Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
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heijingling
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Numéro 4575 du 17/12/2025
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/nouvelle-serie-dina- ... illimonde/
Numéro précédent dédié à Noël oblige, c’est dans celui de cette semaine que les séries ayant débuté dans le numéro précédent ont droit à la couverture, Dina et le Millimonde en grand et le Marsupilami en vignette. Dina, la petite héroïne italienne, a de grands yeux et cils à la Bambi, no? Il est vrai que comme un grand nombre de ses collègues compatriotes son dessinateur Antonello Dalena a été formé chez Disney. L’histoire commence très classiquement avec une adolescente qui se plaint d’avoir à passer ses vacances chez sa grand’mère dans un village perdu, mais se réjouit de pouvoir entendre de sa bouche des secrets de famille. On est en terrain connu chez Spirou, avec une héroïne dont les parents sont séparés, comme les sœurs Grémillet et, alors que Mademoiselle J. est à la recherche de sa mère disparue, c’est le père de Dina qui est porté manquant, la différence est qu’ici la disparition a un aspect fantastique, et une histoire sentimentale se profile. Malgré le passif disneyen, qui se voit surtout dans la gestuelle et les expressions des visages pour signifier les personnages, quelques gros nez percent de ci de là, avec même dans le petit village méditerranéen quelques moustachus rappelant les habitants d’un célèbre village gaulois : « un peu le mélange des style Disney et Spirou » (disons gros-nez) raconte Dalena dans Spirou et moi, où il s’est lui-même représenté avec un gros nez, loin de ceux que l’on voit traditionellement dans le FB toutefois. Sa remarque sur le fait que la BD française permette plus de raconter une histoire en profondeur est intéressante, car si ce n’est pas dénué de vérité, je pense que l’Italie a de son côté gardé une production de BD populaire de qualité, dans les traditions de Pratt, Bottaro ou Bonelli. La cuisine, autre fort lien traditionnel entre grand’mère et petits-enfants a aussi une grande importance, et c’est d’ailleurs cet aspect que Garouste a repris pour ses Jeux.
Une autre et inattendue histoire sentimentale mais plus du côté de l’amour libre (qui implique la liberté mais n’exclut pas les authentiques sentiments), au fin fond de la jungle vietnamienne en 1955 chez Mademoiselle J. souligne l’indépendance de cette femme. La course poursuite commencée dans le chapitre précédent continue en camionette, en bateau, en triporteur et en avion, dans la tradition de Tintin ou James Bond, et se termine par une longue scène dialoguée où cette fois Laurent Verron a de manière plus usuelle que dans la précédente varié les plans pour éviter la répétitivité, jouant avec des ombres et des reflets, et inséré des scènes de flash-backs en monochrome gris. On voit le plaisir qu’a eu Laurent Verron à utiliser ses différentes techniques d’encrage (frottage et autres) pour représenter tant les rides d’un fleuve que la pluie tropicale que la poussière sur une route de terre, alternant par ailleurs dessin d’observation pour les animaux ou le corps de Juliette agée de quarante ans et dessin plus caricatural pour des expressions de visages ou d’autres corps. Dans le deuxième chapitre du Marsupilami, la personnalité des cinq chasseurs se révèle, de la classique tueuse de sang froid, pour laquelle se pâme le pathétique Bring M. Backalive, au plus surprenant chasseur qui est finalement connaisseur et amoureux de la faune et de la flore et plein de compassion pour le jeune guide maladroit. L’intervention du marsupilami provoque d’ailleurs la scission de ce groupe de chasseurs si dissemblables, ce qui crée une nouvelle intrigue au-delà de la chasse.
Ce numéro contient aussi une histoire courte dessinée par Annick Masson, dont le dessin inoffensif rappelle celui de Pico Bogue, fait pour illustrer des mots d’enfants qui n’intéressent que leurs parents, mais qui ici illustre un scénario plutôt charmant et bien narré de Carine Barth, des strips amusants de Otaku, qui tiennent sur les personnalités si opposées des deux protagonistes unis par une même passion, de Titan inc., où la météorite apparue avant l’interlude tragique pour le père Noël du numéro de Noël est en fait un vaisseau extra-terrestre avec des ET copies conformes des personnages du navire, au moral plus qu’au physique (les mêmes, version blob), et de bons gags des Fifiches du Proprofesseur, des Gens et inversement, Fish n chips et de l’illustration du Bulletin d’abonnement qui déjouent les attentes. C’est Marko qui répond cette semaine au courrier d’un lecteur et illustre sa réponse, et En direct de la rédac se trouve agrémenté d’un strip de Deglin et Gorobei intitulé Pendant ce temps à la rédac et qui prolonge les gags du réveillon de Noël. Enfin le gag de Dad tourne encore autour de la déprime générale de toute la famille, ce qui augure étrangement pour le numéro suivant, la rubrique La semaine prochaine annonçant Un Noël pas comme les autres pour Dad.
