Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Posté : mer. 25 mars 2026 16:26
Numéro 4587 du 11/03/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/entrez-dans-la-zone- ... id-paddle/
Couverture classique signée Midam pour Kid Paddle, la porte de sa chambre ornée outrageusement à ses goûts entr’ouverte sur son univers de gamin fasciné par les monstres de pacotille, et les films d’horreur auxquel il ne peut avoir accès. Cette ignorance enfantine d’un monde réel qu’il ne peut qu’imaginer est la clé de l’histoire de cette semaine, dans laquelle Kid et sa famille accueillent un enfant ukrainien qui, géné par la fascination de Kid et ses copains pour les catastrophes nucléaires, va leur montrer la réalité de Tchernobyl. Ce n’est pas la première fois que Kid est confronté à une situation qui pour lui n’est qu’un jeu mais est en réalité tragique, et ce genre de gags est l’occasion pour Midam de montrer que, derrière son attitude de garçon hardi, par opposition à sa sœur collectionnant les poneys, il est en fait un enfant sensible, touché par la souffrance des humains et des animaux lorsqu’il y est confronté. Cette expression de sensiblité se retrouve également, bien plus fréquement, dans nombre de gags du petit Spirou, à la personnalité proche, mais bien moins chez Cédric, qui lui n’est pas fasciné par des choses au dessus de son âge (films d’horreur ou magazines érotiques) et pour lequel ses auteurs n’ont donc pas besoin d’appuyer sa sensibilité enfantine pour contrebalancer cela (elle s’exprime quotidiennement dans ses rapports avec son grand’père). L’histoire elle-même est la plus longue que Midam ait jamais réalisée pour Kid Paddle, 5 pages, cela n’a tout de même rien d’exceptionnel, sauf pour Kid Paddle, sans doute est-ce pour cela qu’il s’est adjoint l’aide au scénario de Jacques Louis, qui avait déjà offert de tels services à Janry pour une histoire courte du petit Spirou justement, et quelques gags en une page de Kid Paddle. Dans cette histoire intitulée Tchernobyl, paraissant pour la commémoration des 40 ans de l’évènement, Kid et ses amis sont confrontés à la réalité d’une catastrophe nucléaire, et cela a sur eux autant d’effet que La supplication, Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse, le livre de Svetlana Alexievitch, en 1996 sur la société russe : ils cessent de voir le nucléaire comme un monstre anodin de films d’horreur ou une curiosité exotique.
L’article accompagnant l’histoire, Dans la tête de Midam, est quant à lui bien plus révélateur que les précédents sur d’autres auteurs, dont les confessions sont en général assez anecdotiques, et est illustré d’une auto caricature de l’auteur réalisée avec beaucoup d’auto dérision et une surprenante tonalité politique, y exprimant, par un Blork Trump, une certaine rancoeur envers une certaine pruderie hypocrite étatsunienne. L’édito des Fabrice ainsi que La malédiction de la page 13 concernent bien sûr Kid Paddle, mais il en va de même pour La désastrologie (la parodie d’horoscope illustrée par Bercovici), le Supplément abonnés (des autocollants), ainsi que le Freuby, qui continue à contaminer le journal (il remplace cette fois l’illustration du Bon d’abonnement) ainsi que maintenant ses auteurs (ce sont Ced et Thomas Priou qui s’en occupent cette fois). Par contre, il est fort possible que Kid Paddle ait été rajouté à des Jeux neutres sur le thème des gladiateurs, dont le joyeux grouillement porte bien la marque de Christophe Bataillon.
