierry Tinlot, avec le slogan de couverture « La coupe du monde ? Tout le monde s’en foot ! », mais elle est ici plus affinée, déclinée en de multiples versions par la plupart des auteurices du numéro (et en y ajoutant le slogan « Déjà marre du foot ? Lisez Spirou ! », accompagné d’une opération publicitaire avec un code promo à découvrir (jeu saboté par les Fabrice, comme il se doit) pour profiter d’un abonnement à tarif réduit.

Première constatation, la couverture de Mab, comme les histoires, témoignent que le foot n’est pas réservé qu’aux hommes, et de ce point de vue, Spirou est depuis belle lurette bien moins machiste que les instances officielles du foot (pour un historique, voir Le match du siècle, de Julie Billault et Seb Picquet, Dupuis, 2026). Dans la couverture comme dans son histoire, « Match nul ! », Mab inverse d’ailleurs le cliché en présentant le père de famille comme le seul réfractaire au foot. Mab qui pour l’occasion utilise son style croquis, proche, peut-on imaginer, de son activité de storyboarder, différent de celui de ses éphémères Térence et Bud dans Spirou, des ET du même univers graphique que ceux de Terminax conquis et autres, vus la semaine précédente.
Dans les séries de gags habituels, beaucoup se sont pliés au jeu du "Spirou pour ceux qui n'aiment pas le foot" : Nob n’a pas fait jouer la sportive Roxanne mais Ondine, qui ne comprend rien au jeu. Dans Huguette et Croquette, Théoschu rappelle qu’avec un montage habile, pas besoin d’IA pour faire paraître des vieux quasi impotents comme des joueurs de haut niveau, dans Working dead les zombies se font prévisiblement écraser dans un match inter start-up, parce qu’ils n’utilisent pas leurs ressources in-humaines, et dans Titan inc., toujours allégorique, Manu Boisteau et Paul Martin montrent les buts sur un iceberg insurmontable. Dans L’épée de bois, Jonathan Munoz et Anne-Claire Thibaut-Jouvray imaginent une médiévale fantastique et délectablement bien tordue origine au foot. Fidèles à eux-mêmes, Nelson imite les joueurs simulant une douleur pour obtenir un gain, Bernstein et Moog détournent dans Willy Woob, avec humour charmant et naïveté pertinente, la panoplie gestuelle et verbale des supporters, souligant la polysémie du verbe supporter (et je rajoute, sur ce thème, qu’il n’est pas étonnant que, bien que les supporters soutiennent une équipe, on ait choisi en français de les qualifier de l’anglicisme supporters plutôt que de souteneurs, cela aurait trop explicitement souligné la proximités des joueurs vendus aux plus offrants avec le soi-disant plus vieux métier du monde...), et les Fabrice tentent d’initier un collégien à la pétanque, qui remonterait aux grottes de Lascaux (ce qui en ferait le plus vieux jeu du monde…). Manoir à louer, Elliot, Boulette, Kid Paddle et Game over sont absents du numéro (prévisible pour certains, moins pour d’autres), absence compensée, en particulier pour Boulette, par le désormais occasionnel (au sens propre) Crapule de Jean-Luc Deglin, et par Romain Dutreix et Dab’s qui mettent en scène leur avatar dessiné sur le thème, comme les Fabrice, de BD pour ceux qui n’aiment pas le foot : dans Pandémie de foot, Dab’s en devient obsessionnel, et dans La leçon de football, Dutreix reprend son personnage forcé de faire des choses contre son gré et en est terriblement (mais très drôlement) maltraité. Les deux planches de Dutreix et celles des Fabrice ont en commun d’être séparées et réparties dans le numéro, ce qui, ajouté au fait que les histoires complètes ne dépassent plus qu’exceptionnellement 4 pages, alors que jusqu’au début des années 2000 elles dépassaient encore souvent 6 pages, à la multiplications des strips, et aux longs chapitres des histoires (à suivre), fait que Spirou ressemble de plus en plus à un avatar de papier d’un smartphone. La crise de la presse fait que, alors que Spirou initiait les tendances (les mini-récits précurseurs des micro écrans des smartphones), il doit maintenant les suivre.
Si la réduction drastique du nombre de pages des histoires complètes ne permet pas la reprise du légendaire Allez Champignac ! de Nic Broca (et, dit la légende, Alain de Kuiyssche), Spirou et Fantasio sont tout de même présents dans ce numéro sur scénario de Beka et dessin et couleur de David Etien dans une histoire résumé de l’univers du groom, du dessin, proche des débuts de Fournier dans la série, quand il devait s’approcher de celui de Franquin, à l’histoire, basiquement intitulée Champignac et réunissant le quintet. À moins qu’il ne s’agisse de pages spin-off de la série Champignac, de Beka et Etien, montrant celui-ci vieux, en son château, dont l’acquisition duquel, et accompagné de personnages secondaires, ses amis Spirou et Fantasio, ainsi que Spip et le Marsupilami, dont la rencontre avec lesquels, nous seront narrés ultérieurement ? Vertigineuse mise en abîme, qui me pousse à une syntaxe casse-gueule…
Dans La pause cartoon, Lécroart utilise, comme il sait bien le faire, des contes et légendes dans sa Fifiche du Proprofesseur (ici les 7 nains pour une équipe de foot), Berth lui sa technique de méler deux univers proches (ici deux sports) pour une confrontation absurde, Dino la logique particulière de Tash et Trash pour un foot en solo. Bercovici, Bernstein et Dominique Thomas introduisent un coach de foot aussi peu compétent et avec aussi peu de scrupules que celui qu’ils faisaient sévir dans le journal et la rédaction il y a quelques années, Olivier Saive présente un Tuto pour dessiner un ballon et, avec Sti, un Fantasio reporter interwievant des supporters. Le numéro 3972 en 2014 était en deux parties tête-bêche, opposant les diables rouges belges aux bleux français, et Sti, dans les marges du numéro actuel, reprend cette opposition, faisant se rencontrer les personnages selon la nationalité de leur auteur et jouant sur les différences entre le français de France et celui de Belgique (dans Spirou, on s'instruit en marges...).
Finalement, seule l’histoire Family life de Jacques Louis met en scène des supporters de foot sans le décalage volontaire ou l’ironie présents dans les autres histoires, mais avec son humour mordant balancé par sa sensibilité habituels.
Si le traitement par l’humour peut sembler évident de la part du journal de Spirou, ce ne fut pas toujours le cas, et pour ses deux premiers numéros consacrés au foot, Spirou n’avait pas encore trouvé ses marques : le premier, le 2094 en 1978, sous Alain De Kuyssche, avait une seule histoire sur le sujet ( 8 pages de Génial Olivier de Devos) mais surtout présentait une photo en couverture (fait rare, qui était surtout la spécialité de Tintin), et publiait une page directement politique, nécessaire vu le contexte, d’André Pautard, grand reporter à L’Express, « Qu’est-ce qui se passe en Argentine ? ». Le suivant, le Spirou N° 2305 en 1982, se contentait d’offrir un poster sur le sujet, mais quel poster, qui reproduisait les superbes affiches de la coupe du monde élaborés par nombre d’artistes contemporains https://phenix-united.com/affiches-coupe-du-monde-82/ . Ces premiers numéros se détachaient de la tradition de Spirou, peut-être est-ce pour cette raison entre autres qu’il y a eu un hiatus dans les spéciaux foot pendant quelques années avant qu’ils ne soient vraiment repris en 1998 (le 2721 en 1990 s’étant contenté d’une couverture de Janry et Stuf « Vive le mondiale »).
Le poster de cette semaine, de Thomas Priou, représente classiquement nombre des personnages du journal en joueurs et supporters. Avec les dessins des marges de Sti et les Jeux de Baba, Tartuff et Lapuss’, c’est donc l’ensemble des personnages qui sont convoqués pour cette coupe du monde, on peut donc comprendre la réticence de certains d’entre eux, et le thème Marre du foot de ce numéro.