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/nouvelle-serie-dina- ... illimonde/
Numéro précédent dédié à Noël oblige, c’est dans celui de cette semaine que les séries ayant débuté dans le numéro précédent ont droit à la couverture, Dina et le Millimonde en grand et le Marsupilami en vignette. Dina, la petite héroïne italienne, a de grands yeux et cils à la Bambi, no? Il est vrai que comme un grand nombre de ses collègues compatriotes son dessinateur Antonello Dalena a été formé chez Disney. L’histoire commence très classiquement avec une adolescente qui se plaint d’avoir à passer ses vacances chez sa grand’mère dans un village perdu, mais se réjouit de pouvoir entendre de sa bouche des secrets de famille. On est en terrain connu chez Spirou, avec une héroïne dont les parents sont séparés, comme les sœurs Grémillet et, alors que Mademoiselle J. est à la recherche de sa mère disparue, c’est le père de Dina qui est porté manquant, la différence est qu’ici la disparition a un aspect fantastique, et une histoire sentimentale se profile. Malgré le passif disneyen, qui se voit surtout dans la gestuelle et les expressions des visages pour signifier les personnages, quelques gros nez percent de ci de là, avec même dans le petit village méditerranéen quelques moustachus rappelant les habitants d’un célèbre village gaulois : « un peu le mélange des style Disney et Spirou » (disons gros-nez) raconte Dalena dans Spirou et moi, où il s’est lui-même représenté avec un gros nez, loin de ceux que l’on voit traditionellement dans le FB toutefois. Sa remarque sur le fait que la BD française permette plus de raconter une histoire en profondeur est intéressante, car si ce n’est pas dénué de vérité, je pense que l’Italie a de son côté gardé une production de BD populaire de qualité, dans les traditions de Pratt, Bottaro ou Bonelli. La cuisine, autre fort lien traditionnel entre grand’mère et petits-enfants a aussi une grande importance, et c’est d’ailleurs cet aspect que Garouste a repris pour ses Jeux.
Une autre et inattendue histoire sentimentale mais plus du côté de l’amour libre (qui implique la liberté mais n’exclut pas les authentiques sentiments), au fin fond de la jungle vietnamienne en 1955 chez Mademoiselle J. souligne l’indépendance de cette femme. La course poursuite commencée dans le chapitre précédent continue en camionette, en bateau, en triporteur et en avion, dans la tradition de Tintin ou James Bond, et se termine par une longue scène dialoguée où cette fois Laurent Verron a de manière plus usuelle que dans la précédente varié les plans pour éviter la répétitivité, jouant avec des ombres et des reflets, et inséré des scènes de flash-backs en monochrome gris. On voit le plaisir qu’a eu Laurent Verron à utiliser ses différentes techniques d’encrage (frottage et autres) pour représenter tant les rides d’un fleuve que la pluie tropicale que la poussière sur une route de terre, alternant par ailleurs dessin d’observation pour les animaux ou le corps de Juliette agée de quarante ans et dessin plus caricatural pour des expressions de visages ou d’autres corps. Dans le deuxième chapitre du Marsupilami, la personnalité des cinq chasseurs se révèle, de la classique tueuse de sang froid, pour laquelle se pâme le pathétique Bring M. Backalive, au plus surprenant chasseur qui est finalement connaisseur et amoureux de la faune et de la flore et plein de compassion pour le jeune guide maladroit. L’intervention du marsupilami provoque d’ailleurs la scission de ce groupe de chasseurs si dissemblables, ce qui crée une nouvelle intrigue au-delà de la chasse.