Outre l’histoire la plus longue jamais faite de Kid Paddle, ce numéro se distingue aussi par une nouvelle série de l’auteur du légendaire Dickie (Boerke en VO néerlandaise), BD muette sommet d’humour cruel, publié jusqu’aux États Unis d’Amérique (alors que Midam désespère que son Kid Paddle n’ait pu franchir l’Atlantique sous prétexte qu’il serait trop violent…). Voici donc l’école des mauvais parents, titre tout en minuscule de cahier d’écolier, dont l’aspect mignon dissimule le mauvais fond, et les premiers strips ne déméritent pas la réputation de leur auteur, Pieter de Poortere, qui dit essayer de faire moins trash pour Spirou, où il révait de publier depuis l’enfance : malgré la contrainte du tout public, c’est drôle et cruel. Dans Spirou et moi, l’auteur explique qu’Homer Simpson est pour lui le vrai enfant de la famille, totalement irresponsable, et ses mauvais parents ont ceci de commun avec lui, sans posséder la sympathie qu’Homer inspire malgré ses nombreux défauts : on reste donc bien chez l’auteur de Dickie. Voilà donc une nouvelle série de gags de mauvais goût volontaire, avec Working dead (gratiné et amusant cette semaine), Game over, et le gag de Pernille. Enfin, troisième particularité de ce numéro, un cross-over de Bernstein et Moog et Dino, Willy Tash et Woob Trash, sous l’intitulé « Nos auteurs ont du talent », qui fait écho à « Nos lecteurs ont du talent » dans En direct de la rédac (toujours l'interaction et l'idée de communauté).
Nombre de westerns actuels, à l'instar d’autres littératures de genre comme la SF ou le polar, ont en commun que leurs auteurs les utilisent pour parler de problèmes contemporains, et c’est le cas dans ce Lucky Luke de Matthieu Bonhomme où le chef indien tient un discours de protection de la nature, un classique du western, mais en termes actuels («les arbres purifient l’air »). Apparté : Je trouve juste personnellement dommage que les westerns ne servent que de portes-parole de la tragédie passée des Indiens et pas de leur situation actuelle. Sur ce sujet, en BD, je ne connais que Scalped de Jason Aaron et R.M. Guéra, et Red Road de Derib. Cette Longue marche de LL est bien menée, entre tension, ambiance et action. Deux détails me font tiquer : le brin de paille que machonne en permanence LL est ridicule dans l’environnement glacial du Minnesota, et semble à Matthieu Bonhomme aussi pesant que le costume de groom de Spirou pour certains auteurs, et les yeux en amande que fait Matthieu Bonhomme à LL qui le font passer pour un extrême oriental, surtout dans les nombreux plans de face. Mais ce ne sont que broutilles par rapport à la BD Seccotine dont j’ai de plus en plus de mal à parler, tellement les attitudes de certains personnages me déconcertent. Ainsi de Spirou qui, ne retrouvant plus Spip dans la forêt de Champignac, s’en inquiète en s’imaginant qu’il a pu s’embourber dans un marais ou se faire dévorer par un renard. Voilà, Spirou est préoccupé par la disparition de l’écureuil qui l’a suivi dans les territoires les plus hostiles et dangereux, de déserts de sables aux déserts de glace en passant par les jungles tropicales, et qui a l’habitude d’aller se promener seul pour dégotter des noisettes, Spip, dans la forêt de Champignac, comme il se préoccuperait de la disparition d’un enfant de 4 ans dans la jungle palombienne. Même planche, il avait anticipé de pouvoir se perdre en forêt de Champignac (oui, Spirou craignait de se perdre en forêt de Champignac, et le comble est que les auterices lui ont donné raison), puisqu’il dit avoir prévenu Gaston (sic) en cas de problème. Sans compter que ni lui, ni Fantasio ne s’interrogent sur l’omniprésence de gros champignon bleus, ni même ne les remarquent, au contraire de Spip, alors qu’ils savent être sur le territoire de leur vieil ami mycologue aussi fantasque que génial. À moins que les auteurices, Elric et Sophie Guerrive, aient voulu faire par là une critique, qui me passe au dessus de la tête, des gens qui ne savent plus rien faire sans leur portable (cf. Spirou disant de Spip « J’espère qu’il ne se perdra pas, il n’a plus l’habitude »), j’avoue être sidéré à la lecture de tels passages. Par ailleurs, dès cet avant dernier chapitre, tous les mystères sont résolus, les bandits arrêtés, le dernier chapitre sera-t-il entièrement consacré au sauvetage de ces pauvres Spirou et Fantasio perdus en forêt de Champignac ? Suspense palpitant.