Pour le reste, dans les (à suivre), le duo comique Cyrius-Chantilly et leur humour de réparties et mimiques se poursuit, mais, si Starlight n’est pas, comme l'est Louca, basé sur les mangas de compétition, le dépassement de soi qui en est le but est tout de même essentiel dans ce chapitre, avec le mot « volonté » qui apparaît 5 fois en 5 pages, chapitre qui se termine par un grandiloquent qui flirte avec le ridicule (c’est la règle de ce genre de BD) « On va montrer à toute cette planète ce que c’est, de la volonté ! ». Suite de Si je t’écris, et les tensions latentes, dues aux non dits de chacun (des adultes surtout) éclatent et se télescopent, et la tempête qui éclate à ce moment exacerbe cela, dans un procédé scénaristique classique mais magnifié par le dessin de Denis Bodart, avec des cadrages symboliquement très découpés et de grandes cases nocturnes sous la pluie monochromes, en nuances monochromes impressionistes.
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heijingling
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Numéro 4601 du 17/06/2026

Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/nouvelle-serie-orbit/

Cette couverture laisse mal augurer de cette nouvelle série, Orbit : les dents proéminentes du coq lui donnent un air borné, et pourquoi les cochons incarnent-ils une fois de plus le mal ? Pourquoi, des prescriptions juives et musulmanes à #balancetonporc en passant par les procès médiévaux d’animaux et même George Orwell (1), le cochon est-il depuis si longtemps si haï en occident ? Sans doute une raison forte est-elle ce processus classique de défense psychologique : on le fait vivre dans bauge et fange, il est exploité jusqu’à la moëlle et plus (« Dans le cochon, tout est bon »), il est l’animal que l’on maltraite le plus, donc on l’accable de toutes les tares pour déculpabiliser et justifier cette maltraitance. En résumé, cette série qui entend dénoncer la maltraitance animale part sur de bien mauvaises bases.
Ceci étant dit, si des caractéristiques comme l’encrage épais ou les attitudes surjouées dénotent chez l’auteur, Fabrizio Petrossi, la formation (le formatage) Disney, d’autres détails tels les savants humains échevelés rappellent leurs équivalents dans Pif, plusieurs auteurs, de Cavazzano à Corteggiani, Dimberton et Motti ayant travaillé pour les deux entreprises (2), Pif étant la seule série FB dont l’éditeur a véritablement industrialisé, comme Disney, la production (au point que j’hésite à la considérer encore comme du FB), et surtout se retrouve dans Orbit l’irrationnalité totale des scénarios de Pif et des séries Disney, à commencer par les histoires de Picsou, grand financier multimilliardaire dont dans chaque histoire le but est d’accroitre sa fortune en partant à la chasse au trésor...Dans Orbit, un centre aérospatial ne comporte que trois personnes, qui ont besoin de regarder le calendrier pour savoir quand va partir leur capsule spatiale, un ordinateur bégaie dans un compte à rebours...Ce surréalisme narratif participe du charme des aventures de Picsou, nous verrons s’il en sera de même pour cet Orbit, pari plus risqué au vu de l’ambition affichée de l’auteur d’un « double niveau de lecture politique », et du fait qu’il s’agisse d’un premier chapitre sur seulement deux annoncés : sur quel format se développeront les aventures de ce « premier animal doté d’intelligence et capable de piloter un vaisseau », autrement dit un ancêtre du Scrameustache ?
Joan, assisté comme d’habitude d’Annie Pastor pour les couleurs, est un choix très adéquat pour la réalisation des Jeux sur le thème du coq de l’espace, avec son encrage épais et rugeux, comme du Disney punk. Quant à Sti, il fait un double gag dans la Malédiction de la page 13 en y prolongeant le numéro spécial foot avec un jeu de mots avec Orbit et arbitre (c’est moins naze en dessin)...

(1) Non seulement dans La ferme des animaux, mais lorsqu’il élevait des animaux dans sa ferme en Écosse, il a écrit détester ce « the most annoying destructive animal... so strong and cunning », et se dit ravi de bientôt le tuer pour en faire du bacon...  (2) Tous quatre ont également travaillé pour Spirou, certes, mais hormis Motti et ses charmants Petit roy Prosper et Nicolas et Nicolette, ce ne fut que pour qu’une poignée de pages dans une poignée de numéros.

Un volumineux avant dernier chapitre de Si je t’écris, nécessaire pour que Zabus et Bodart y expriment le dénouement de l’histoire, au sens propre : le petit Louis ose enfin défaire les liens qui l’étouffaient, les auteurs manifestant cela par un monologue haché de Louis pour s’encourager au milieu des éléments déchainés, que dessine avec inspiration Denis Bodart pour y représenter à la fois la crainte et la détermination de l’enfant. Micro dernier chapitre en revanche (relativement. Avec quatre pages, cela aurait été appelé maxi-chapitre il y a cinquante ans lorsque l’habitude était d’une ou deux planche chaque semaine) pour Starlight, là aussi dans un affrontement avec la nature, mais au contraire de Si je t’écris les héros n’y sont pas seuls mais en duo, et cela change tout au propos de l’histoire comme dans la narration. Les auteurs ont pris leurs plus beaux pinceaux pour cette scène, variations de bleu sombre pour la nuit d’orage de Bodart, multicoloris fluos pour la « cascade inversée » de Philippe Cardona et Florence Torta, Starlight se terminant sur un intéressant suspense qui ouvre une nouvelle perspective sur l’histoire et le personnage de Chantilly.

Deux histoires complètes dans ce numéro, ou plutôt deux variations, puisqu’il s’agit de Au coin de ma rue, où Vincent Zabus et Nicolas Turon proposent un storyboard muet à des dessinateurices chaque fois autres qui imaginent une histoire sur ces images. Outre le plaisir de l’aspect ludique du projet, il permet tant aux scénaristes qu’aux lecteurs de Spirou de découvrir de nouveaux auteurices, cette fois Mayana Itoïz et Nicolas Debon, chacun, comme les précédents dessinateurs, donnant une teinte dominante à son récit, tons crème pour Debon, violet-marron pour Itoïz, et adoptant sur le présent un regard venu du passé. Mayana Itoïz a un point de vue original avec celui d’une vieille bicyclette, les autres auteurs traitant du passé du personnage. Nicolas Debon, comme Zabus dans la présentation de la série, parle du mode oulipien de celle-ci, et cite lui aussi Perec, dans un texte qui décrit parfaitement ce qu’ont voulu faire les auteurices, et bien que ce texte soit bien perecquien il n’en est pas pour autant oulipien, au contraire de l’exercice en lequel consiste cette série https://nicolasdebon.wordpress.com/2026 ... de-ma-rue/

Dans les gags, un intéressant Elliot au collège, d’une part parce qu’il se passe dans l’espace à proximité d’un trou noir (alors que ses jeux vidéos portent d’habitude Elliot dans un univers d’heroic fantasy), et parce que la plupart des cases sont identiques (quelques mimiques d’Elliot et sa créature mises à part), ce qui n’est pas dérangeant puisque ces cases ont un riche décor de cabine spatiale, et est même justifié par le gag portant sur l’ennui et la répétition. Je note que la cabine spatiale est à dominante orange, ce qui est inhabituel, et même insolite dans le monde de la SF, mais est justement la marque des auteurices d’Elliot, Théo Grosjean et Mallo. Le jeune stagiaire est toujours dans L’édito des Fabrice et, sans surprise, semble plus doué qu’eux (qui réussissent tout de même, gag surréaliste, à planter un avion en papier au plafond). Théoschu met en scène la subversive Huguette dans une série d’images et personnages rebelles et révolutionnaires si iconiques qu’on les identifie tous sans peine (avec une censure explicable mais absurde pour les Femen). Bon gag du Freuby repris par Gally pour son malheur, et pour celui de la rédaction, qui joue de la célèbre obsession du copyright par les propriétaires d’un plus que célèbre personnage de BD. Dans Titan inc., l’arc du capitaine sur son iceberg apporte un autre type de gags, plus premier degré que ceux se passant sur la société qu’est le navire en détresse. Le Capitaine Anchois s’était fait rare ces derniers temps, mais Floris est toujours aussi imaginatif avec son roi des glaces dans les « Alpes caraïbes ». Bonne histoire des Filles par Nob, qui illustre bien le caractère de Panda, volonté forte mais impuissante devant le destin (on se souvient de l’arc sur son découragement) . Enfin, j’ai trouvé amusantes car fort équivoques les cases de Kid Paddle de Midam, Benz, Dairin et Angèle avec le petit barbare étreignant un tube de dentifrice géant jusqu’à le faire gicler.

Après Dab’s, c’est cette fois le retour de Pascal Colpron dans La leçon de BD, qui reprend son personnage dédoublé pour mettre en avant la forte subjectivité de certaines critiques (un dessin étrange est-il une erreur ou une figure de style?), sur une planche publiée deux fois dans le journal : Spirou manquerait-il de matériel à publier ? Si Louca était le grand absent du numéro spécial foot, il est ici présent dans une pub avec promotion spéciale coupe du monde. Pour finir, une annonce dans En direct du futur pour le Parc Spirou, l’équivalent actuel du cirque Spirou des années 50-60, qui avait eu une série à lui consacré en 1959-1960, de Dubar et Crill. Mais un cirque, par son itinérance, est plus propice à stimuler des histoires, comme en témoigne Pom et Teddy de Craenhals ou Sybilline et le petit cirque de Macherot et Deliège, ceci ajouté à l’état d’esprit actuel qui a de la défiance envers le premier degré fait qu’il est peu probable que l’on ait un jour une série sur le parc Spirou, le parodique Zozoland de Blatte, Falzar et Usagi ayant été très éphemère.
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Message par heijingling »

Numéro 4602 du 24/06/2026

Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/spirou-et-fantasio-tombent-de-haut/

