Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Posté : jeu. 19 févr. 2026 06:07
Numéro 4582 du 02/02/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/seccotine-mystere-a-champignac/
Une jolie couverture bucolique d’Elric, avec des tons de couleurs conférant un goût d’un automne des années 50, en dehors des formes monochromes d’arrière plan que, lecteurs de Il y a un sorcier à Champignac, on devine être des champignons géants mais pourraient être des dolmens particuliers, pour la première aventure (à suivre) de Seccotine, qui après le Marsupilami, Zorglub et Champignac est la nouvelle série dérivée de Spirou et Fantasio (je ne compte pas les histoires courtes de Spip). Dans leur Édito, les Fabrice proposent pour la suite les aventures de mademoiselle Jeanne, la copine de Gaston, ce qui ferait la deuxième mademoiselle J. du journal.
Je ne vais pas commenter l’interview des auteurices, je relève juste une phrase : «Pour percevoir ce que Franquin pensait de Seccotine, on ne peut que piocher quelques indices dans ses interviews. » Plus simple, regarder comment il représente ses personnages, car Franquin mettait de lui dans son œuvre, au contraire d’Elric et Sophie Guerrive qui craignent, en prenant parti, de discriminer, et pourraient en fin de compte être cités en exemple de BD morale par le docteur Wertham.
L’histoire débute bien, on est tout de suite plongés dans le cadre (Seccotine qui emménage dans une maison isolée en surplomb de Champignac), et le mystère : ce titre générique de Mystère à Champignac fleure d’ailleurs aussi bon ses années 50. Ce n’est pas le seul aspect désuet: dans la volonté des auteurices de ne pas faire de Seccotine une pin-up, celle-ci se retrouve aussi plate que Queue-de-cerise en 1956. Le dessin hybride d’Elric, plus réaliste ou plus caricatural selon le personnage, est d’ailleurs proche, en moins vigoureux, de celui que Tillieux avait été forcé d’adopter, en pervertissant le sien propre, lors de son arrivée dans Spirou, mais qu’à donc pu pousser Elric à volontairement produire ces formes composites auxquelles Tillieux avait été contraint? Dans le déjà vu, on trouve encore ces paupières demi closes, un tic déjà reproché à Blesteau pour Toupet il y a 30 ans, et un gag (involontaire) lorsque Fantasio exprime son septicisme ironique devant l’intérêt de l’enquête sur la disparitions d’animaux que Seccotine va mener, comme un retour du fait refoulé que Seccotine lui avait damé le pion sur le même sujet dans Le gri-gri du Niokolo Koba. Ceci dit, le fait de se sentir à ce point en terrain connu et balisé n’est pas forcément désagréable, avec un parfum suranné de ce que produisait un artisan des années 60 comme Bob Mau dans ses intrigues policières et campagnardes mâtinées de fantastique de Clary Nett et co. Gare au loup-garou https://www.bedetheque.com/BD-Clary-Net ... 27182.html https://www.lambiek.net/artists/m/mau.htm
Deuxième chapitre de Frnck, caractéristique du duo Olivier Bocquet et Brice Cossu, qu’on pourrait dire construit en planches-séquences, quatre planches sur la mise au point par les personnages du plan qu'ils vont suivre, trois planches de progression dans une grotte, quasi muettes, sur fond noir à bords perdus, une séquence d’action en pur gaufrier de neuf cases de tonalité rouge centrées sur une de tonalité verte, tournant de l’action, un ensemble pensé en séquences structurées par planches. Bien différente est la méthode de Carbone, Sydélia Guirao et Hortense Pien dans Les boutiques fantastiques de la rue Fratastic, où les planches sont plutôt un décor dans lequel se promènent les personnages, c’est même littéral pages 37 et 42-43 du magazine.
Une histoire courte, le cinquième épisode du bimensuel Attila, intitulé Le code, le chef mongol recherchant un système de communication à distance rapide, ce qui donne lieu à des pages où l’abbé s’amuse à illustrer, à coups de corbeaux et d’éléphants voyageurs, l’esprit à la logique en roue libre d’Attila. Le dessin de couverture, une lettre clouée sur le U de Spirou, donne le ton, avec un jeu de mot que je n'ai pas compris, indiquant un "mesage" d'Attila...
