Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Posté : jeu. 29 janv. 2026 06:07
Numéro 4578 du 07/01/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/frank-pe-une-bete-de-dessin/
Une belle couverture de Frank Pé, qui en avait déjà réalisé de telles, des personnages en gros plan sur un fond blanc, dont une pour une tragédie, l'Hécatombe des animaux (Spirou 2252 en 1981)en 1981 . Celle-ci reprend le même principe de sobriété mais agrémenté de taches de couleurs, ce qui la rend d’autant plus émouvante que ce sera sa dernière, ce numéro étant consacré à cet auteur décédé en novembre dernier. Sur fond d’un mur de classe vétuste se détache le maître d’école de blanc vêtu de La bête, l’histoire de marsupilami de Frank Pé et Zidrou, qui s’apprête, si l’on suit son regard, à colorer son environnement sous le regard complice d’un marsupilami géant que l’on aperçoit par la fenêtre. Cette couverture introduit une histoire courte réalisée entre les deux tomes de la bête, où le maître d’école, alter ego de Franquin pour le physique et de Gaston pour les inventions tarabiscotées, veut rendre le sourire à ses élèves peinés par la disparition du marsupilami avec une « machine à peindre des jeux de cour de récréation ». Au moment de peindre un marsupilami sur les pavés de la cour, la machine, une tondeuse à gazon transformée, s’emballe, telle une invention de Gaston et s’en va peindre la queue infinie le long des rues de la ville, comme le Marsupilami propageant le métomol dans Champignac au début de Le dictateur et le champignon, dans un beau dessin pleine page où la machine quitte l’école situé dans un vieux quartier qu’elle illumine de sa ligne jaune vive pour aller se perdre dans les prémices de la bruxellisation. Sur huit pages, Frank Pé prend la place de s’exprimer avec des planches de trois larges bandes en moyenne, dans son hommage à Franquin (l’histoire lui est dédicacée, avec humour) qui devient un d’autant plus touchant hommage à Frank lui-même. Suivent une nécrologie par Paul Satis, insistant sur ses passions, qu’il liait, du dessin et de la nature, avec de beaux dessins inédits, dont des fresques : Frank aimait dessiner devant un public, ce qu’il décrit comme un spectacle où il « reçoit l’énergie du public ». Un hommage lui est rendu dans L’édito (« Un malheur n’arrive jamais seul » y commente la rédactrice Laure), et dans une page de dessins de plusieurs auteurs dont Dav et Verron, eux aussi dessinateurs animaliers du journal, Moog, le dessinateur de Willy Woob qui rappelle incidement qu’avec L’élan, pour lequel il jouait du petit format du strip, glissé dans les interstices du En direct de la rédaction des années 80, fut aussi un grand formaliste et un grand humoriste. Le Freuby de Gorobei et Deglin, présent depuis quelques semaines dans cette rubrique, reprendra-t-il cette inventivité ? (Je n’identifie pas l’auteurice du crocodile pleurant, il aurait été plus élégant d’indiquer les noms des auteurices des hommages).