Après un Canadien qui a repris Gaston, voici un Argentin qui reprend Spirou et Fantasio, tous deux imitant le style de Franquin (un japonais avait fait du Spirou, mais avec son propre style, le premier Spirou « vu par »). Si le style Ligne claire a été baptisé en Hollande, le style atome et l’école de Marcinelle sont plus mondialisés encore puisqu’ils franchissent carrément l’Atlantique. Connaissant le travail des auteurs, Juanungo et Trondheim, on peut supposer que cette aventure classique assurera son quota classique d’humour et d’aventure, la couverture aux couleurs lumineuses en témoigne, que je serais tenté de qualifier de diagonale du fou au vu de sa composition et de la situation de Fantasio.
En dépit de mes réserves personnelles (la tendance de Trondheim, dans ses situations et ses dialogues, et le dessin de Juanungo qui le suit sur ce terrain, à confondre agitation et mouvement, les gags téléologiques qui me semblent toujours un peu faciles et donc peu drôles – le téléphone portable inventé par le comte de Champignac -, et Spirou qui qualifie le fantacoptère d’engin de cirque alors qu’il a depuis été depuis le début admiratif de cette invention, ce qui n’était en général pas le cas des élucubrations de Fantasio. Cette dernière remarque peut sembler du pinaillage, mais c’est sur de tels détails que la relation entre Spirou et Fantasio trouve son équilibre et prend toute sa saveur : Spirou ne rejette pas en bloc toutes les fantaisies de Fantasio comme trop d’auteurs ont tendance à l’exprimer. Trondheim devrait le savoir, qui a bâti la relation Lapinot-Richard sur le modèle Spirou-Fantasio -plus que Tintin-Haddock, Astérix-Obélix, Thorgal-Jolan), ce sera un plaisir de retrouver dans le journal du Spirou chaque semaine jusqu’à l’année prochaine.
La présentation de cette bien nommée Capsule temporelle montre un même dessin sous la forme de storybard par Lewis Trondheim et de crayonné de Juanungo, qui permet de voir que celui-ci a bien gardé son trait cotonneux si particulier, et de comprendre que c’est l’encrage de son compatriote J. Mariano Luengoqui lui donne son apparence franquinienne années 50. Paradoxalement, si l’encrage lisse de Luengo ressemble en apparence plus à celui du Franquin vintage, celui-ci ne faisait pas disparaître la vivacité de son trait, alors que celle du crayonné de Juanungo ne ressort pas après encrage. L’encrage rend l’ensemble plus propre mais plus fade, et il m’aurait intéressé de voir ce qu’aurait donné une planche au crayonné très poussé de Juanungo directement colorisée.
Juanungo est par ailleurs l’auteur se présentant dans Spirou et moi, racontant qu’il y a grandi entre BD franco-belge et BD argentine, BD elle-même aux confluents de plusieurs traditions, et y cite l’anecdote selon laquelle Hergé aurait dit de Franquin qu’il était meilleur dessinateur que lui-même, ce qui est indiscutable, et y ajoute qu’il était meilleur dessinateur de BD, ce qui se discute et est difficilement jugeable (pour autant que cela ait un sens), leurs systèmes de narration dessinée étant assez antipodiques.
Rich ! lui s’est risqué à une vue plongeante sur sa double page de Jeux, peut-être stimulé par le fait de mettre en scène des personnages de Franquin, le prétexte de jeux lui permettant de tricher avec les perspectives difficiles.

Fin de Orbit, ou plutôt clôture de la deuxième moitié du chapitre d’exposition, l’annnonce que l’on retrouvera cette série tous les mois laissant imaginer qu’il s’agira chaque fois d’histoires courtes qui réunies formeront un tout cohérent, comme les publications en maxi chapitres d’Archie Cash dans Spirou ou de Comanche dans Tintin au tournant des années 60-70. Pour le reste, je ne m’étendrai pas sur une remarque du « coq de combat » selon qui le règne de ces « gros porcs » doit tomber, car « cette puanteur de cochon, ce n’est plus possible ». Second degré ? Inconséquence de l’auteur ? Surinterprétation de ma part ? Je n’attends pas la suite avec impatience. Fin également de Si je t’écris, en de nouveau un maxi chapitre (13 pages), en apaisement à la tempête du précédent, celui-ci se déroule autour d’un chocolat chaud, pour les révélations des mystères dont on commençait à se douter fortement. Si Denis Bodart a mis en scène avec talent et sensibilité l’oscillation de cette histoire entre ombres et émotion, le scénario de Zabus a trop et artificiellement prolongé l’aspect mystérieux de l’histoire au détriment des personnages : les auteurs ont réussi à les créer assez attachants pour que l’on s’y attache, justement, et, en dehors de Louis, l’histoire, sympathique, aurait été moins anecdotique s’ils avaient figuré de façon moins monolithique, avec au final un goût de « tout ça pour ça... » : la vieille dame, les oncles et tantes, le père, et surtout la vieille dame n’existent pas vraiment, ils ne sont là que pour servir l’histoire de Louis, sont des personnages outils. Ou plutôt, leur existence n’est ressentie que par le desssin, pas par leur rôle. Est-ce voulu, et s’agit-il d’une belle complicité entre auteurs, ou bien est-ce une faiblesse scénaristique compensée par le dessin ? Chacun le ressentira différemment.

Dans le chapitre 8 d’Attila le conquérant, celui-ci est obligé de faire une pause, ce qui l’énerve passablement. Il faut dire qu’il est à la base excité de nature, et trouve comme d’habitude un argument vaseux pour justifier ses colères, cette fois que les Huns étant un peuple de nomades, ils sont censés être constamment en mouvement. Avec ces justifications tarabiscotées systématiques, l’abbé a créé un amusant personnage d’Attila jésuite.

Pléthore de gags en une page et strips : Un Elliot au collège sur les livres et les portables un peu faible car téléphoné (pas pu résister), Les Fabrice et leur stagiaire plus doué et cultivé qu’eux (ce qui n’est certes pas un critère bien probant), une nouvelle facette de Gary C. Neel en adepte d’horribles jeux de mots, Willy Woob à l’imagination toujours délurée, cette fois sur le thème de la nourriture, Working dead avec ce fumiste de Greg, qui ne semble craindre ses collègues zombies que pour éviter de travailler dans sa start-up, alors que ce qu’on y attend de lui est pourtant devenu évident, donner des idées de nouvelles applis, comme le fait cette semaine la charmante zombie Mo à la bouche en coeur. Dans Nelson, Julie est subitement tombée amoureuse, on ne sait pour l’instant de qui, toujours de bons strips de Titan inc. sur le capitaine se démenant sur son iceberg, Capitaine Anchois et ses scénarios construits du coq à l’âne, et une page très juste de Nob sur la socialisation : on se souvient des précédentes expériences plutôt négatives de Bébérénice, mais elle parvient enfin à se faire une amie, lors d’une rencontre imprévue.

Pour finir, deux annonces. Dans En direct du futur, pour la parution prochaine du prochain Tuniques bleues, qui se veut humoristique en donnant des informations inattendues, anecdotiques ou farfelues mais véridiques sur les chevaux tout en précisant deux fois qu’elles sont « parfaitement inutiles ». Fut un temps où ce genre d’informations florissaient dans les journaux sous le titre "le saviez-vous ? ", " incroyable mais vrai " ou autre nom du genre, mais personne n’osait juger de l’utilité de ce que les gens apprenaient. Volonté dirigiste ma placée, ou tentative de se moquer des anecdotes ridicules qui se multiplient sur les réseaux sociaux ? L’autre annonce est bien plus intéressante puisqu’elle présente de manière amusante et énigmatique sous forme de strips des personnages d’une nouvelle série, visiblement dessinée par Nicoby, oscillant a priori entre le mystérieux et l’humoristique : belle adéquation du fonds et de la forme dans cette publicité. Et Cromheecke et Thiriet font une très bonne autre publicité, décalée, avec leur illustration du Bon d’abonnement.
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Message par heijingling »

Numéro 4603-4604 du 01/07/2026

Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/numero-double-special-ete-2/

Dans leur illustration pour le Bon d’abonnement, Cromheecke et Thiriet précisent qu’il y a « un gag de Gaston dans chaque numéro, ce qui nous fait 1/7 de gag par jour, soit 0,00595238095238 gags par heure, soit 0,0000992 gags par minute». Dans le même ordre d’idée comptable, c’est déjà la cinquième couverture de l’année avec Gaston Lagaffe, pour 5,5 planches parues, ce qui nous fait 0.9090909090909091 couvertures par planche, ou encore 11,8 cases par couverture - et même bien plus si l'on omet la planche 83 et son découpage qui donne un nombre de cases anormalement élevé. Comme le promet la couverture, ce numéro spécial été contient du Gaston, sous forme manquant d’ambition qui privilégie la quantité : trois gags de Gaston, ce qui mène au paradoxe que l’on a trois gags d’une série qui a toujours été publiée sous forme d’une page hebdomadaire, alors que Spirou qui, sauf période de disette, a été lui publié au rythme de deux, trois ou plus de pages par semaine n’apparait que sous une seule page. Deux gags sur trois de Gaston sont de circonstance, puisqu’elles parlent de ses vacances d’été, toutefois ces deux gags sont numérotés 60 et 83, ce qui laisse supposer que Trondheim et Delaf ont déjà achevé le contenu de l’album 23 et que, comme pour Manoir à louer, ceux-ci pourront être publiés dans le journal selon le contexte. Une prévoyance louable du point de vue rédactionnel mais aux antipodes de l'esprit de la série originelle. Manoir à louer dont effectivement le gag publié dans ce Spirou concerne les vacances et porte le numéro 42, alors que d’autres numérotés dans la cinquantaine sont déjà parus. Le troisième gag de Gaston publié est numéroté 48a, comme s’il ne s’agissait que de la première partie d’un gag, alors qu’il s’agit visiblement d’un gag à part entière, sur une demi planche. Plus inspirée est l’idée d’une série de textes illustrés par Delaf intitulés Les vacances de Jeanne, signés Olivier Bocquet, dans la vieille tradition des En direct de la rédaction et autres textes de Delporte pour Gaston, mais en prenant cette fois le bienvenu point de vue d’un personnage féminin. Je suis juste surpris qu’elle l’appelle familièrement par son prénom alors qu’elle lui avait jusqu’à présent donné du respectueux et admiratif Monsieur Gaston, il ne s’est pourtant encore rien passé entre eux, comme on l’a vu dans le récent gag avec le détecteur de mensonges.

