Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Posté : mar. 3 févr. 2026 15:24
Numéro 4579 du 14/01/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/marsupilami-les-coulisses-du-film/
Le Marsupilami en couverture pour la troisième semaine de suite, c’est du jamais vu. Certes, on peut rappeler que Spirou et d’autres personnages ont fait la une à l’époque où le journal publiait des BD en couverture (de 1938 à 1965), on peut arguer qu’il s’agit de représentants d’une même espèce mais d’individus différents, ce qui en langage de fiction signifie des personnages différents, donc un marsupilami et pas LE Marsupilami, mais tout de même, sauf erreur, c’est la première fois de l’histoire du journal qu'un personnage d’apparence similaire occupe trois fois de suite le grand dessin de couverture.
Toutefois, à la différence des deux précédents numéros, le marsupilami n’est pas au centre de la scène, qui est prise par un acteur en train d’être pomponné et filmé par la famille marsupilami, qui sert d’opérateur, de preneur de son, de maquilleur, de clapman (clapiste), cela au milieu de la jungle, qui n’est peut-être qu’un décor car cette couverture annonce les coulisses du film Marsupilami (à qui je souhaite meilleur succès que la précédente adaptation française en film d’un personnage du journal publicisé dans ses pages - je ne parle pas des Smurfs).
On découvre dans deux pages d’interviews et de photos que l’acteur en couverture est aussi le réalisateur du film, et qu’il est « casse-pied de travailler dans un parc d’attraction » (fusse-t-il le parc Astérix), les acteurices qui le font sont-ils donc en manque d’argent, ou y sont-ils obligés par contrat de promotion ? Une histoire en cinq pages dessinée par Batem (et Saive, qui signe mais n’est pas indiqué dans les crédits) et scénarisée par Ced présente la visite du tournage par des représentants de Spirou, outre Batem et Ced, Coline et Alice, de la rédaction, qui ne ressemblent que vaguement à leurs homologues de L’édito...Les Jeux de Mouk se passent sur le tournage de la même scène que celle de la BD, Mouk aurait-il assisté au tournage, ou s’est-il inspiré de la BD ou de photos de tournage ? Que de questions et de suspense ce reportage soulève dès avant la sortie du film…
C’est parallèlement la fin dans le journal de l’aventure du Marsupilami La dernière chasse, une fin attendue où les vrais méchants sont punis (une grande case où le couple de marsupilamis s’unit pour donner le coup de grâce au chasseur par où il a péché, ses yeux hypnotiseurs), où l’enfant chasseuse est évidement rédimée (une case pleine page où les deux enfants, le jeune Chahuta qui va retrouver ses origines et la chasseuse high-tech repentie, se sourient sous une liane où se trouve la famille marsupilami), mais cette fin idyllique est suivie d’une ultime page où l’homme d’affaire à l’origine de cette chasse, frustré par son échec, promet une apocalypse. Les nouveaux scénaristes Kid Toussaint et Ced ont donc doublement récupéré la série en introduisant dès leur première histoire nombre de nouveaux personnages que l’on sera visiblement amené à retrouver, et en mettant un suspense à la fin de l’histoire. L’histoire ayant débuté dans un numéro spécial déjà surchargé, c ’est pour une fois en conclusion de l’histoire qu’est présenté le portrait du dessinateur, sous forme d’une cartographie de son corps, comme Spirou le pratique depuis quelques semaines. Suite de Dina et le Millimonde, où l’on finit l’exploration de ce monde, qui est d’un double exotisme pour le lecteur franco-belge, d’abord par les équivalents plus ou moins fantaisistes de notre monde (cloportes servant de montures, moucherons servant de montures volantes), ensuite parce que ce monde est la réplique miniature d’un village italien du sud (nourriture, vocabulaire, expressions, légendes).
Dans les autres feuilletons, celui intitulé Dad’s not dead, qui vise à faire revenir Nob sur sa décision d’arrêter Dad, continue, avec une interview de Niffle, son éditeur, un strip de Cerq, et une capture d’écran d’une communication avec Nob qui tourne court, et le gag numéro 53 de Manoir à louer a été dessiné spécifiquement pour la nouvelle de l’arrêt de Dad (celui du précédent numéro, non contextuel, était le numéro 33), gag par ailleurs amusant et original du point de vue du lecteur, quant au chaton noir aperçu en haut de page la semaine précédente, il approche maintenant de l’immeuble Spirou.