Ce numéro contient aussi une histoire courte dessinée par Annick Masson, dont le dessin inoffensif rappelle celui de Pico Bogue, fait pour illustrer des mots d’enfants qui n’intéressent que leurs parents, mais qui ici illustre un scénario plutôt charmant et bien narré de Carine Barth, des strips amusants de Otaku, qui tiennent sur les personnalités si opposées des deux protagonistes unis par une même passion, de Titan inc., où la météorite apparue avant l’interlude tragique pour le père Noël du numéro de Noël est en fait un vaisseau extra-terrestre avec des ET copies conformes des personnages du navire, au moral plus qu’au physique (les mêmes, version blob), et de bons gags des Fifiches du Proprofesseur, des Gens et inversement, Fish n chips et de l’illustration du Bulletin d’abonnement qui déjouent les attentes. C’est Marko qui répond cette semaine au courrier d’un lecteur et illustre sa réponse, et En direct de la rédac se trouve agrémenté d’un strip de Deglin et Gorobei intitulé Pendant ce temps à la rédac et qui prolonge les gags du réveillon de Noël. Enfin le gag de Dad tourne encore autour de la déprime générale de toute la famille, ce qui augure étrangement pour le numéro suivant, la rubrique La semaine prochaine annonçant Un Noël pas comme les autres pour Dad.
" Monólogo significa el mono que habla solo." Ramón Gómez de la Serna dans ses Greguerías.
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heijingling
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Numéro 4576 du 24/12/2025
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/ca-sent-le-sapin-pour-dad/
Deuxième couverture du mois sur le thème de Noël, avec la famille de Dad sous forme de figurines de décoration entre guirlandes et boules, et un intriguant jeu de mots, « ça sent le sapin pour Dad », dont l’explication vient dans l’interview de ce numéro involontairement spécial Dad : Nob annonce que, pour faire une pause nécessaire, il arrête Dad. Les trois gags répartis dans ce numéro seront donc a priori les derniers, et peuvent être lus comme une conclusion : Ondine réussit enfin à former un groupe de rock, avec ses sœurs plutôt qu’avec ses amies, et invite Dad à en être le chanteur, ce dont il rêvait ; Bébérénice n’est plus un bébé, puisqu’elle sait écrire ; et Dad accepte de vieillir, et la liberté que cela peut donner, après une rencontre avec Mamette, l’autre personnage emblématique de Nob, comme une façon d’achever un cycle de vie. Cette annonce est l’occasion d’une rétrospective en deux pages de jolis moments, commentés par un Dad ému, mais c’est d’abord bien entendu un drame, à commencer pour Dad lui-même, qui en quatre dessins illustrant l’entretien avec son créateur passe de la stupéfaction au désespoir à l’opposition et à la tentative de négociation, ce que Nob exclue fermement. Puis pour la rédaction de Spirou, qui tente de faire revenir Nob sur sa décision en faisant un appel aux lecteurs, leur demandant de lui écrire avec des arguments et en faisant nombre. L’importance de l’affaire est telle que cet appel est représenté sous forme d’une affichette collée dans l’urgence sur le gag de Game over, illisible de ce fait. Les Jeux de Mickaël Brunet sont une réunion de la plupart des personnages à l’occasion de Noël. Cette affaire est aussi bien sûr La malédiction de la page 13 de ce numéro, mais enfin et surtout, c’est l’occasion pour des auteurs d’exprimer leurs réactions sous forme de gags en demi page réalisées comme un tac au tac. Cela commence avec Jousselin qui reprend son personnage naïf déphasé de L’atelier Mastodonte, puis Gally avec le libraire d’Animal lecteur , Lewis Trondheim puis Dab’s, qui donnent une leçon de jardinage à Nob (Trondheim est dans l’erreur, c’est Dab’s qui est plus proche de la distance nécessaire entre deux pieds de tomates), Mathilde Domecq, Obion, Stella Lory et Marc Dubuisson, Soulcié, et Feroumont, opportunistes, (comme les Fabrice dans leur Édito) et Lisa Mandel chargée d’une mission par le rédac’chef. Le titre général a beau être Very Dad Trip, la mise en page, la forme narrative et certains auteurices sont celleux de L’atelier Mastodonte, et c’est une réussite dans l’esprit, la diversité des réactions et l’humour, au point qu‘on aimerait tous que d’autres séries vendeuses telles que Lady S, Largo Winch, XIII ou Michel Vaillant, pas ou plus publiées dans Spirou (heureusement) mais néanmoins par Dupuis (elles sont vendeuses) fassent ou refassent une apparition le temps d’annoncer leur disparition pour susciter de nouveau un tel feu d’artifice.