Gaston n’est pas le seul personnage dont les histoires sont disséminées dans le numéro, c’est devenu une tradition depuis quelques numéros spéciaux, une histoire court selon un fil rouge le long du journal, découpage qui a permis la publication en un seul numéro d’histoires d’un volume relativement conséquent dans les numéros de printemps de ces dernières années (puisque de mémorables publication de volumineuses histoires, qui ont contribué à la gloire de Spirou des années 60 aux 80, ont maintenant disparu). Ce n’est pas le cas cette fois-ci, et comme pour le numéro spécial été de l’an dernier, il s’agit de gags de différents auteurices sur une histoire initiée par les Fabrice, en l’occurence celle d'un stagiaire dont chacun se débarasse en le repassant aux collègues. J’ai trouvé très drôle la façon dont les Fabrice le refilent à Nicolas Moog et Jorge Bernstein avec leur cliché sur le prénom de Bernstein (parodie d’un politicien français qui a récemment volontairement écorché le nom d’un criminel étatsunien qui rime avec celui de Bernstein? Rappelons que Fabrice Erre et Jorge Bernstein sont justement les auteurs d'un fort bien fait et très amusant Les complotistes, chez Dupuis), la planche de Benoit Feroumont truffée d’expressions belges, l’humour scato détourné de Deglin et Gorobei, Romain Dutreix qui joue sur une nouvelle version du fait que chacun lit et imagine des voix différentes aux personnages de BD, et, comme pour le Fabrice Festival de l'été dernier, les gags se poursuivront dans les numéros suivants.
Enfin une autre série de gags est répartie dans le magazine, Gelatissimo, du duo de Comme des bêtes, un scénario abstrus de Lapuss’ (quate pages où des glaces anthropomorphes cherchent des rendez-vous amoureux?) que Goum illustre sous forme d’une transposition BD du film Barbie de Greta Gerwig (Malgré les apparences, ce n'est pas un reproche).

Les séries de gags habituelles en une ou deux pages sont, hormis Game over et Les filles (avec la chienne Mouf, que je considérais paresseuse et jouisseuse alors que Roxanne considère son attitude comme de la rebellion...), toutes sur le thème des vacances d’été, Nelson, Huguette et Croquette, L’école des mauvais parents, Gary C. Neel (qui, comme Huguette, se retrouve rebelle dans une maison de retraite), Cédric, L’épée de bois, Pernille, et Working dead. À propos de cette série, une observation d’une lettre dans Le courrier des lecteurs me fait remarquer que Greg est le seul stressé et obsédé par l’idée de travail de l’entreprise, comme un univers de Gaston Lagaffe inversé où il serait un Prunelle qui refuserait de trouver sa place dans une start-up de peuplée de Gaston.
Une mention à Titan inc., où Paul Martin et Manu Boisteau changent la forme pour l’occasion, une planche de gag au lieu des strips coutumiers, et un navire décoré de façon psychédélique qui tranche dans la grisaille arctique habituelle, et à Kid Paddle, où Midam, Dairin et Angèle reprennent, coïncidence inattendue, le gag de Capitaine Anchois de Floris du numéro précédent, dans lequel « un des plus grands prédateur de la planète », le requin, se fait supplanter en dangerosité par des vaches dans l’un et des noix de coco ici.

Par un désagréable effet de vases communiquants, ou de retour de baton, le carcan du 48CC, qui a pratiquement disparu, semble se retrouver remplacé dans le journal par celui des histoires courtes en 4 pages, qui est le format de toutes les histoires complètes de ce numéro...Parmi celles-ci, les désormais habituels Perdus, de Lisa Mandel et Pochep, cette fois-ci en vacances au camping, dans un épisode baignant dans une atmosphère fantastique grâce aux couleurs de Stéphane Chesneau, un feu de camp de campeureuses suédois paraissant aux enfants un camp d’elfes, un camping-car particulier d’une célèbre baby influenceuse un vaisseau spatial. Attila, en vacances dans un village Potemkine, produisant le paradoxe que pour une fois que l’abbé y réalise de nombreux décors, ceux-ci ne sont que de carton-pâte. Family life, de Jacques Louis, en camping également, essayant de construire les vacances actuelles sur les souvenirs enjolivés de vacances d’antant. Si le personnage de Jacques Louis est bridé par le sens du confort et celui des responsabilités de sa compagne dans ses désirs de camping sauvage, Cyrille Pomès profite lui de la liberté estivale pour pousser son dessin outré et son trait épais et folâtre, bousculant et aérant la mise en page en contrepoint aux devoirs de vacances imposés à sa jeune héroïne de Check en bois. Enfin Marzena Sowa revient dans Spirou, servie par le dessin bien sage de Geoffrey Delinte pour un féministe Les sauvages, mais en 4 pages, la tension sensible qui faisait sens dans Marzi apparaît ici forcée et caricaturale, et ce format ne suffit pas pour que les personnages et la situation ne dépassent l’anecdotique relativement amusant (les titres des livres lus par les jeunes filles, La louve en slip et Spirouline, n’ont pas le potentiel de Spirella de F’murrr).

Dans les (à suivre), deuxième chapitre de Capsule temporelle, l’aventure de Spirou et Fantasio, où les quatre auteurices (scénariste, dessinateur, encreur, coloriste. Y a-t-il en plus un lettreur non mentionné?) tiennent leurs promesse de la page hebdomadaire avec supense et gag de fin de page, cette fois essentiellement dialoguée, dans une scène d’enquête comique. Mais surtout débutent trois nouvelles séries, et non des moindres. De Libon, Les cavaliers de l’apocadispe sont hyper sages à la mer, ce que je me risque à appeler la deuxième partie de la trilogie des vacances, chez des grands parents de Ludo après ceux d’Olive dans « en vacances à la campagne ». Si les premiers étaient traditionnalistes (coucher et lever avec les poules) et si peu anxieux qu’ils étaient prêts à laisser les enfants s’égarer dans les bois pendant des jours, la grand’mère de Ludo est elle plus contemporaine (elle semble anti société de consommation) et protectrice au point de stresser les enfants en permanence. Et, est-ce lié ?, toujours est-il que le grand’père lui ne prononce pas un mot, au contraire de celui de l’histoire précédente. Une nouvelle série de Nicoby et Jousselin, deux auteurs qui se représentent avec un pull rayé et étaient donc fait pour travailler ensemble, avec des couleurs de Laurence Croix, coloriste habituelle d’Imbattable, qui s’annonce très bien : la présentation en est faite sous forme d’article d’un vieux journal au nom délicieusement provincial suranné de Le Clairon (Google m’indique l’existence passée de plusieurs journaux réels et de fiction portant ce nom), où est censé avoir travaillé l’un des héros de l’histoire, qui en compte trois, reporter détective amateur à la retraite, ce qui en fait un mélange de Marc Dacier et autre Tintin et de Clifton, les trois personnages condensant eux Gil Jourdan, Libellule, Crouton et Queue-de-cerise. En effet, les auteurs y expliquent avoir voulu « tenter de revenir à cet ADN original des BD Dupuis avec un véritable héros très premier degré » et précisent « Max Beaumont n’est pas une parodie ricanante qui ferait de l’aventure en s’en moquant ». Je leur suis reconnaissant de ne pas suivre la voie tellement parcourue qu’elle en est devenue une autoroute défoncée de la déconstruction de comptoir faite par tant d’ersatz de Chaland et Joost Swarte cinquante ans plus tard, et fais confiance à l’auteur de Michel Swing et d’Imbattable et à celui de l’historien de la BD en BD et auteur de BD documentées pour ne pas faire une BD momifiée comme tant de repreneurs. Seul bémol dans cette présentation (mais peut-être est-ce de l’humour de leur part), pourquoi disent-ils « BD Dupuis » alors qu’une des couvertures des fictionnels livres de leur héros est un clin d’oeil à un album d’Hergé et que cette première aventure, Imbroglio météo, ne peut pas ne pas faire penser à S.O.S. Météores de Jacobs ? Disons que ce type d’aventures humoristiques, comme le précise Jousselin dans Spirou et moi, est plus caractéristique de Spirou que de Tintin, et je passe sur le fait que depuis longtemps Dupuis est loin de se réduire à Spirou, même si celui-ci en est toujours sa vitrine historique. On retrouve par ailleurs la tendresse et l’humilité d’Imbattable dans ce Spirou et moiJousselin insiste sur ce que lui apportent les lecteurs, ainsi que dans le personnage de Simon, l’apprenti journaliste. Enfin, Les bleus sur la corde raide, le nouveau Tuniques bleues, le troisième scénarisé par Fred Neidhart, dont le titre, comme ses précédents, est bien dans la continuité, qui semble avoir une complicité avec Lambil, et a bien trouvé l’esprit de la série, tout en apportant un renouvellement : il se place dans un contexte historique précis, partant d’une anecdote développée, et c’est la deuxième fois de suite qu’il centre l’histoire sur une relation sentimentale. Cauvin l’avait bien sûr fait, mais pas à une telle fréquence. Et si on peut objecter qu’il s’agit cette fois d’une histoire d’amour entre animaux, il faut remarquer que cette série, sans qu’on puisse la qualifier d’anti spéciste, étend sa compassion envers toute souffrance, humaine et d'autres animaux, et il y a sous le crayon de Lambil un même traitement du vivant sous toutes ses formes. Aussi, graphiquement, je ne reviendrai pas sur la perte d’assurance de sa main qui affecte son encrage, car l’essentiel, soit la mise en scène (la composition des cases, et celle des planches par l’enchainement des cases) reste.