L’actuelle rubrique En direct de la rédac prend ses marques, avec un courrier de lecteur et sa réponse illustrée de dessins d’Olivier Saive ou de photos, d’autres dessins, des autres rubriques consacrées aux lecteurs (Strip dont vous êtes le héros, L’abonné de la semaine), des articles de Fantasio et des jeux comme cette semaine 3 infos 2 vraies 1 fausse qui alterne dorénavant la planche ou seulement trois dessins. Les autres pages de rubriques illustrées de ce numéro sont encore une page consacrée aux lecteurices avec les photos résultats d’un concours, la suite des nouvelles concernant l’arrêt ou non de Dad, avec cette fois une interview des enfants de l’auteur, Nob, qui ont réalisé leur propre strip de Dad, de l’annonce dans En direct du futur d’une nouvelle série de Anne-Perrine Coüet et Ami Inintéressant (qui ne poursuivraient donc plus Mauvaise graine après quelques strips parus très sporadiquement l’an dernier) et dont la description la situe entre Zombillénium et Working dead, qui débute sur les réseaux sociaux du journal avant le magazine lui-même. Et à propos de sporadique, on a un gag de Annabelle pirate rebelle, qui était absente du journal depuis trois mois, et de Gary C. Neel, absent lui depuis dix semaines, alors que ces gags paraissent usuellement assez régulièrement. Parce que Cédric Ghorbani, dessinateur de Annabelle, est pris par son Spirou, et Ced, scénariste de Gary C. Neel par son Marsupilami ? Quant aux strips de Brad Rock, ils ont été dessinés en 2023 et 2024. Bref, les strips et gags en une page en réserve sont bien utiles pour boucher des trous dans le journal lorsque la programmation est bouleversée par un évènement imprévu comme cette semaine, évènement pour lequel des Jeux n’ont bien sûr pas pu été préparés, et on a donc des Jeux de réserve parodiques de Sherlock Holmes de Pauline Caster et Tony Émeriau. Précision : ce terme de « en réserve » n’est en rien dépréciatif, il ne s’agit pas de fonds de tiroirs, de telles réserves sont nécessaires pour la production hebdomadaire d’un journal.
Pas de gag de Dad dans le numéro mais on y a les mum’s, c’est ainsi que surnomment leurs mères les enfants qui se perdent systématiquement dans Perdus de Pochep et Lisa Mandel, cette semaine à la fête foraine, où les mum’s sont aussi perdues que leurs enfants, possédées par un jeu d’argent, les auteurices ayant surenchéri sur l’ambiance de la fête foraine pour aboutir à des situations hilarantes par leur absurdité, accentuées par les couleurs hallucinées de Stéphane Chesneau.
Chapitre surprenant dans Marsupilami, qui s’ouvre sur des cases d’une grande violence avec un marsupilami fou de rage qui fait fuir tous les animaux de la jungle, suivi de violence psychologique, où le sympathique chasseur à chemise à fleurs, amoureux de la nature et plein de compassion se révèle un monstre prêt à sacrifier une enfant en la précipitant dans des sables mouvants pour s’approprier le mérite et l’argent de l’exploit d’avoir capturé une femelle et des bébés marsupilamis. Dina, et nous avec, découvre enfin le Millimonde du titre, en l’occurence Villavaligia, une ville minuscule construite de tous les déchets que l’on peut trouver dans une maison, que Dalena représente de plaisante façon avec des vis en guise de piliers et de boutons en fenêtres, sans oublier les inévitables immeubles « canards » de Robert Venturi et Denise Scott Brown, les cafés en cafetière, inévitables aussi pour des gens réduits à la taille d’insectes l’attaque d’un animal minuscule apparaissant géant par la situation, une araignée ici, suivie d’insectes servant de montures volantes.
Enfin, dans les autres gags, Titan inc. parle d’écologie, des points de vue scientifique et politique, Louis dans Capitaine Anchois se retrouve disquaire, au XVIIIe siècle, l’univers farfelu de Floris est tel que l’on en est amusé mais pas choqué, et on a deux pages de gags visuels de Jonathan Munoz et Anne-Claire Thibaut-Jouvray pour L’épée de bois, une de la série de gags et une d’un Tuto dessiné, et c’est Kid Paddle qui clot le journal. Mais s’égarer dans les marges offre une surprise : si on y retrouve bien sûr Spoirou et Fantasperge, avec L’élan de Frank Pé, les pages de celui-ci pour La bête ayant été prévues pour une publication en petit format, il y a dans le magazine au dessus de celles-ci la place pour des dessins de son marsupilami, et enfin, en haut des dernières pages du numéro, le chat de Aude Picault et Lewis Trondheim qui avait été annoncé, comme un ultime hommage à l’animal fétiche de Frank Pé, qui lui a consacré au moins deux albums, un Broussaille et un collectif, Entre chats.
