Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Posté : dim. 25 janv. 2026 01:57
Numéro 4575 du 17/12/2025
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/nouvelle-serie-dina- ... illimonde/
Numéro précédent dédié à Noël oblige, c’est dans celui de cette semaine que les séries ayant débuté dans le numéro précédent ont droit à la couverture, Dina et le Millimonde en grand et le Marsupilami en vignette. Dina, la petite héroïne italienne, a de grands yeux et cils à la Bambi, no? Il est vrai que comme un grand nombre de ses collègues compatriotes son dessinateur Antonello Dalena a été formé chez Disney. L’histoire commence très classiquement avec une adolescente qui se plaint d’avoir à passer ses vacances chez sa grand’mère dans un village perdu, mais se réjouit de pouvoir entendre de sa bouche des secrets de famille. On est en terrain connu chez Spirou, avec une héroïne dont les parents sont séparés, comme les sœurs Grémillet et, alors que Mademoiselle J. est à la recherche de sa mère disparue, c’est le père de Dina qui est porté manquant, la différence est qu’ici la disparition a un aspect fantastique, et une histoire sentimentale se profile. Malgré le passif disneyen, qui se voit surtout dans la gestuelle et les expressions des visages pour signifier les personnages, quelques gros nez percent de ci de là, avec même dans le petit village méditerranéen quelques moustachus rappelant les habitants d’un célèbre village gaulois : « un peu le mélange des style Disney et Spirou » (disons gros-nez) raconte Dalena dans Spirou et moi, où il s’est lui-même représenté avec un gros nez, loin de ceux que l’on voit traditionellement dans le FB toutefois. Sa remarque sur le fait que la BD française permette plus de raconter une histoire en profondeur est intéressante, car si ce n’est pas dénué de vérité, je pense que l’Italie a de son côté gardé une production de BD populaire de qualité, dans les traditions de Pratt, Bottaro ou Bonelli. La cuisine, autre fort lien traditionnel entre grand’mère et petits-enfants a aussi une grande importance, et c’est d’ailleurs cet aspect que Garouste a repris pour ses Jeux.
Une autre et inattendue histoire sentimentale mais plus du côté de l’amour libre (qui implique la liberté mais n’exclut pas les authentiques sentiments), au fin fond de la jungle vietnamienne en 1955 chez Mademoiselle J. souligne l’indépendance de cette femme. La course poursuite commencée dans le chapitre précédent continue en camionette, en bateau, en triporteur et en avion, dans la tradition de Tintin ou James Bond, et se termine par une longue scène dialoguée où cette fois Laurent Verron a de manière plus usuelle que dans la précédente varié les plans pour éviter la répétitivité, jouant avec des ombres et des reflets, et inséré des scènes de flash-backs en monochrome gris. On voit le plaisir qu’a eu Laurent Verron à utiliser ses différentes techniques d’encrage (frottage et autres) pour représenter tant les rides d’un fleuve que la pluie tropicale que la poussière sur une route de terre, alternant par ailleurs dessin d’observation pour les animaux ou le corps de Juliette agée de quarante ans et dessin plus caricatural pour des expressions de visages ou d’autres corps. Dans le deuxième chapitre du Marsupilami, la personnalité des cinq chasseurs se révèle, de la classique tueuse de sang froid, pour laquelle se pâme le pathétique Bring M. Backalive, au plus surprenant chasseur qui est finalement connaisseur et amoureux de la faune et de la flore et plein de compassion pour le jeune guide maladroit. L’intervention du marsupilami provoque d’ailleurs la scission de ce groupe de chasseurs si dissemblables, ce qui crée une nouvelle intrigue au-delà de la chasse.
Ce numéro contient aussi une histoire courte dessinée par Annick Masson, dont le dessin inoffensif rappelle celui de Pico Bogue, fait pour illustrer des mots d’enfants qui n’intéressent que leurs parents, mais qui ici illustre un scénario plutôt charmant et bien narré de Carine Barth, des strips amusants de Otaku, qui tiennent sur les personnalités si opposées des deux protagonistes unis par une même passion, de Titan inc., où la météorite apparue avant l’interlude tragique pour le père Noël du numéro de Noël est en fait un vaisseau extra-terrestre avec des ET copies conformes des personnages du navire, au moral plus qu’au physique (les mêmes, version blob), et de bons gags des Fifiches du Proprofesseur, des Gens et inversement, Fish n chips et de l’illustration du Bulletin d’abonnement qui déjouent les attentes. C’est Marko qui répond cette semaine au courrier d’un lecteur et illustre sa réponse, et En direct de la rédac se trouve agrémenté d’un strip de Deglin et Gorobei intitulé Pendant ce temps à la rédac et qui prolonge les gags du réveillon de Noël. Enfin le gag de Dad tourne encore autour de la déprime générale de toute la famille, ce qui augure étrangement pour le numéro suivant, la rubrique La semaine prochaine annonçant Un Noël pas comme les autres pour Dad.