Ce premier chapitre est précédé d’une sorte de jeu de l’oie sur le thème des Tuniques bleues dont les règles, faites par Damien Perez, balancent entre le classique et le délirant aux limites de l’injouable. C’est d’ailleurs une caractéristique de ce numéro de déborder de jeux, dont le classique Cahier, de 12 pages plus l’illustration d’ouverture et une planche des trois petits marsupilamis de la série animée diffusée sur Gulli et la RTBF , réalisées par Goum, jeux de Pauline Casters, Romain Garouste, Jacques Lerouge (toujours aussi grouillants), Waltch, Frédéric Antoine et Yohann Morin, et Thomas Priou (dont de nombreuses indications de couleurs manquaient malheureusement à son impressionnant coloriage géant, ce qui a géné ma fille), sur le thème des vacances d’été. Mais également un jeu concours primé avec des indices à trouver dans tout le numéro, concernant le texte d’une BD à reconstitué (avec des pièges, ce jeu ayant été initié par Lécroart) ainsi que le début d’une méga Leçon de BD de Marko, qui va durer tout l’été avec des auteurs invités, et un exercice chaque semaine. Ces jeux sont ainsi faits pour stimuler la créativité BD des participants.
Les papillons, indices du jeu concours, discrets dans les autres pages, se retrouvent centraux dans trois strips de La pause-cartoon, Les Fifiches du Proprofesseur de Lécroart évidemment puisqu’elles sont le point de départ du jeu, Des gens et inversement, et Tash et Trash. Le quatrième strip réserve une surprise, puisque le freuby en vire son autrice, Gally, qui en aura fait des strips amusants typiques de son humour auto ironique.
Les activités d ‘été se poursuivent en dehors du journal avec, outre le Parc Spirou, la présence du journal à un festival de musique annoncé dans En direct du futur, avec un numéro hors-série inédit édité et distribué sur place, ce qui promet des angoisses aux collectionneurs, et le numéro se conclut avec les Fabrice et leurs cartes postales en supplément.
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Message par Franco B Helge »

heijingling a écrit : lun. 27 juil. 2026 09:51 Numéro 4603-4604 du 01/07/2026

Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/numero-double-special-ete-2/
[ ... ]
Enfin, Les bleus sur la corde raide, le nouveau Tuniques bleues, le troisième scénarisé par Fred Neidhart, dont le titre, comme ses précédents, est bien dans la continuité, qui semble avoir une complicité avec Lambil, et a bien trouvé l’esprit de la série, tout en apportant un renouvellement : il se place dans un contexte historique précis, partant d’une anecdote développée, et c’est la deuxième fois de suite qu’il centre l’histoire sur une relation sentimentale. Cauvin l’avait bien sûr fait, mais pas à une telle fréquence. Et si on peut objecter qu’il s’agit cette fois d’une histoire d’amour entre animaux, il faut remarquer que cette série, sans qu’on puisse la qualifier d’anti spéciste, étend sa compassion envers toute souffrance, humaine et d'autres animaux, et il y a sous le crayon de Lambil un même traitement du vivant sous toutes ses formes. Aussi, graphiquement, je ne reviendrai pas sur la perte d’assurance de sa main qui affecte son encrage, car l’essentiel, soit la mise en scène (la composition des cases, et celle des planches par l’enchainement des cases) reste.
[ ... ]
Oui, je suis d'accord avec vous : le talent de Lambil, pourtant infatigable, laisse à désirer en matière d'encrage, mais sa mise en page est tout à fait correcte.

Cependant, l'œuvre aurait gagné en qualité globale s'il avait confié l'encrage à un encreur plus compétent.
Le résultat aurait été visuellement plus attrayant pour les lecteurs, je pense, au-delà de la simple nostalgie de reconnaître la main de l'artiste légendaire ( après la disparition de l'artiste original, Salverius, bien entendu ).
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par heijingling »

Numéro 4605 du 15/07/2026

Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/imbroglio-meteo-des- ... -aux-yeux/

Les brusques changements de température d’Imbroglio météo donnent à Nicoby l’occasion d’une couverture avec un effet graphique tranché, mais aussi comique, car malgré l’air inquiet des personnages, on est plus proche des situations du Schtroumpfeur de pluie que de S.O.S. météores comme je le supposais pour le premier épisode. Dans ce deuxième chapitre, tous les personnage sont bien campés sans être trop caricaturaux, riches de promesses quant à leurs interactions sur le plan de l’aventure comme de l’humour. Le classicisme revendiqué se voit dans la forme du gaufrier à 9 cases qui sert de base aux planches, modifié quand l’action le nécessite. Et Nicoby a beau avoir la réputation de dessiner vite, il y a une grande attention portée aux détails de décors, architecturaux et autres, qui rend tout-à-fait crédible le scénario millimétré de Jousselin. Ne sont pas oubliées les références, avec, quand Max Beaumont met du lait dans du thé oolong, un clin d’oeil à l’inspecteur Columbo quand il met des glaçons et du sucre dans un vin de Bordeaux. Dans la peau de Nicoby nous montre un écorché au nez de clown qui au second regard et après lecture du témoignage de l’intéressé se révèle être la boule de bowling de Gaston, avec un témoignage intéressant par ailleurs sur ce que Nicoby nous dit de ses relations avec les plumes qu’il utilise pour l’encrage : sur un ton enjoué, il nous dit bien attacher une grande importance à la matérialité de la technique. Michel-Yves Schmitt a fait des Jeux ingénieux qui reprennent les éléments clés du chapitre de ce numéro pour en faire une enquête complète. Chapitre trois du Spirou et Fantasio Capsule temporelle, avec une planche d’action échevelée après la scène dialoguée précédente. Suite des Tuniques bleues, où l’on retrouve le capitaine Stillman, qui a beaucoup changé depuis ses premières apparitions en ahuri irresponsable à être devenu le seul gradé à avoir une vision lucide et morale des situations, aggravant l’hostilité de ses collègues par ses discours cyniques et provocateurs. Le classicisme de Lambil prend lui pour base un gaufrier de 8 cases (bien malmené il est vrai), ce depuis quelques albums seulement. Influence des storyboards de Neidhart ? Suite des Cavaliers de l’apocadispe, où Libon se lache doublement, dans ses décors de plage sablonneuse jaune vif et de mer à laquelle son traitement graphique donne un aspect de mer d’huile, de grands aplats qui font d’autant mieux ressortir l’agitation vaine de ses petits personnages, et dans les incidents découlants de leurs actions, plus irrationnels que jamais (une carte à jouer faisant office de voile, une bouée dégonflée qui se rétracte et immobilise Jé) et leurs explications d’autant plus drôles qu’elles se veulent rationnelles. Suite du Stagiaire, qui se rend cette fois chez un Cyrille Pomès complètement mythomane, stagiaire qui n’est donc plus chez les Fabrice, qui en profitent pour rejeter dans leur Édito leurs fautes sur lui (les absents...). Enfin, suite (?) de Orbit, sous forme d’une planche dont le gag, si c’en est un, consiste en des meurtres gratuits. L’un dans l’autre, six histoires (à suivre), dont cinq vont de bonne à excellente.