Après ce gros morceau, restent dans ce numéro Manoir à louer, qui n’est pas consacré à cet évènement mais à Johan et Pirlouit, que la vampire trouve trop aseptisés, dans une vision du moyen-âge qui date d’avant Michelet (les auteurs pourraient mettre leur documentation à jour), la troisième histoire courte d’Attila par l’abbé, cette fois basée sur un jeu de mots sur la confusion entre différentes armes, le fléau de dieu, la faux de la mort et l’épée de combat, ainsi qu’une page de Willy Woob sans thème particulier pour une fois, la suite de Titan inc. avec les E.T., la Pause cartoon, En direct de la rédac et Game over, et un bon gag sur Noël de Cromheecke et Thiriet pour le Bon d’abonnement.
Dans les (à suivre), avant-dernier chapitre de Mademoiselle J., où la quête personnelle de celle-ci rejoint enfin sa mission de sauvetage d’orphelins métis. Dans la suite du Marsupilami, l’énigmatique chasseur écologiste révèle avoir des pouvoirs quasi magiques, qui lui permettent d’endormir n’importe quel animal en quelques instants, tandis que le jeune guide soi-disant indien qui lui ne connaissait rien à la jungle a soudain sa fibre protectrice de l’environnement qui s’éveille, dans une vision plus new-age que scientifique, dans une parodie des fameux moments Disney où les personnages s’expriment en chanson. Enfin Dina et le Millimonde bascule à la fois dans l’aventure et dans le fantastique, qui n’était jusque là que légende.
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/ca-sent-le-sapin-pour-dad/
Deuxième couverture du mois sur le thème de Noël, avec la famille de Dad sous forme de figurines de décoration entre guirlandes et boules, et un intriguant jeu de mots, « ça sent le sapin pour Dad », dont l’explication vient dans l’interview de ce numéro involontairement spécial Dad : Nob annonce que, pour faire une pause nécessaire, il arrête Dad. Les trois gags répartis dans ce numéro seront donc a priori les derniers, et peuvent être lus comme une conclusion : Ondine réussit enfin à former un groupe de rock, avec ses sœurs plutôt qu’avec ses amies, et invite Dad à en être le chanteur, ce dont il rêvait ; Bébérénice n’est plus un bébé, puisqu’elle sait écrire ; et Dad accepte de vieillir, et la liberté que cela peut donner, après une rencontre avec Mamette, l’autre personnage emblématique de Nob, comme une façon d’achever un cycle de vie. Cette annonce est l’occasion d’une rétrospective en deux pages de jolis moments, commentés par un Dad ému, mais c’est d’abord bien entendu un drame, à commencer pour Dad lui-même, qui en quatre dessins illustrant l’entretien avec son créateur passe de la stupéfaction au désespoir à l’opposition et à la tentative de négociation, ce que Nob exclue fermement. Puis pour la rédaction de Spirou, qui tente de faire revenir Nob sur sa décision en faisant un appel aux lecteurs, leur demandant de lui écrire avec des arguments et en faisant nombre. L’importance de l’affaire est telle que cet appel est représenté sous forme d’une affichette collée dans l’urgence sur le gag de Game over, illisible de ce fait. Les Jeux de Mickaël Brunet sont une réunion de la plupart des personnages à l’occasion de Noël. Cette affaire est aussi bien sûr La malédiction de la page 13 de ce numéro, mais enfin et surtout, c’est l’occasion pour des auteurs d’exprimer leurs réactions sous forme de gags en demi page réalisées comme un tac au tac. Cela commence avec Jousselin qui reprend son personnage naïf déphasé de L’atelier Mastodonte, puis Gally avec le libraire d’Animal lecteur , Lewis Trondheim puis Dab’s, qui donnent une leçon de jardinage à Nob (Trondheim est dans l’erreur, c’est Dab’s qui est plus proche de la distance nécessaire entre deux pieds de tomates), Mathilde Domecq, Obion, Stella Lory et Marc Dubuisson, Soulcié, et Feroumont, opportunistes, (comme les Fabrice dans leur Édito) et Lisa Mandel chargée d’une mission par le rédac’chef. Le titre général a beau être Very Dad Trip, la mise en page, la forme narrative et certains auteurices sont celleux de L’atelier Mastodonte, et c’est une réussite dans l’esprit, la diversité des réactions et l’humour, au point qu‘on aimerait tous que d’autres séries vendeuses telles que Lady S, Largo Winch, XIII ou Michel Vaillant, pas ou plus publiées dans Spirou (heureusement) mais néanmoins par Dupuis (elles sont vendeuses) fassent ou refassent une apparition le temps d’annoncer leur disparition pour susciter de nouveau un tel feu d’artifice.