Vrai suspense en revanche pour cette fin du tome 1 de Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic, où, après un périple dans un monde de magie et de créatures extraordinaire, se retrouve confronté, ainsi que l’avait annoncé les autrices Carbone, Sydélia Guirao et Hortense Pien, à la discrimination, après l’exploitation dont se trouvent victimes ses nouveaux amis de caste inférieure. Cette question de castes et d’exploiteurs et exploités préoccupait aussi le scénariste Fabien Velhmann, et se retrouvait dans Green Manor et surtout dans Wondertown, dont le titre de la série n’était pas non plus un nom de personnages mais, comme ici, celui du lieu qui structure ces injustices. Une grande différence est qu’alors que dans Wondertown les barrières entre castes étaient infranchissables, ici il y a transgression, et ce sera visiblement l’enjeu du tome 2, après un premier tome plus axé sur l’exploration d’un monde fantastique. Les autrices ont jusqu’ici trouvé un bon mélange entre fantastique et politique pour une série jeunesse, avec un dessin très dans l’air du temps mais efficace, et une colorisation dont les variations de ton font bien ressentir les différents moments de l’aventure.
De bons gags visuels dans La pause cartoon avec Les Fifiches du Proprofesseur, Des gens et inversement et Fish n chips, par contre Tash et Trash, qui s’en sont absentés pour s'aventurer avec Willy Woob, y sont remplacés par le strip Mauvaises graines : avec L’école des mauvais parents, cela fait deux séries avec « mauvais » dans le titre, l’époque est loin où saint Jean Bosco patronisait le journal... Enfin, Titan inc. poursuit sa série sur l’oiseau en voie de disparition, qui devient monstrueux à en briser le cadre des strips, Manoir à louer fait un nouvel hommage à la colorisation de Morris à l’occasion d’un gag aux situations répétitives, quant à Panda dans Les filles elle a eu la drôle d’idée de prendre le job de barrista pour financer ses études, elle si peu douée pour les relations humaines émotionnelles, elle ne peut que détonner dans un « coffee bar », ce lieu où les clients sont des fétichistes qui attachent plus d’importance aux fioritures qu’au café lui-même.
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/entrez-dans-la-zone- ... id-paddle/
Couverture classique signée Midam pour Kid Paddle, la porte de sa chambre ornée outrageusement à ses goûts entr’ouverte sur son univers de gamin fasciné par les monstres de pacotille, et les films d’horreur auxquel il ne peut avoir accès. Cette ignorance enfantine d’un monde réel qu’il ne peut qu’imaginer est la clé de l’histoire de cette semaine, dans laquelle Kid et sa famille accueillent un enfant ukrainien qui, géné par la fascination de Kid et ses copains pour les catastrophes nucléaires, va leur montrer la réalité de Tchernobyl. Ce n’est pas la première fois que Kid est confronté à une situation qui pour lui n’est qu’un jeu mais est en réalité tragique, et ce genre de gags est l’occasion pour Midam de montrer que, derrière son attitude de garçon hardi, par opposition à sa sœur collectionnant les poneys, il est en fait un enfant sensible, touché par la souffrance des humains et des animaux lorsqu’il y est confronté. Cette expression de sensiblité se retrouve également, bien plus fréquement, dans nombre de gags du petit Spirou, à la personnalité proche, mais bien moins chez Cédric, qui lui n’est pas fasciné par des choses au dessus de son âge (films d’horreur ou magazines érotiques) et pour lequel ses auteurs n’ont donc pas besoin d’appuyer sa sensibilité enfantine pour contrebalancer cela (elle s’exprime quotidiennement dans ses rapports avec son grand’père). L’histoire elle-même est la plus longue que Midam ait jamais réalisée pour Kid Paddle, 5 pages, cela n’a tout de même rien d’exceptionnel, sauf pour Kid Paddle, sans doute est-ce pour cela qu’il s’est adjoint l’aide au scénario de Jacques Louis, qui avait déjà offert de tels services à Janry pour une histoire courte du petit Spirou justement, et quelques gags en une page de Kid Paddle. Dans cette histoire intitulée Tchernobyl, paraissant pour la commémoration des 40 ans de l’évènement, Kid et ses amis sont confrontés à la réalité d’une catastrophe nucléaire, et cela a sur eux autant d’effet que La supplication, Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse, le livre de Svetlana Alexievitch, en 1996 sur la société russe : ils cessent de voir le nucléaire comme un monstre anodin de films d’horreur ou une curiosité exotique.