Les autres points forts de ce numéro sont d’abord une histoire courte relativement conséquente en volume (7 pages), un nouvel épisode de la série SF d’aventures comiques Ark atlas, riche en humour et rebondissements, jouant avec un des clichés des séries d’aventures exotiques, les cultes idolâtres des peuples primitifs. Ensuite l’arrivée en fanfare (bien que n’ayant pas été annoncée) d’une nouvelle série (une page de présentation dithyrambique, parlant de pépite à ranger du côté de Schultz) de strips (une de plus) du canadien Adam de Souza (qui dans sa présentation exprime une indignation historico-politique déplacée car hors contexte, bien dans l’esprit du temps des réseaux sociaux, loin de l’article sur les crimes de la dictature argentine dans le Spirou spécial coupe du monde de 1978. Ceci dit, sa revendication prend bien plus de sens dans la version en lgne de sa présentation que dans la version courte du journal), Le coin perdu. Il s’agit donc d’une BD anglophone en V.O., mais ni le traducteur ni le lettreur (ou la) ne sont indiqués. Spirou, encore un effort vers l’inclusivité...Et pour continuer sur la traduction, le titre original est Blind alley, ce qui signifie cul-de-sac, mais ce titre étant déjà pris pour une autre série de strips (avec des enfants qui plus est), une autre traduction, pas mauvaise du tout, a dû être trouvée. La première planche publiée indique, comme un générique de film, la distribution, et si plusieurs personnages ont gardé leur nom originel anglais, d’autres ont gagné un nom intéressant lors de la traduction, tel Wander qui devient Ulysse, Sweetpea qui devient Mimosa (il est rassurant de savoir que le, la ou les traducteurices connaissent leurs classiques), « Crane » qui devient Calavera, ou Red qui devient Carotte (en Chine on trouve beaucoup de carottes vraiment très rouges), je tique juste sur Dix que, vu l’origine anglophone, on aurait tendance à prononcer comme le nom du peintre, alors que c’est la traduction de Ten. Cette série est un univers par l’étrangeté duquel, comme Macanudo de Liniers ou Willy Woob, on peut être immédiatement séduit, ou au contraire il faut laisser le temps d’infuser en nous pour l’apprécier, rien à voir avec Disney que Barbucci désignait comme immédiatement séduisant, et accessible à tous.

Dans les gags, Willy Woob continue de promener son regard joyeux sur le monde, y voyant l’absurdité quand il ne l’y créé pas lui-même, Bertschy reparle des vacances dans Nelson sur le sujet des animaux abndonnés, gags amusants mais qui, malgré le sujet, ne prêtent pas à conséquence, pas plus que la récente histoire d’amour passionnel de Julie qui s’est évanouie sans laisser de traces. Dans La pause cartoon, amusant gags visuels de Lécroart et de Berth, et Gally tente de s’inscruster dans le journal malgré la fuite du freuby dont elle avait la charge, « parti pourrir une autre rubrique » (mais je ne l’ai retrouvé nulle part, et je doute, malgré la proximité de nom, qu’il s’agisse du puant mais adorable furdy de Ark atlas), visiblement, elle n’a pas su, contrairement aux Fabrice, graisser la patte ou coucher avec qui il fallait, à moins qu’elle n’ait tout simplement pas leur charisme...On retrouve Gaston avec la demi planche numérotée 48B, qui est donc la deuxième partie du précédent. Numérotation étonnante, puisque si il est dans la prolongation du 48A, c’est bien un gag à part entière, et nul ne numérote ainsi une série de gags sur un même thème. Cela peut s’expliquer par le besoin de compléter une planche, comme les collectionneurs complétistes, mais c’est dommage de ne pas assumer ce format somme toute assez rare du gag en demi planche qui, comme le gag pleine planche et le strip, est venu d’outre Atlantique, où il a été aussi peu exploité qu’ici. La fameuse Collection X de Futuropolis était consacrée aux BD en ce format dit « à l’italienne », et y ont également été publiés quelques recueils de gags en demi planche, comme Spooky de Bill Holman ou Dr. Ben Cine et D. de Joost Swarte, et il y a bien sûr eu des BD sous cette forme au début du XXe siècle avant que les formats ne soient standardisés, mais dans le FB, en dehors des premières années de Gaston, il y a eu une efflorescence du format dans Spirou dans les années 70, période faste pour le renouveau du FB, avec Les indésirables de Kox, Wladimir de Monique et Carlos Roque, Alcofribas le Loup-Phoque de Dédé, et même Animal lecteur de Libon et Salma qui outre sa verticalité se singularisait par son format d’un tiers de page. Enfin, dans Les filles de Nob, Roxanne exerce sa force auprès du sympathique parce que pathétique Efix (ex F.X., ex François-Xavier), malgré son infériorité physique, ce qui nous amène au retour annoncé dans En direct du futur de Mi-Mouche, autre jeune adolescente très physique qui paradoxalement refuse (involontairement) de grandir, retour qui est une bonne nouvelle, le mot « fin » sans autre précision en dernière page de la précédente histoire après une apparence de réconciliation et surtout d’acceptation réciproque entre Mi-mouche et sa mère pouvant laisser craindre une fin en queue de poisson.

Les autres rubriques comprennent les résultats du concours où il fallait laisser aller son imagination autour du nez de Gaston, la première Leçon de BD de la classe d'été initiée par Marko, avec Bertrand Beka sur le scénario, donnant une définition très limitée de celui-ci, post boomer dirons-nous, puisqu’il cite Harry Potter à l’appui de son affirmation qu’« une histoire est toujours une transformation » (ce qui ne qualifie que les roman dit d’apprentissage), oubliant qu’il vient de citer L’odysée au bout de laquelle Ulysse ne sort en rien transformé...et surtout une hilarante idée de supplément Spirou par Cromheecke et Thiriet comme publicité d’abonnement.
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par heijingling »

Franco B Helge a écrit : Oui, je suis d'accord avec vous : le talent de Lambil, pourtant infatigable, laisse à désirer en matière d'encrage, mais sa mise en page est tout à fait correcte.

Cependant, l'œuvre aurait gagné en qualité globale s'il avait confié l'encrage à un encreur plus compétent.
Le résultat aurait été visuellement plus attrayant pour les lecteurs, je pense, au-delà de la simple nostalgie de reconnaître la main de l'artiste légendaire ( après la disparition de l'artiste original, Salverius, bien entendu ).
Le problème est que distinguer l'encreur et le dessinateur est une pratique courante pour les comics US mais pas dans le FB, un auteur se sentirait dépossédé. Il y a le même problème pour Leloup ou Hermann.
Cela se fait exceptionnellement, lorsque la production s'industrialise, comme dans le studio Peyo où les tâches étaient bien réparties.
Je ne sais pas si ça se fait en Argentine. Juanungo et José Mariano Luengo le font actuellement pour Spirou, mais c'est une circonstance exceptionnelle, pour reprendre l'apparence du style de Franquin fin années 50.
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par Franco B Helge »

Il est vrai que la division du travail est essentiellement le modus operandi américain dans le domaine de la production de bandes dessinées, surtout en ce qui concerne les franchises.

[ Le travail en solo de plusieurs auteurs de BD, comme Will Eisner, Al Capp, Schulz, Walt Kelly et Bill Watterson – pour n'en citer que quelques-uns – est remarquable, mais oui, c'est généralement comme vous l'avez décrit ]...

En Argentine, c'est moins courant, même si, lorsque les impératifs commerciaux l'exigent, des groupes d'artistes se forment et se voient déléguer le travail.
Je me souviens du cas de Cybersix, de Trillo / Meglia, qui a réuni des équipes d'artistes ( suivant les directives graphiques de Carlos Meglia ) pour respecter les délais.
En résumé, il s'agissait d'un comportement artistique similaire à celui d'une franchise, avec des délais extrêmement courts pour un nombre de pages excessif.
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par heijingling »

Numéro 4606 du 22/07/2026

Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/les-tuniques-bleues- ... s-chevaux/