Après ce gros morceau, restent dans ce numéro Manoir à louer, qui n’est pas consacré à cet évènement mais à Johan et Pirlouit, que la vampire trouve trop aseptisés, dans une vision du moyen-âge qui date d’avant Michelet (les auteurs pourraient mettre leur documentation à jour), la troisième histoire courte d’Attila par l’abbé, cette fois basée sur un jeu de mots sur la confusion entre différentes armes, le fléau de dieu, la faux de la mort et l’épée de combat, ainsi qu’une page de Willy Woob sans thème particulier pour une fois, la suite de Titan inc. avec les E.T., la Pause cartoon, En direct de la rédac et Game over, et un bon gag sur Noël de Cromheecke et Thiriet pour le Bon d’abonnement.
Dans les (à suivre), avant-dernier chapitre de Mademoiselle J., où la quête personnelle de celle-ci rejoint enfin sa mission de sauvetage d’orphelins métis. Dans la suite du Marsupilami, l’énigmatique chasseur écologiste révèle avoir des pouvoirs quasi magiques, qui lui permettent d’endormir n’importe quel animal en quelques instants, tandis que le jeune guide soi-disant indien qui lui ne connaissait rien à la jungle a soudain sa fibre protectrice de l’environnement qui s’éveille, dans une vision plus new-age que scientifique, dans une parodie des fameux moments Disney où les personnages s’expriment en chanson. Enfin Dina et le Millimonde bascule à la fois dans l’aventure et dans le fantastique, qui n’était jusque là que légende.
" Monólogo significa el mono que habla solo." Ramón Gómez de la Serna dans ses Greguerías.
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heijingling
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Numéro 4577 du 31/12/2025
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/bonne-annee-2/
En couverture, Spirou et Fantasio souhaitent une bonne année la main sur les bijoux de la couronne qu’est le Marsupilami pour le journal, dessinés par Munuera qui revient de temps en temps à eux depuis près de 20 ans qu’il n’est plus le dessinateur de la série, tout en n’ayant jamais cessé de tourner autour, avec sa série Zorglub ou l’une ou l’autre histoire courte du Marsupilami ou de Spirou. La particularité de celle-ci, outre d’être très courte (deux pages), est de mettre en valeur le Marsupilami pour que Goum, Lapuss’ et Boriau la prolongent par une histoire courte où celui-ci vole la vedette au duo de héros. Si le dessin de Goum privilégie la dynamique, celui de Munuera, qui a bien évolué depuis ses débuts comme dessinateur de Spirou, privilégie désormais la nonchalance*, heureuse coïncidence de deux qualités qui ensemble caractérisent l’animal. Quant à l’histoire elle-même, que Munuera a scénarisée et dessinée avec aux couleurs Sedyas, son coloriste habituel, son titre est trompeur. Intitulée « Spirou et Fantasio accueillent le réveillon des héros du journal », elle ne porte que sur la préparation du réveillon, matinée d’une histoire comico-policière sur laquelle embrayent Goum, Lapuss’ et Boriau, préparation qui est finalement le thème du numéro : chaque héros invité tente d’aller au réveillon sans y parvenir. Cela commence par la série cette semaine en page 2, qui n’est plus Manoir à louer, l’absence de Dad en dernière page bouleversant l’ordre d’apparition dans les pages. Cela commence donc par Titan inc., dont seul le capitaine est invité. Je n’imaginais pas Spirou et Fantasio si à cheval sur le respect des hiérarchies. Suivent Les sœurs Grémillet, qui font le mur pour y aller, dans un gag en une page où Barbucci les dessine dans un style plus relaché, plus manga (elles sont si déformées pour exprimer la surprise dans l’avant dernière case qu’elles en sont méconnaisables). Un dessin léger pour une histoire plus légère qu’à l’ordinaire. Les personnages des Fifiches du Proprofesseur et Des gens et inversement sont empêchés d’y aller pour des raisons de logistique, mais la palme de la persévérance revient aux poissons de Fish n chips qui sont parvenus à quitter leur océan pour se retrouver coincés devant chez Spirou et Fantasio. Mentions spéciales à Bertschy dont les strips de Nelson forment une historiette de deux pages et à Moog et Bernstein qui en quatre strips de Willy Woob parviennent à faire référence de façon originale et amusante à Gaston Lagaffe, au Fantasio de La mauvaise tête et à la turbotraction. Psychotine d’une part et Spip par Dav dans son registre animalier se préparent