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/nouvelle-serie-dina- ... illimonde/
Numéro précédent dédié à Noël oblige, c’est dans celui de cette semaine que les séries ayant débuté dans le numéro précédent ont droit à la couverture, Dina et le Millimonde en grand et le Marsupilami en vignette. Dina, la petite héroïne italienne, a de grands yeux et cils à la Bambi, no? Il est vrai que comme un grand nombre de ses collègues compatriotes son dessinateur Antonello Dalena a été formé chez Disney. L’histoire commence très classiquement avec une adolescente qui se plaint d’avoir à passer ses vacances chez sa grand’mère dans un village perdu, mais se réjouit de pouvoir entendre de sa bouche des secrets de famille. On est en terrain connu chez Spirou, avec une héroïne dont les parents sont séparés, comme les sœurs Grémillet et, alors que Mademoiselle J. est à la recherche de sa mère disparue, c’est le père de Dina qui est porté manquant, la différence est qu’ici la disparition a un aspect fantastique, et une histoire sentimentale se profile. Malgré le passif disneyen, qui se voit surtout dans la gestuelle et les expressions des visages pour signifier les personnages, quelques gros nez percent de ci de là, avec même dans le petit village méditerranéen quelques moustachus rappelant les habitants d’un célèbre village gaulois : « un peu le mélange des style Disney et Spirou » (disons gros-nez) raconte Dalena dans Spirou et moi, où il s’est lui-même représenté avec un gros nez, loin de ceux que l’on voit traditionellement dans le FB toutefois. Sa remarque sur le fait que la BD française permette plus de raconter une histoire en profondeur est intéressante, car si ce n’est pas dénué de vérité, je pense que l’Italie a de son côté gardé une production de BD populaire de qualité, dans les traditions de Pratt, Bottaro ou Bonelli. La cuisine, autre fort lien traditionnel entre grand’mère et petits-enfants a aussi une grande importance, et c’est d’ailleurs cet aspect que Garouste a repris pour ses Jeux.
Une autre et inattendue histoire sentimentale mais plus du côté de l’amour libre (qui implique la liberté mais n’exclut pas les authentiques sentiments), au fin fond de la jungle vietnamienne en 1955 chez Mademoiselle J. souligne l’indépendance de cette femme. La course poursuite commencée dans le chapitre précédent continue en camionette, en bateau, en triporteur et en avion, dans la tradition de Tintin ou James Bond, et se termine par une longue scène dialoguée où cette fois Laurent Verron a de manière plus usuelle que dans la précédente varié les plans pour éviter la répétitivité, jouant avec des ombres et des reflets, et inséré des scènes de flash-backs en monochrome gris. On voit le plaisir qu’a eu Laurent Verron à utiliser ses différentes techniques d’encrage (frottage et autres) pour représenter tant les rides d’un fleuve que la pluie tropicale que la poussière sur une route de terre, alternant par ailleurs dessin d’observation pour les animaux ou le corps de Juliette agée de quarante ans et dessin plus caricatural pour des expressions de visages ou d’autres corps. Dans le deuxième chapitre du Marsupilami, la personnalité des cinq chasseurs se révèle, de la classique tueuse de sang froid, pour laquelle se pâme le pathétique Bring M. Backalive, au plus surprenant chasseur qui est finalement connaisseur et amoureux de la faune et de la flore et plein de compassion pour le jeune guide maladroit. L’intervention du marsupilami provoque d’ailleurs la scission de ce groupe de chasseurs si dissemblables, ce qui crée une nouvelle intrigue au-delà de la chasse.
Ce numéro contient aussi une histoire courte dessinée par Annick Masson, dont le dessin inoffensif rappelle celui de Pico Bogue, fait pour illustrer des mots d’enfants qui n’intéressent que leurs parents, mais qui ici illustre un scénario plutôt charmant et bien narré de Carine Barth, des strips amusants de Otaku, qui tiennent sur les personnalités si opposées des deux protagonistes unis par une même passion, de Titan inc., où la météorite apparue avant l’interlude tragique pour le père Noël du numéro de Noël est en fait un vaisseau extra-terrestre avec des ET copies conformes des personnages du navire, au moral plus qu’au physique (les mêmes, version blob), et de bons gags des Fifiches du Proprofesseur, des Gens et inversement, Fish n chips et de l’illustration du Bulletin d’abonnement qui déjouent les attentes. C’est Marko qui répond cette semaine au courrier d’un lecteur et illustre sa réponse, et En direct de la rédac se trouve agrémenté d’un strip de Deglin et Gorobei intitulé Pendant ce temps à la rédac et qui prolonge les gags du réveillon de Noël. Enfin le gag de Dad tourne encore autour de la déprime générale de toute la famille, ce qui augure étrangement pour le numéro suivant, la rubrique La semaine prochaine annonçant Un Noël pas comme les autres pour Dad.