Pour la première fois, ce ne sont pas des humains mais des animaux qui sont au centre de l’illustration de couverture de Lambil. Est-ce avisé, étant donné que la relégation de Blutch et Chesterfield en petit à l’arrière plan fait ressortir la perte de maîtrise de l’encrage minutieux, même si cela peut être justifié par l’histoire mettant en scène nombre d’animaux, en particulier dans ce chapitre où ceux-ci défilent. Mais plus que Lambil, c’est le coloriste (Léonardo?) qui s’est emmélé les pinceaux (au sens propre ou figuré, j’ignore sa technique de travail) en confondant des jambes arrières des chevaux. L’arrière-boutique consacrée à Fred Neidhart, outre ses commentaires sur ses méthodes de travail et celles de Lambil sur les TB et la passion que cette série lui inspire, est révélatrice par la comparaison de son storyboard, dont les cases sont construites à horizontal, et la planche qu’en fait Lambil, au bâti bien plus nuancé en horizontales et diagonales. Lambil est autodidacte, et dans ses BD c’est toute la construction de la peinture classique occidentale qui remonte inconsciemment, de la pyramide de la couverture aux diagonales croisées de la case 4 planche 19. Quant à Neidhart, il introduit une nouvelle intrigue gag, avec la déprime de Starck en miroir de celle de Lee.
À l’inverse de Neidhart qui dit le plaisir qu’il a « à storyboarder Les Tuniques Bleues, car ça lui donne l’occasion de dessiner ces personnages qu’il aime depuis toujours », Frefon, facétieux, fait deux pages de Jeux avec d’autres personnages de la série mais ni Blutch, ni Chesterfield.
Suite des Nouvelles aventures de Max Beaumont, qui dans la tradition de certains Tif et Tondu tant de Rosy que de Tillieux équilibre sur 5 pages action, enquête, humour, et scientisme aux limites de la SF et du fantastique, avec un supplément de dilemme moral pour le héros, un marqueur qui le range dans la catégorie des héros de BD contemporains. Nicoby ne recherche pas l’élégance du dessin de Will, mais son trait jeté fonctionne parfaitement, ainsi lorsqu’il met le visage d’un bandit juste assez en lumière pour qu’on puisse être impressionné par son rictus mais qu’on ne puisse totalement l’identifier, laissant du mystère pour la suite. Suite de Spirou et Fantasio avec, comme l’avant dernière, et en alternance avec la précédente toute en action, de nouveau une planche bavarde humoristique, dans laquelle, pour éviter la lassitude, Trondheim introduit deux faux suspenses qu’il résoud en gag. Suite et fin des Cavaliers de l’apocadispe sont hyper sages à la mer, avec un changement d’approche de la part de Libon, dont en général les actions de ses personnages les entrainent dans une situation qui en entraine une plus énorme, dans un effet boule de neige, alors qu’ici les gags fonctionnent sur la répétitivité des gestes des enfants entrant et sortant des cases sur cinq pages pour chercher des outils pour délivrer Jé, et celle du son, les dizaines de « poc poc » de Ludo tapant sur le roc où Jé est prisonnier, pour donner plus d’impact au « bleng » libérateur final, immobilité due bien sûr au contrôle que veut exercer sur les enfants la mamie craintive. Suite aussi des mésaventures du Stagiaire, qui se retrouve cette fois dans la famille de Jacques Louis, dont chaque membre prend soin de lui à sa façon. Suite enfin, en quelque sorte, de Pendant ce temps, au coin perdu, de Adam de Souza, les quatre strips formant une hitoire en une planche qui appelle une suite, et le personnage central est le chien Penny, qui y exprime sa personnalité qui culpabilise. Et toujours sur la traduction, le subjonctif remplacé par un indicatif est-il une erreur de grammaire (le subjonctif français faisant partie des espèces grammaticales les plus menacées de disparition) ou signifie-t-il le niveau de langage de l’enfant qui s’exprime ?

Outre les 6 bonnes séries (à suivre) et apparentées (j’ai eu un instant de frayeur en voyant Orbit annoncé au sommaire, heureusement c’était une erreur de rédaction), ce numéro propose trois histoires complètes, dont deux nouveaux épisodes de Au coin de ma rue, la série au storyboard muet de Vincent Zabus et Nicolas Turon, qu’un dessinateur scénarise et dessine. Le ton tranche avec les précédents épisodes, toute nostalgie en est absente, et lorgne même vers l’humour, avec tout d’abord une histoire de Denis Bodard sur un figurant qui se fait un film au sens figuré, à défaut du sens propre, dans les tons brun clair (ce n’est pas précisé dans le cahier des charges mais chaque histoire a sa tonalité de couleur), puis Alexandre Clérisse fidèle à ses histoires alambiquées, poussée cette fois dans une truculente parodie d’histoire d’espionnage, dans les tons violets qu'il affectionne.

Suit une nouvelle mésaventure de Perdus, à l’aéroport de Dubanbul cette fois, où Lisa Mandel, Pochep et Stéphane Chesneau expriment avec délectation l’ambiance kitsch et aseptisée de ces gigantesques hubs de transport, où les enfants introduisent, involontairement comme d’habitude, un grain de sable en la personne de Frédule qui, malade, vomit partout. Comme toujours leurs personnages secondaires qui jouent le rôle du sauveur sont bien trouvés, avec la « technicienne de surface » moyen-orientale prénommée Cindy, emblème involontaire du revers du cosmopolitisme commercial de ces lieux.

Dans les gags, les Fabrice sont en admiration devant la longévité et le renouvellement d’une série comme Les Tuniques Bleues, tandis que dans Huguette et Croquette, Huguette, elle, au contraire de Max Beaumont, refuse sa d’être mise à la retraite, et fait du militantisme en vacances. Nouvelle direction, dans tous les sens du terme, pour Titan inc., puisque c’est un ploutocrate qui y prend le pouvoir à l’occasion de la désunion des démocrates, et tente de le modifier à sa gloire. Paul Martin et Manu Boisteau seraient-ils inspirés par l’actualité politique? Pieter De Poortere révèle que son École des mauvais parents est aussi L’école des mauvais maîtres (d’animaux de compagnie). Influence des vacances ? Toujours est-il que trois gags de La pause-cartoon se passent à la mer, comme est de circonstances caniculaire et sportive l’illustration du Bon d’abonnement par Cromheecke et Thiriet au gag drôle et original sur une autre raison de s’abonner à Spirou. Trondheim, Delaf et BenBK poursuivent leur Gaston au rythme estival d’une demi planche par semaine, les lettres des vacances de Jeanne completant la page. Le gag de Gaston est déjà vu et les dialogues faciles (« Bon sang...Du sang ! »), mais l’invention de Gaston est bien trouvée. Nob dans Les filles utilise la forte personnalité et le côté associal de Panda pour un bon gag sur l’inconséquence de la hype consumériste, un client du café où travaille Panda lui donnant par ailleurs l’occasion de croquer un personnage plus caricatural que les habituels. Enfin le Freuby qui s’était échappé de La pause-cartoon se retrouve dans les marges, mis au placard comme le sous-entend Sti dans une réponse (sur un autre sujet) dans Le courrier des lecteurs.

Dans les rubriques, La leçon de BD de Marko se poursuit, avec Loisel qui esquisse une planche pour expliquer des règles de composition, et le supplément pour les abonnés est un strip book de Ami Inintéressant et Anne-Perrine Couët, un recueil de strips issus des réseaux sociaux de Spirou d’une série comique se passant dans le monde de l’entreprise (gérée par des créatures infernales, un thème fécond, puisqu’on le retrouve, évidemment, dans Zombillénium , ou le très drôle et méconnu Satanisme et éco-responsabilité , de Loïc Sécheresse), une de plus, témoignage que, entre les séries se passant à l’école et celles dans le monde du travail, Spirou est destiné autant à leurs parents qu’aux enfants. Ces suppléments se retrouvent d’ailleurs dans une pratique qui avait disparu du journal depuis des années, celle du référendum, en l’occurence un mini référendum sur quelques suppléments abonnés, qui exclue donc le lectorat en kiosque et autres marchands de journaux. Est-ce une bonne stratégie publicitaire ?
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par heijingling »

Numéro 4607 du 29/07/2026

Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/sur-le-ring-avec-mi-mouche/

Le dessin de couverture de Carole Maurel représente Colette, gants de boxe aux poings, et Elias, immobilisés sur un pas de danse dans un éclairage entre la séquence fantasmagorique de L’apprenti sorcier dans Fantasia Disney et les éclats des boules disco, la légende soulignant la proximité entre ces deux arts, Cassius Clay/Mohamed Ali étant le plus illustre représentant de ce lien, légende qui rappelle que Spirou est lui aussi monté « sur le ring ». La page de présentation est un résumé (rédigé par Damien Perez) par Colette, aka Mi-Mouche, de la situation, sous forme des raisons qui l’ont poussée à pratiquer la boxe, et il faut aller en ligne https://spirou.com/mi-mouche-lemotion-qui-tape-juste/ pour l’entretien de présentation avec les autrices, qui parlent enfin de ce qui constitue ma principale réserve envers cette série, le déni de la violence inhérente à la boxe, la scénariste Véro Cazot rendiquant vouloir valoriser cette pratique aux yeux du grand public, entreprise tout-à-fait estimable (Véro Cazot : "Je trouvais ludique, dans ce tome 3, de nous mettre, Carole, les lecteurs et moi, à la place de Colette, qui va faire son premier combat sur le ring. On va donc apprendre et rentrer dans le vif du sujet avec elle ! Peut-être qu’avoir ces éléments de règlement rassurera les parents, qui auront ainsi l’assurance que la boxe est un sport cadré, pas juste du combat où on tape comme on veut.") Mais elle admet qu’il lui “est arrivé de regarder des combats d’adolescentes, où la violence est plus cadrée que dans les combats adultes. Si Mi-Mouche était un personnage adulte, j’aurais plus de mal à illustrer mon discours non-violent !
Mais ce n’est pas le seul dessein de cette série ambitieuse, qui combine problèmes individuels et sociaux, la question féministe étant abordée, sans manichéisme, par les préjugés envers ce qui est censé convenir aux filles et aux garçons, ainsi ce chapitre d’ouverture sur la difficulté à faire accepter que la boxe peut aussi être un sport féminin. On retrouve les qualités de coloris, de mise en page et en scène (planche 7, la scène de rue bien observée et retranscrite) de Carole Maurel, mais aussi ses défauts, de perspective (planche 8), mais qui n’est qu’un problème technique, et surtout le fait, influence des mangas, et peut-être aussi par volonté de ne pas choquer, que les visages soient privés de toute spécificité, rendus anodins, et se ressemblent tous, ce qui amène à relever une autre édulcoration, l’occultation du fort déterminisme social de la boxe, sport en marge par sa violence directe, et où les marginaux (sociaux et ethniques) sont surreprésentés. Et ici, leurs visages étant tous semblables, Carole Maurel différencie ses personnages par leur coiffure, et leur couleur de peau : on voit que la moitié des membres du club de boxe de Colette, y compris le coach, sont de minorités ethniques.