Deux pages concernent l’histoire du journal, Manoir à louer qui continue à en explorer l’historique avec un spécial Oubapo de 2019, tandis que la question d’un lecteur dans En direct de la rédac permet de parler du gag de la grève des coloristes en 1994. Le Freuby de Stella Lory et Marc Dubuisson s’est installé sous L’édito, à côté du sommaire, qu’il commente avec son agressivité, les strips de Willy Woob avec cette semaine les titres illustrés de dessins et de graphismes autour du sommeil et de ses onomatopées pourraient être intitulés Le réveil du Z, le feuilleton Dad’s not dead se poursuit avec le gag de Nob débutant un nouvelle série de strips intitulée Tomato and co., sur une famille de tomates, L’épée de bois continue ses gags sur un grand classique du manga shonen, le tournoi, et Marko dans sa Leçon de BD parle de la liberté de dessin de Picasso et des cubistes en omettant de préciser que leur dessin, contrairement à celui d’une BD, n’avait pas à être inséré dans une narration.
En direct du futur annonce une nouvelle série politiquement incorrecte de Pieter De Poortere, auteur de livres pour enfants et, dans son même style rondouillard trompeusement rassurant, les peu correctes aventures de Dickie (dont une seule page a osée être publiée dans Spirou il y a 20 ans), et une publicité annonce une nouvelle série Dupuis, Les utopistes, une énième histoire fantastique jeunesse avec des secrets de famille, qui est donc la tendance actuelle des séries jeunesse.
Le journal se termine sur un gag de Kid Paddle tentant une fois de plus d’aller voir un film d’horreur, ce genre lui étant ce que les revues érotiques sont au petit Spirou, la différence est qu’on n’a pas assez relevé que Kid Paddle est un cinéphile : les films qu’il tente sans cesse de voir sont ceux qui ont été honorés dans les plus grands festivals de genre.
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/seccotine-mystere-a-champignac/
Une jolie couverture bucolique d’Elric, avec des tons de couleurs conférant un goût d’un automne des années 50, en dehors des formes monochromes d’arrière plan que, lecteurs de Il y a un sorcier à Champignac, on devine être des champignons géants mais pourraient être des dolmens particuliers, pour la première aventure (à suivre) de Seccotine, qui après le Marsupilami, Zorglub et Champignac est la nouvelle série dérivée de Spirou et Fantasio (je ne compte pas les histoires courtes de Spip). Dans leur Édito, les Fabrice proposent pour la suite les aventures de mademoiselle Jeanne, la copine de Gaston, ce qui ferait la deuxième mademoiselle J. du journal.
Je ne vais pas commenter l’interview des auteurices, je relève juste une phrase : «Pour percevoir ce que Franquin pensait de Seccotine, on ne peut que piocher quelques indices dans ses interviews. » Plus simple, regarder comment il représente ses personnages, car Franquin mettait de lui dans son œuvre, au contraire d’Elric et Sophie Guerrive qui craignent, en prenant parti, de discriminer, et pourraient en fin de compte être cités en exemple de BD morale par le docteur Wertham.