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/frank-pe-une-bete-de-dessin/
Une belle couverture de Frank Pé, qui en avait déjà réalisé de telles, des personnages en gros plan sur un fond blanc, dont une pour une tragédie, l'Hécatombe des animaux (Spirou 2252 en 1981)en 1981 . Celle-ci reprend le même principe de sobriété mais agrémenté de taches de couleurs, ce qui la rend d’autant plus émouvante que ce sera sa dernière, ce numéro étant consacré à cet auteur décédé en novembre dernier. Sur fond d’un mur de classe vétuste se détache le maître d’école de blanc vêtu de La bête, l’histoire de marsupilami de Frank Pé et Zidrou, qui s’apprête, si l’on suit son regard, à colorer son environnement sous le regard complice d’un marsupilami géant que l’on aperçoit par la fenêtre. Cette couverture introduit une histoire courte réalisée entre les deux tomes de la bête, où le maître d’école, alter ego de Franquin pour le physique et de Gaston pour les inventions tarabiscotées, veut rendre le sourire à ses élèves peinés par la disparition du marsupilami avec une « machine à peindre des jeux de cour de récréation ». Au moment de peindre un marsupilami sur les pavés de la cour, la machine, une tondeuse à gazon transformée, s’emballe, telle une invention de Gaston et s’en va peindre la queue infinie le long des rues de la ville, comme le Marsupilami propageant le métomol dans Champignac au début de Le dictateur et le champignon, dans un beau dessin pleine page où la machine quitte l’école situé dans un vieux quartier qu’elle illumine de sa ligne jaune vive pour aller se perdre dans les prémices de la bruxellisation. Sur huit pages, Frank Pé prend la place de s’exprimer avec des planches de trois larges bandes en moyenne, dans son hommage à Franquin (l’histoire lui est dédicacée, avec humour) qui devient un d’autant plus touchant hommage à Frank lui-même. Suivent une nécrologie par Paul Satis, insistant sur ses passions, qu’il liait, du dessin et de la nature, avec de beaux dessins inédits, dont des fresques : Frank aimait dessiner devant un public, ce qu’il décrit comme un spectacle où il « reçoit l’énergie du public ». Un hommage lui est rendu dans L’édito (« Un malheur n’arrive jamais seul » y commente la rédactrice Laure), et dans une page de dessins de plusieurs auteurs dont Dav et Verron, eux aussi dessinateurs animaliers du journal, Moog, le dessinateur de Willy Woob qui rappelle incidement qu’avec L’élan, pour lequel il jouait du petit format du strip, glissé dans les interstices du En direct de la rédaction des années 80, fut aussi un grand formaliste et un grand humoriste. Le Freuby de Gorobei et Deglin, présent depuis quelques semaines dans cette rubrique, reprendra-t-il cette inventivité ? (Je n’identifie pas l’auteurice du crocodile pleurant, il aurait été plus élégant d’indiquer les noms des auteurices des hommages).