Sti reprend le jeu de mots des albums de Mi-Mouche numérotés Premier, deuxième, troisième round, en numérotant ainsi ses jeux, de même que Bernstein et Bercovici, que cette série inspire également, font un test permettant de déterminer quel mi-quoi on est (Mi-ckey, Mi-chel Vaillant, et pourquoi pas Mi-ni récit...)

Quatrième chapitre des Nouvelles aventures de Max Beaumont, sans Max Beaumont (qui n’est que cité verbalement et visuellement), car ce sont les deux autres personnages qui y prennent l’initiative, méthode pour s ‘épanouir chacun selon sa personnalité. Par l’attention portée au monde populaire (la cour de l’immeuble du journal, la vieille dame), que l’on voyait déjà dans Imbattable, cette série se situe dans la lignée des auteurs de polars européens qui donnaient, par les simples descriptions de personnages et de lieux, une importante dimension sociale à leur œuvre (Georges Simenon, Léo Malet, Boileau-Narcejac, Jean-Patrick Manchette..). Suite des Tuniques Bleues, où le scénariste Fred Neidhart, après avoir dans le chapitre précédent bâti un gag sur la déprime de Starck en miroir à celle de Lee, refait un parallèle entre les deux camps en introduisant un espion sudiste chez les nordistes, après le nordiste chez les sudistes, mais qui cette fois sert un tournant scénaristique. Par ailleurs les animaux qu’apportent à Lee ses hommes pour le consoler permettent à Lambil de dessiner le temps de quelques cases une véritable ménagerie exotique, dont un kangourou (rappelons que sa dernière histoire de Sandy dans Spirou remonte à 1974 et avait donné lieu à une couverture sans Sandy mais avec des kangourous). Suite de Orbit, intitulée Saison 1 Épisode 2 (pour justifier sa parution irrégulière?). Si le dessin de Fabrizio Petrossi, ultra caricatural, aux antipodes de celui de Carole Maurel,et son encrage très marqué, se démarquent de l’ensemble des BD du journal (chacun appréciant ce contrepoint selon ses goûts), et si le surgissement du gorille dans une case me fait penser à de telles ellipses visuelles chez Bottaro, en revanche des passages comme Orbit parlant d’un chat et d’un âne tout en désignant un gorille et une humaine, ou un reproche (« Vous en avez mis du temps, pour arriver ») sans réaction font penser à des erreurs de traduction au mieux, ou à des facéties involontaires d’une AI au pire...Suite du Stagiaire, qui se rend cette fois chez Véro Gally et Véro Cazot, cette dernière en pleine séance de création qui la montre possédée comme dans L’exorciste (on comprend que certaines auteurices veuillent dissimuler les secrets de leur inspiration), sans doute émulée par Véro Gally pour une planche très drôle et, avec Mi-Mouche, sa deuxième série dans le journal cette semaine. Mais la véritable vedette de ce numéro, même si ce n’est signalé nulle part, est Lewis Trondheim, qui y scénarise 4 séries, dont deux vedettes. Certains se souviendront que dans L’atelier Mastodonte il avait demandé à récupérer le canapé où Raoul Cauvin créait lorsqu’il était à la rédaction. C’était donc une étape dans son ambition qui se révèle maintenant de devenir le nouveau scénariste ubiquitaire du journal. Tout d’abord, Spirou et Fantasio qui, après la course poursuite des semaines précédentes, se trouvent dans une impasse, ce qui donne un répit au récit, où Trondheim et Juanungo construisent une séquence où se déroulent en parallèle un gag verbal (avec Spirou) et un gag visuel (avec Fantasio et le Marsupilami), Gaston apportant lui aussi une contribution importante, et où seul Spip n’est qu’un figurant effacé, ce qui tranche avec ses fortes interventions précédentes. Gaston Lagaffe ensuite, dans le dessin duquel ressort de plus en plus la patte de Delaf, ainsi case un son Gaston marchant en dormant, où son dessin caoutchouteux (comme le Munuera de Spirou) mais unidimensionnel ne permet de représenter que Gaston marchant et seuls ses yeux clos signifient son sommeil, là où le dessin polyphonique de Franquin lui permettait de faire ressentir à la fois marche et sommeil. Puis Boulette, où Aude Picault poursuit sa galerie de chats de gouttière, ici un chat jaune efflanqué ébouriffé, enfin Manoir à louer, où son grand’père tente de persuader Nina de faire rentrer sa BD dans des moules, un peu comme certains conseils trop généraux de Ta leçon de BD, par exemple cette semaine où l’invité est le dessinateur-storyboadeur storyboarder Loran, qui répète que « le dessin est au service de l’histoire », ce qui est plus dans la tradition d’Hergé que dans celle de Franquin ou de Mœbius.

Pas d’histoires complètes dans ce numéro, mais dans les autres gags, L’édito montre les Fabrice jouant aux légendes de la boxe, Huguette et Croquette, toujours à la plage, face à des gamines redoutables commerçantes, et d’amusants dialogues de Théoschu pour les enfants justifiant leurs prix par « l’infraction, la guerre au moyen-âge, tout ça... ». En une seule planche de Elliot au collège, avec des images et dialogues simples et justes, Théo Grosjean révèle d’importantes félures qui permettent de comprendre et d’avoir de la compassion pour Dylan le caïd de l’école. C’est paradoxalement cette sensibilité particulière à l’intime qui en fait un auteur si apprécié d’un large public, tant commercialement (sa série précédente adaptée en dessin animé) que reconnu intellectuellement (invité  à "Mot pour Mots", le festival littéraire du Monde, du Nouvel Obs et de Télérama, par Riad Sattouf, qui le publie et parraine). Titan inc. toujours en mode Schtroumpfissime sur la folie des grandeurs, Working dead, qui confirme que si certains zombies peuvent tout-à-fait mener une vie normale, pour d’autres, différemment atteints (au cerveau ici), c’est plus problématique. Ced et Gorobei refont dans Gary C. Neel le gag classique de l’erreur de colis dans une amusante nouvelle version. Dans L’épée de bois, le jeune Gulmont poursuit sa quête en compagnie du polymorphe lapin tueur, tour à tour bestial, protecteur ou faible, et commence à l’apprivoiser, lui donnant un nom : comme le préconise le grand’père de Nina dans Manoir à louer, va-t-il lui aussi partie des nombreux héros de BD ayant un animal de compagnie ? Enfin dans Les filles Roxanne se retrouve toujours autant en porte-à-faux avec le système scolaire.

Pour finir, une publicité nous apprend que Naruto fait dorénavant partie des personnages vedettes du Parc Spirou...
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Franco B Helge
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par Franco B Helge »

heijingling a écrit : dim. 9 août 2026 10:56 Numéro 4607 du 29/07/2026

Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/sur-le-ring-avec-mi-mouche/
[ ... ]
Suite des Tuniques Bleues, où le scénariste Fred Neidhart, après avoir dans le chapitre précédent bâti un gag sur la déprime de Starck en miroir à celle de Lee, refait un parallèle entre les deux camps en introduisant un espion sudiste chez les nordistes, après le nordiste chez les sudistes, mais qui cette fois sert un tournant scénaristique. Par ailleurs les animaux qu’apportent à Lee ses hommes pour le consoler permettent à Lambil de dessiner le temps de quelques cases une véritable ménagerie exotique, dont un kangourou (rappelons que sa dernière histoire de Sandy dans Spirou remonte à 1974 et avait donné lieu à une couverture sans Sandy mais avec des kangourous).
Concernant le commentaire sur Lambil et le dessin des kangourous, la bande dessinée suivante est anthologique : elle provient de la double page publiée dans Le Journal #2022, dans laquelle le dessinateur – qui était alors en charge de « Les Tuniques bleues » – avait une interview personnelle avec Dupuis :D
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...

Message par heijingling »

Franco B Helge a écrit : Concernant le commentaire sur Lambil et le dessin des kangourous, la bande dessinée suivante est anthologique : elle provient de la double page publiée dans Le Journal #2022, dans laquelle le dessinateur – qui était alors en charge de « Les Tuniques bleues » – avait une interview personnelle avec Dupuis :D
En fait, Pauvre Lampil a été créé au moment où Lambil dessinait encore Sandy et venait à peine de reprendre les Tuniques Bleues, donc le personnage de Lampil a toujours été représenté comme l'auteur de Panty et son kangourou...
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