L’histoire débute bien, on est tout de suite plongés dans le cadre (Seccotine qui emménage dans une maison isolée en surplomb de Champignac), et le mystère : ce titre générique de Mystère à Champignac fleure d’ailleurs aussi bon ses années 50. Ce n’est pas le seul aspect désuet: dans la volonté des auteurices de ne pas faire de Seccotine une pin-up, celle-ci se retrouve aussi plate que Queue-de-cerise en 1956. Le dessin hybride d’Elric, plus réaliste ou plus caricatural selon le personnage, est d’ailleurs proche, en moins vigoureux, de celui que Tillieux avait été forcé d’adopter, en pervertissant le sien propre, lors de son arrivée dans Spirou, mais qu’à donc pu pousser Elric à volontairement produire ces formes composites auxquelles Tillieux avait été contraint? Dans le déjà vu, on trouve encore ces paupières demi closes, un tic déjà reproché à Blesteau pour Toupet il y a 30 ans, et un gag (involontaire) lorsque Fantasio exprime son septicisme ironique devant l’intérêt de l’enquête sur la disparitions d’animaux que Seccotine va mener, comme un retour du fait refoulé que Seccotine lui avait damé le pion sur le même sujet dans Le gri-gri du Niokolo Koba. Ceci dit, le fait de se sentir à ce point en terrain connu et balisé n’est pas forcément désagréable, avec un parfum suranné de ce que produisait un artisan des années 60 comme Bob Mau dans ses intrigues policières et campagnardes mâtinées de fantastique de Clary Nett et co. Gare au loup-garou https://www.bedetheque.com/BD-Clary-Net ... 27182.html https://www.lambiek.net/artists/m/mau.htm
Deuxième chapitre de Frnck, caractéristique du duo Olivier Bocquet et Brice Cossu, qu’on pourrait dire construit en planches-séquences, quatre planches sur la mise au point par les personnages du plan qu'ils vont suivre, trois planches de progression dans une grotte, quasi muettes, sur fond noir à bords perdus, une séquence d’action en pur gaufrier de neuf cases de tonalité rouge centrées sur une de tonalité verte, tournant de l’action, un ensemble pensé en séquences structurées par planches. Bien différente est la méthode de Carbone, Sydélia Guirao et Hortense Pien dans Les boutiques fantastiques de la rue Fratastic, où les planches sont plutôt un décor dans lequel se promènent les personnages, c’est même littéral pages 37 et 42-43 du magazine.
Une histoire courte, le cinquième épisode du bimensuel Attila, intitulé Le code, le chef mongol recherchant un système de communication à distance rapide, ce qui donne lieu à des pages où l’abbé s’amuse à illustrer, à coups de corbeaux et d’éléphants voyageurs, l’esprit à la logique en roue libre d’Attila. Le dessin de couverture, une lettre clouée sur le U de Spirou, donne le ton, avec un jeu de mot que je n'ai pas compris, indiquant un "mesage" d'Attila...
Deux pages concernent l’histoire du journal, Manoir à louer qui continue à en explorer l’historique avec un spécial Oubapo de 2019, tandis que la question d’un lecteur dans En direct de la rédac permet de parler du gag de la grève des coloristes en 1994. Le Freuby de Stella Lory et Marc Dubuisson s’est installé sous L’édito, à côté du sommaire, qu’il commente avec son agressivité, les strips de Willy Woob avec cette semaine les titres illustrés de dessins et de graphismes autour du sommeil et de ses onomatopées pourraient être intitulés Le réveil du Z, le feuilleton Dad’s not dead se poursuit avec le gag de Nob débutant un nouvelle série de strips intitulée Tomato and co., sur une famille de tomates, L’épée de bois continue ses gags sur un grand classique du manga shonen, le tournoi, et Marko dans sa Leçon de BD parle de la liberté de dessin de Picasso et des cubistes en omettant de préciser que leur dessin, contrairement à celui d’une BD, n’avait pas à être inséré dans une narration.
En direct du futur annonce une nouvelle série politiquement incorrecte de Pieter De Poortere, auteur de livres pour enfants et, dans son même style rondouillard trompeusement rassurant, les peu correctes aventures de Dickie (dont une seule page a osée être publiée dans Spirou il y a 20 ans), et une publicité annonce une nouvelle série Dupuis, Les utopistes, une énième histoire fantastique jeunesse avec des secrets de famille, qui est donc la tendance actuelle des séries jeunesse.
Le journal se termine sur un gag de Kid Paddle tentant une fois de plus d’aller voir un film d’horreur, ce genre lui étant ce que les revues érotiques sont au petit Spirou, la différence est qu’on n’a pas assez relevé que Kid Paddle est un cinéphile : les films qu’il tente sans cesse de voir sont ceux qui ont été honorés dans les plus grands festivals de genre.