chacun à sa façon, mais le plat de résistance est l’histoire des Cavaliers de l’apocadyspe, qui n’auront jamais aussi bien mérité leur titre que dans cette histoire où ils se dépassent encore pour finir par mettre involontairement et sans s’en apercevoir la ville pratiquement à feu et à sang (à feu tout du moins) en cherchant l’adresse de la soirée de Spirou et Fantasio sans la trouver. Libon à son meilleur avec sa technique du gag en deux temps (la catastrophe se propageant en ville) que le medium BD permet au mieux d’exprimer. Seuls deux séries de gags n’ont pas été conviées. D’abord Manoir à louer, ses personnages étant lecteurs de Spirou dans leur propre univers fictionnel, ils ne peuvent en être des personnages, enfin, la surprise de la dernière page, Crapule, absent depuis longtemps, qui s’incruste dans un autre réveillon dans une planche de Jean-Luc Deglin à l’esthétique osée pour une dernière page de magazine, en noir et blanc agrémenté d’ombrages de bleu. Le réveillon a finalement enfin lieu dans les Jeux de Renaud Collin, avec de nombreux personnages, dont ceux de Manoir à louer, ce qui met mon postulat en échec, et une surprenante Yoko Tsuno vêtue de la tenue uniforme qu’elle n’avait plus portée depuis ses débuts, ainsi qu’un surprenant intérieur de la maison de Spirou et Fantasio, décorée d’étranges reproductions de tableaux de maîtres (pas assez riches pour en avoir d’authentiques), entre un Picasso et un Mondrian, des mélanges de Damien Hirst et Jasper Johns, et Karel Appel et Willem de Kooning, et j’y apprends par Lucky Luke et Natacha que Picasso a fait de l’abstrait…
Suite de Dina et le Millimonde dans une séquence en sépia, procédé classique pour représenter le passé, généralement du début du XXe siècle, par analogie avec les photos en sépia de l’époque. La technique serait ici un peu abusive puisqu’il s’agit d’expliquer des évènements ayant eu lieu durant les années 70, où les photos couleurs étaient devenues la norme, si la coloriste Cecilia Giumento n’avait illuminé ce sépia de touches colorées, jolie façon de signifier un passé relativement récent. Suite de La dernière chasse, où les deux chasseurs les plus improbables du quintet, la gamine techno et l’écolo réussissent l’exploit de capturer la mère marsupilamie et deux de ses enfants. Enfin, dernier chapitre de Mademoiselle J., où celle-ci, selon le titre de l’histoire, connaît enfin « le bonheur de dire maman ». Le contexte géopolitique de l’histoire aurait donné lieu à de l’humour cynique il y a quelques années lorsque Laurent Verron officiait avec Yann, mais maintenant que les sœurs de Amantes de la croix ont remplacé le père Odilon Verjus, le dessinateur et son scénariste ont décidé de se tourner vers la compassion. La façon dont Juliette a croisé dans cet épisode, chaque fois par un « incroyable hasard », des personnages rencontrés lors des épisodes précédents et qui viennent à point nommé lui sauver la mise peut être vu comme une lassante facilité scénaristique mais, compassion oblige, je préfère le voir comme une rétrospective de sa vie, où les rencontres humaines ont été si importantes, proche en cela de Yoko Tsuno et, elle a beau être reporter, elle reste aussi plus proche de Tintin que de Jeannette Pointu (comme chez Tintin, l’histoire fait de plus un album de 62 pages). Ce sera a priori la dernière histoire de Mademoiselle J., puisque l’oncle Paul les raconte de dix ans en dix ans, et celle-ci se passant en 1955 est censée être narrée en 1960 mais, on l’a vu avec Manoir à louer, la BD peut se jouer de ses paradoxes.
Pour le reste, on trouve les résolutions des Fabrice pour la nouvelle année, ainsi que celle, très drôle, d’un lecteur dans l’illustration du Bon d’abonnement, et une coïncidence éditoriale faisant gag, la publication dans La leçon de BD d’une planche réalisée il y a plus de quarante ans par un enfant futur auteur de BD, et dans Spirou et moi un dessin réalisé il y a près de trente ans par l’auteur Simon Mitteault encore enfant. Enfin, dqns lq suite de "L'affaire Dad", des opinions d’auteurs protestant contre l’arrêt de Dad, un entretien avec Antonio Barbucci, un strip de Cerq et un dessin des Fabrice.
*L'exigeant admirateur de l'oeuvre de Herman Melville et le lecteur généralement a priori dubitatif que je suis devant les adaptations littéraires en BD conseille la version qu'a faite Munuera de Bartleby.