L’article accompagnant l’histoire, Dans la tête de Midam, est quant à lui bien plus révélateur que les précédents sur d’autres auteurs, dont les confessions sont en général assez anecdotiques, et est illustré d’une auto caricature de l’auteur réalisée avec beaucoup d’auto dérision et une surprenante tonalité politique, y exprimant, par un Blork Trump, une certaine rancoeur envers une certaine pruderie hypocrite étatsunienne. L’édito des Fabrice ainsi que La malédiction de la page 13 concernent bien sûr Kid Paddle, mais il en va de même pour La désastrologie (la parodie d’horoscope illustrée par Bercovici), le Supplément abonnés (des autocollants), ainsi que le Freuby, qui continue à contaminer le journal (il remplace cette fois l’illustration du Bon d’abonnement) ainsi que maintenant ses auteurs (ce sont Ced et Thomas Priou qui s’en occupent cette fois). Par contre, il est fort possible que Kid Paddle ait été rajouté à des Jeux neutres sur le thème des gladiateurs, dont le joyeux grouillement porte bien la marque de Christophe Bataillon.
Outre l’histoire la plus longue jamais faite de Kid Paddle, ce numéro se distingue aussi par une nouvelle série de l’auteur du légendaire Dickie (Boerke en VO néerlandaise), BD muette sommet d’humour cruel, publié jusqu’aux États Unis d’Amérique (alors que Midam désespère que son Kid Paddle n’ait pu franchir l’Atlantique sous prétexte qu’il serait trop violent…). Voici donc l’école des mauvais parents, titre tout en minuscule de cahier d’écolier, dont l’aspect mignon dissimule le mauvais fond, et les premiers strips ne déméritent pas la réputation de leur auteur, Pieter de Poortere, qui dit essayer de faire moins trash pour Spirou, où il révait de publier depuis l’enfance : malgré la contrainte du tout public, c’est drôle et cruel. Dans Spirou et moi, l’auteur explique qu’Homer Simpson est pour lui le vrai enfant de la famille, totalement irresponsable, et ses mauvais parents ont ceci de commun avec lui, sans posséder la sympathie qu’Homer inspire malgré ses nombreux défauts : on reste donc bien chez l’auteur de Dickie. Voilà donc une nouvelle série de gags de mauvais goût volontaire, avec Working dead (gratiné et amusant cette semaine), Game over, et le gag de Pernille. Enfin, troisième particularité de ce numéro, un cross-over de Bernstein et Moog et Dino, Willy Tash et Woob Trash, sous l’intitulé « Nos auteurs ont du talent », qui fait écho à « Nos lecteurs ont du talent » dans En direct de la rédac (toujours l'interaction et l'idée de communauté).