L’actuelle rubrique En direct de la rédac prend ses marques, avec un courrier de lecteur et sa réponse illustrée de dessins d’Olivier Saive ou de photos, d’autres dessins, des autres rubriques consacrées aux lecteurs (Strip dont vous êtes le héros, L’abonné de la semaine), des articles de Fantasio et des jeux comme cette semaine 3 infos 2 vraies 1 fausse qui alterne dorénavant la planche ou seulement trois dessins. Les autres pages de rubriques illustrées de ce numéro sont encore une page consacrée aux lecteurices avec les photos résultats d’un concours, la suite des nouvelles concernant l’arrêt ou non de Dad, avec cette fois une interview des enfants de l’auteur, Nob, qui ont réalisé leur propre strip de Dad, de l’annonce dans En direct du futur d’une nouvelle série de Anne-Perrine Coüet et Ami Inintéressant (qui ne poursuivraient donc plus Mauvaise graine après quelques strips parus très sporadiquement l’an dernier) et dont la description la situe entre Zombillénium et Working dead, qui débute sur les réseaux sociaux du journal avant le magazine lui-même. Et à propos de sporadique, on a un gag de Annabelle pirate rebelle, qui était absente du journal depuis trois mois, et de Gary C. Neel, absent lui depuis dix semaines, alors que ces gags paraissent usuellement assez régulièrement. Parce que Cédric Ghorbani, dessinateur de Annabelle, est pris par son Spirou, et Ced, scénariste de Gary C. Neel par son Marsupilami ? Quant aux strips de Brad Rock, ils ont été dessinés en 2023 et 2024. Bref, les strips et gags en une page en réserve sont bien utiles pour boucher des trous dans le journal lorsque la programmation est bouleversée par un évènement imprévu comme cette semaine, évènement pour lequel des Jeux n’ont bien sûr pas pu été préparés, et on a donc des Jeux de réserve parodiques de Sherlock Holmes de Pauline Caster et Tony Émeriau. Précision : ce terme de « en réserve » n’est en rien dépréciatif, il ne s’agit pas de fonds de tiroirs, de telles réserves sont nécessaires pour la production hebdomadaire d’un journal.
Pas de gag de Dad dans le numéro mais on y a les mum’s, c’est ainsi que surnomment leurs mères les enfants qui se perdent systématiquement dans Perdus de Pochep et Lisa Mandel, cette semaine à la fête foraine, où les mum’s sont aussi perdues que leurs enfants, possédées par un jeu d’argent, les auteurices ayant surenchéri sur l’ambiance de la fête foraine pour aboutir à des situations hilarantes par leur absurdité, accentuées par les couleurs hallucinées de Stéphane Chesneau.
Chapitre surprenant dans Marsupilami, qui s’ouvre sur des cases d’une grande violence avec un marsupilami fou de rage qui fait fuir tous les animaux de la jungle, suivi de violence psychologique, où le sympathique chasseur à chemise à fleurs, amoureux de la nature et plein de compassion se révèle un monstre prêt à sacrifier une enfant en la précipitant dans des sables mouvants pour s’approprier le mérite et l’argent de l’exploit d’avoir capturé une femelle et des bébés marsupilamis. Dina, et nous avec, découvre enfin le Millimonde du titre, en l’occurence Villavaligia, une ville minuscule construite de tous les déchets que l’on peut trouver dans une maison, que Dalena représente de plaisante façon avec des vis en guise de piliers et de boutons en fenêtres, sans oublier les inévitables immeubles « canards » de Robert Venturi et Denise Scott Brown, les cafés en cafetière, inévitables aussi pour des gens réduits à la taille d’insectes l’attaque d’un animal minuscule apparaissant géant par la situation, une araignée ici, suivie d’insectes servant de montures volantes.
Enfin, dans les autres gags, Titan inc. parle d’écologie, des points de vue scientifique et politique, Louis dans Capitaine Anchois se retrouve disquaire, au XVIIIe siècle, l’univers farfelu de Floris est tel que l’on en est amusé mais pas choqué, et on a deux pages de gags visuels de Jonathan Munoz et Anne-Claire Thibaut-Jouvray pour L’épée de bois, une de la série de gags et une d’un Tuto dessiné, et c’est Kid Paddle qui clot le journal. Mais s’égarer dans les marges offre une surprise : si on y retrouve bien sûr Spoirou et Fantasperge, avec L’élan de Frank Pé, les pages de celui-ci pour La bête ayant été prévues pour une publication en petit format, il y a dans le magazine au dessus de celles-ci la place pour des dessins de son marsupilami, et enfin, en haut des dernières pages du numéro, le chat de Aude Picault et Lewis Trondheim qui avait été annoncé, comme un ultime hommage à l’animal fétiche de Frank Pé, qui lui a consacré au moins deux albums, un Broussaille et un collectif, Entre chats.