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/bonne-annee-2/
En couverture, Spirou et Fantasio souhaitent une bonne année la main sur les bijoux de la couronne qu’est le Marsupilami pour le journal, dessinés par Munuera qui revient de temps en temps à eux depuis près de 20 ans qu’il n’est plus le dessinateur de la série, tout en n’ayant jamais cessé de tourner autour, avec sa série Zorglub ou l’une ou l’autre histoire courte du Marsupilami ou de Spirou. La particularité de celle-ci, outre d’être très courte (deux pages), est de mettre en valeur le Marsupilami pour que Goum, Lapuss’ et Boriau la prolongent par une histoire courte où celui-ci vole la vedette au duo de héros. Si le dessin de Goum privilégie la dynamique, celui de Munuera, qui a bien évolué depuis ses débuts comme dessinateur de Spirou, privilégie désormais la nonchalance*, heureuse coïncidence de deux qualités qui ensemble caractérisent l’animal. Quant à l’histoire elle-même, que Munuera a scénarisée et dessinée avec aux couleurs Sedyas, son coloriste habituel, son titre est trompeur. Intitulée « Spirou et Fantasio accueillent le réveillon des héros du journal », elle ne porte que sur la préparation du réveillon, matinée d’une histoire comico-policière sur laquelle embrayent Goum, Lapuss’ et Boriau, préparation qui est finalement le thème du numéro : chaque héros invité tente d’aller au réveillon sans y parvenir. Cela commence par la série cette semaine en page 2, qui n’est plus Manoir à louer, l’absence de Dad en dernière page bouleversant l’ordre d’apparition dans les pages. Cela commence donc par Titan inc., dont seul le capitaine est invité. Je n’imaginais pas Spirou et Fantasio si à cheval sur le respect des hiérarchies. Suivent Les sœurs Grémillet, qui font le mur pour y aller, dans un gag en une page où Barbucci les dessine dans un style plus relaché, plus manga (elles sont si déformées pour exprimer la surprise dans l’avant dernière case qu’elles en sont méconnaisables). Un dessin léger pour une histoire plus légère qu’à l’ordinaire. Les personnages des Fifiches du Proprofesseur et Des gens et inversement sont empêchés d’y aller pour des raisons de logistique, mais la palme de la persévérance revient aux poissons de Fish n chips qui sont parvenus à quitter leur océan pour se retrouver coincés devant chez Spirou et Fantasio. Mentions spéciales à Bertschy dont les strips de Nelson forment une historiette de deux pages et à Moog et Bernstein qui en quatre strips de Willy Woob parviennent à faire référence de façon originale et amusante à Gaston Lagaffe, au Fantasio de La mauvaise tête et à la turbotraction. Psychotine d’une part et Spip par Dav dans son registre animalier se préparent chacun à sa façon, mais le plat de résistance est l’histoire des Cavaliers de l’apocadyspe, qui n’auront jamais aussi bien mérité leur titre que dans cette histoire où ils se dépassent encore pour finir par mettre involontairement et sans s’en apercevoir la ville pratiquement à feu et à sang (à feu tout du moins) en cherchant l’adresse de la soirée de Spirou et Fantasio sans la trouver. Libon à son meilleur avec sa technique du gag en deux temps (la catastrophe se propageant en ville) que le medium BD permet au mieux d’exprimer. Seuls deux séries de gags n’ont pas été conviées. D’abord Manoir à louer, ses personnages étant lecteurs de Spirou dans leur propre univers fictionnel, ils ne peuvent en être des personnages, enfin, la surprise de la dernière page, Crapule, absent depuis longtemps, qui s’incruste dans un autre réveillon dans une planche de Jean-Luc Deglin à l’esthétique osée pour une dernière page de magazine, en noir et blanc agrémenté d’ombrages de bleu. Le réveillon a finalement enfin lieu dans les Jeux de Renaud Collin, avec de nombreux personnages, dont ceux de Manoir à louer, ce qui met mon postulat en échec, et une surprenante Yoko Tsuno vêtue de la tenue uniforme qu’elle n’avait plus portée depuis ses débuts, ainsi qu’un surprenant intérieur de la maison de Spirou et Fantasio, décorée d’étranges reproductions de tableaux de maîtres (pas assez riches pour en avoir d’authentiques), entre un Picasso et un Mondrian, des mélanges de Damien Hirst et Jasper Johns, et Karel Appel et Willem de Kooning, et j’y apprends par Lucky Luke et Natacha que Picasso a fait de l’abstrait…