Nombre de westerns actuels, à l'instar d’autres littératures de genre comme la SF ou le polar, ont en commun que leurs auteurs les utilisent pour parler de problèmes contemporains, et c’est le cas dans ce Lucky Luke de Matthieu Bonhomme où le chef indien tient un discours de protection de la nature, un classique du western, mais en termes actuels («les arbres purifient l’air »). Apparté : Je trouve juste personnellement dommage que les westerns ne servent que de portes-parole de la tragédie passée des Indiens et pas de leur situation actuelle. Sur ce sujet, en BD, je ne connais que Scalped de Jason Aaron et R.M. Guéra, et Red Road de Derib. Cette Longue marche de LL est bien menée, entre tension, ambiance et action. Deux détails me font tiquer : le brin de paille que machonne en permanence LL est ridicule dans l’environnement glacial du Minnesota, et semble à Matthieu Bonhomme aussi pesant que le costume de groom de Spirou pour certains auteurs, et les yeux en amande que fait Matthieu Bonhomme à LL qui le font passer pour un extrême oriental, surtout dans les nombreux plans de face. Mais ce ne sont que broutilles par rapport à la BD Seccotine dont j’ai de plus en plus de mal à parler, tellement les attitudes de certains personnages me déconcertent. Ainsi de Spirou qui, ne retrouvant plus Spip dans la forêt de Champignac, s’en inquiète en s’imaginant qu’il a pu s’embourber dans un marais ou se faire dévorer par un renard. Voilà, Spirou est préoccupé par la disparition de l’écureuil qui l’a suivi dans les territoires les plus hostiles et dangereux, de déserts de sables aux déserts de glace en passant par les jungles tropicales, et qui a l’habitude d’aller se promener seul pour dégotter des noisettes, Spip, dans la forêt de Champignac, comme il se préoccuperait de la disparition d’un enfant de 4 ans dans la jungle palombienne. Même planche, il avait anticipé de pouvoir se perdre en forêt de Champignac (oui, Spirou craignait de se perdre en forêt de Champignac, et le comble est que les auterices lui ont donné raison), puisqu’il dit avoir prévenu Gaston (sic) en cas de problème. Sans compter que ni lui, ni Fantasio ne s’interrogent sur l’omniprésence de gros champignon bleus, ni même ne les remarquent, au contraire de Spip, alors qu’ils savent être sur le territoire de leur vieil ami mycologue aussi fantasque que génial. À moins que les auteurices, Elric et Sophie Guerrive, aient voulu faire par là une critique, qui me passe au dessus de la tête, des gens qui ne savent plus rien faire sans leur portable (cf. Spirou disant de Spip « J’espère qu’il ne se perdra pas, il n’a plus l’habitude »), j’avoue être sidéré à la lecture de tels passages. Par ailleurs, dès cet avant dernier chapitre, tous les mystères sont résolus, les bandits arrêtés, le dernier chapitre sera-t-il entièrement consacré au sauvetage de ces pauvres Spirou et Fantasio perdus en forêt de Champignac ? Suspense palpitant.
Vrai suspense en revanche pour cette fin du tome 1 de Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic, où, après un périple dans un monde de magie et de créatures extraordinaire, se retrouve confronté, ainsi que l’avait annoncé les autrices Carbone, Sydélia Guirao et Hortense Pien, à la discrimination, après l’exploitation dont se trouvent victimes ses nouveaux amis de caste inférieure. Cette question de castes et d’exploiteurs et exploités préoccupait aussi le scénariste Fabien Velhmann, et se retrouvait dans Green Manor et surtout dans Wondertown, dont le titre de la série n’était pas non plus un nom de personnages mais, comme ici, celui du lieu qui structure ces injustices. Une grande différence est qu’alors que dans Wondertown les barrières entre castes étaient infranchissables, ici il y a transgression, et ce sera visiblement l’enjeu du tome 2, après un premier tome plus axé sur l’exploration d’un monde fantastique. Les autrices ont jusqu’ici trouvé un bon mélange entre fantastique et politique pour une série jeunesse, avec un dessin très dans l’air du temps mais efficace, et une colorisation dont les variations de ton font bien ressentir les différents moments de l’aventure.
De bons gags visuels dans La pause cartoon avec Les Fifiches du Proprofesseur, Des gens et inversement et Fish n chips, par contre Tash et Trash, qui s’en sont absentés pour s'aventurer avec Willy Woob, y sont remplacés par le strip Mauvaises graines : avec L’école des mauvais parents, cela fait deux séries avec « mauvais » dans le titre, l’époque est loin où saint Jean Bosco patronisait le journal... Enfin, Titan inc. poursuit sa série sur l’oiseau en voie de disparition, qui devient monstrueux à en briser le cadre des strips, Manoir à louer fait un nouvel hommage à la colorisation de Morris à l’occasion d’un gag aux situations répétitives, quant à Panda dans Les filles elle a eu la drôle d’idée de prendre le job de barrista pour financer ses études, elle si peu douée pour les relations humaines émotionnelles, elle ne peut que détonner dans un « coffee bar », ce lieu où les clients sont des fétichistes qui attachent plus d’importance aux fioritures qu’au café lui-même.