Le numéro contient une autre histoire complète, le quatrième chapitre d’Attila, de l’abbé (qui numérote donc ses histoires courtes, comme Appollo et Brüno l’ont fait pour leur Lucky Luke), intitulé La forge, et où l’humour consiste toujours en un absurde né d’une impossibilité communicationnelle, les personnages ayant une vision du monde si étroite et fermée qu’elle ne leur permet pas de comprendre leurs interlocuteur. Seul Attila, en tant que chef, a une vision plus large, mais il reste lui aussi enfermé dans ses propres obsessions. Le décor consiste pour plus de la moitié des quatre pages en un mur de flammes, ce qui, outre d’être assez beau, ajoute à la dimension irrationnelle. Inspirés par le film Marsupilami, les Fabrice font un nouvel Édito sur le thème de l’ambition déplacée, Moog et Bernstein jouent sur deux niveaux d’humour avec leur Willy Woob, un graphique, dont leurs beaux titres dessinés chaque fois renouvellés, dans la traditon de ceux du Trombone illustré de Franquin ou de Mutts de Patrick McDonnell, et un verbal, les deux étant parfois brouillés, comme cette semaine dans le strip où les pièces d’un puzzle patate disparaissent à mesure que le chien Kiki le fait, l’interpénétration de ces deux niveaux, chacun naïf pris séparément, en fait une œuvre assez subtile et attachante, et Floris lui joue cette fois sur trois niveaux dans Capitaine Anchois, graphique avec répétition et variations de métamorphoses, anachronique avec un groupe rock au XVIIIe siècle, et absurde avec la double révélation finale ( Polly a confondu ses baguettes pour les percussions avec des baguettes magiques, d’où les métamorphoses, et elle les a prises dans le vestiaire du yoga où elle et une sorcière pratiquent, imagine-t-on).
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/marsupilami-les-coulisses-du-film/
Le Marsupilami en couverture pour la troisième semaine de suite, c’est du jamais vu. Certes, on peut rappeler que Spirou et d’autres personnages ont fait la une à l’époque où le journal publiait des BD en couverture (de 1938 à 1965), on peut arguer qu’il s’agit de représentants d’une même espèce mais d’individus différents, ce qui en langage de fiction signifie des personnages différents, donc un marsupilami et pas LE Marsupilami, mais tout de même, sauf erreur, c’est la première fois de l’histoire du journal qu'un personnage d’apparence similaire occupe trois fois de suite le grand dessin de couverture.
Toutefois, à la différence des deux précédents numéros, le marsupilami n’est pas au centre de la scène, qui est prise par un acteur en train d’être pomponné et filmé par la famille marsupilami, qui sert d’opérateur, de preneur de son, de maquilleur, de clapman (clapiste), cela au milieu de la jungle, qui n’est peut-être qu’un décor car cette couverture annonce les coulisses du film Marsupilami (à qui je souhaite meilleur succès que la précédente adaptation française en film d’un personnage du journal publicisé dans ses pages - je ne parle pas des Smurfs).
On découvre dans deux pages d’interviews et de photos que l’acteur en couverture est aussi le réalisateur du film, et qu’il est « casse-pied de travailler dans un parc d’attraction » (fusse-t-il le parc Astérix), les acteurices qui le font sont-ils donc en manque d’argent, ou y sont-ils obligés par contrat de promotion ? Une histoire en cinq pages dessinée par Batem (et Saive, qui signe mais n’est pas indiqué dans les crédits) et scénarisée par Ced présente la visite du tournage par des représentants de Spirou, outre Batem et Ced, Coline et Alice, de la rédaction, qui ne ressemblent que vaguement à leurs homologues de L’édito...Les Jeux de Mouk se passent sur le tournage de la même scène que celle de la BD, Mouk aurait-il assisté au tournage, ou s’est-il inspiré de la BD ou de photos de tournage ? Que de questions et de suspense ce reportage soulève dès avant la sortie du film…
C’est parallèlement la fin dans le journal de l’aventure du Marsupilami La dernière chasse, une fin attendue où les vrais méchants sont punis (une grande case où le couple de marsupilamis s’unit pour donner le coup de grâce au chasseur par où il a péché, ses yeux hypnotiseurs), où l’enfant chasseuse est évidement rédimée (une case pleine page où les deux enfants, le jeune Chahuta qui va retrouver ses origines et la chasseuse high-tech repentie, se sourient sous une liane où se trouve la famille marsupilami), mais cette fin idyllique est suivie d’une ultime page où l’homme d’affaire à l’origine de cette chasse, frustré par son échec, promet une apocalypse. Les nouveaux scénaristes Kid Toussaint et Ced ont donc doublement récupéré la série en introduisant dès leur première histoire nombre de nouveaux personnages que l’on sera visiblement amené à retrouver, et en mettant un suspense à la fin de l’histoire. L’histoire ayant débuté dans un numéro spécial déjà surchargé, c ’est pour une fois en conclusion de l’histoire qu’est présenté le portrait du dessinateur, sous forme d’une cartographie de son corps, comme Spirou le pratique depuis quelques semaines. Suite de Dina et le Millimonde, où l’on finit l’exploration de ce monde, qui est d’un double exotisme pour le lecteur franco-belge, d’abord par les équivalents plus ou moins fantaisistes de notre monde (cloportes servant de montures, moucherons servant de montures volantes), ensuite parce que ce monde est la réplique miniature d’un village italien du sud (nourriture, vocabulaire, expressions, légendes).
Dans les autres feuilletons, celui intitulé Dad’s not dead, qui vise à faire revenir Nob sur sa décision d’arrêter Dad, continue, avec une interview de Niffle, son éditeur, un strip de Cerq, et une capture d’écran d’une communication avec Nob qui tourne court, et le gag numéro 53 de Manoir à louer a été dessiné spécifiquement pour la nouvelle de l’arrêt de Dad (celui du précédent numéro, non contextuel, était le numéro 33), gag par ailleurs amusant et original du point de vue du lecteur, quant au chaton noir aperçu en haut de page la semaine précédente, il approche maintenant de l’immeuble Spirou.
Le numéro contient une autre histoire complète, le quatrième chapitre d’Attila, de l’abbé (qui numérote donc ses histoires courtes, comme Appollo et Brüno l’ont fait pour leur Lucky Luke), intitulé La forge, et où l’humour consiste toujours en un absurde né d’une impossibilité communicationnelle, les personnages ayant une vision du monde si étroite et fermée qu’elle ne leur permet pas de comprendre leurs interlocuteur. Seul Attila, en tant que chef, a une vision plus large, mais il reste lui aussi enfermé dans ses propres obsessions. Le décor consiste pour plus de la moitié des quatre pages en un mur de flammes, ce qui, outre d’être assez beau, ajoute à la dimension irrationnelle. Inspirés par le film Marsupilami, les Fabrice font un nouvel Édito sur le thème de l’ambition déplacée, Moog et Bernstein jouent sur deux niveaux d’humour avec leur Willy Woob, un graphique, dont leurs beaux titres dessinés chaque fois renouvellés, dans la traditon de ceux du Trombone illustré de Franquin ou de Mutts de Patrick McDonnell, et un verbal, les deux étant parfois brouillés, comme cette semaine dans le strip où les pièces d’un puzzle patate disparaissent à mesure que le chien Kiki le fait, l’interpénétration de ces deux niveaux, chacun naïf pris séparément, en fait une œuvre assez subtile et attachante, et Floris lui joue cette fois sur trois niveaux dans Capitaine Anchois, graphique avec répétition et variations de métamorphoses, anachronique avec un groupe rock au XVIIIe siècle, et absurde avec la double révélation finale ( Polly a confondu ses baguettes pour les percussions avec des baguettes magiques, d’où les métamorphoses, et elle les a prises dans le vestiaire du yoga où elle et une sorcière pratiquent, imagine-t-on).