Suite de Dina et le Millimonde dans une séquence en sépia, procédé classique pour représenter le passé, généralement du début du XXe siècle, par analogie avec les photos en sépia de l’époque. La technique serait ici un peu abusive puisqu’il s’agit d’expliquer des évènements ayant eu lieu durant les années 70, où les photos couleurs étaient devenues la norme, si la coloriste Cecilia Giumento n’avait illuminé ce sépia de touches colorées, jolie façon de signifier un passé relativement récent. Suite de La dernière chasse, où les deux chasseurs les plus improbables du quintet, la gamine techno et l’écolo réussissent l’exploit de capturer la mère marsupilamie et deux de ses enfants. Enfin, dernier chapitre de Mademoiselle J., où celle-ci, selon le titre de l’histoire, connaît enfin « le bonheur de dire maman ». Le contexte géopolitique de l’histoire aurait donné lieu à de l’humour cynique il y a quelques années lorsque Laurent Verron officiait avec Yann, mais maintenant que les sœurs de Amantes de la croix ont remplacé le père Odilon Verjus, le dessinateur et son scénariste ont décidé de se tourner vers la compassion. La façon dont Juliette a croisé dans cet épisode, chaque fois par un « incroyable hasard », des personnages rencontrés lors des épisodes précédents et qui viennent à point nommé lui sauver la mise peut être vu comme une lassante facilité scénaristique mais, compassion oblige, je préfère le voir comme une rétrospective de sa vie, où les rencontres humaines ont été si importantes, proche en cela de Yoko Tsuno et, elle a beau être reporter, elle reste aussi plus proche de Tintin que de Jeannette Pointu (comme chez Tintin, l’histoire fait de plus un album de 62 pages). Ce sera a priori la dernière histoire de Mademoiselle J., puisque l’oncle Paul les raconte de dix ans en dix ans, et celle-ci se passant en 1955 est censée être narrée en 1960 mais, on l’a vu avec Manoir à louer, la BD peut se jouer de ses paradoxes.
Pour le reste, on trouve les résolutions des Fabrice pour la nouvelle année, ainsi que celle, très drôle, d’un lecteur dans l’illustration du Bon d’abonnement, et une coïncidence éditoriale faisant gag, la publication dans La leçon de BD d’une planche réalisée il y a plus de quarante ans par un enfant futur auteur de BD, et dans Spirou et moi un dessin réalisé il y a près de trente ans par l’auteur Simon Mitteault encore enfant. Enfin, dqns lq suite de "L'affaire Dad", des opinions d’auteurs protestant contre l’arrêt de Dad, un entretien avec Antonio Barbucci, un strip de Cerq et un dessin des Fabrice.
*L'exigeant admirateur de l'oeuvre de Herman Melville et le lecteur généralement a priori dubitatif que je suis devant les adaptations littéraires en BD conseille la version qu'a faite Munuera de Bartleby.
" Monólogo significa el mono que habla solo." Ramón Gómez de la Serna dans ses Greguerías.
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heijingling
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Numéro 4578 du 07/01/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/frank-pe-une-bete-de-dessin/
Une belle couverture de Frank Pé, qui en avait déjà réalisé de telles, des personnages en gros plan sur un fond blanc, dont une pour une tragédie, l'Hécatombe des animaux (Spirou 2252 en 1981)en 1981 . Celle-ci reprend le même principe de sobriété mais agrémenté de taches de couleurs, ce qui la rend d’autant plus émouvante que ce sera sa dernière, ce numéro étant consacré à cet auteur décédé en novembre dernier. Sur fond d’un mur de classe vétuste se détache le maître d’école de blanc vêtu de La bête, l’histoire de marsupilami de Frank Pé et Zidrou, qui s’apprête, si l’on suit son regard, à colorer son environnement sous le regard complice d’un marsupilami géant que l’on aperçoit par la fenêtre. Cette couverture introduit une histoire courte réalisée entre les deux tomes de la bête, où le maître d’école, alter ego de Franquin pour le physique et de Gaston pour les inventions tarabiscotées, veut rendre le sourire à ses élèves peinés par la disparition du marsupilami avec une « machine à peindre des jeux de cour de récréation ». Au moment de peindre un marsupilami sur les pavés de la cour, la machine, une tondeuse à gazon transformée, s’emballe, telle une invention de Gaston et s’en va peindre la queue infinie le long des rues de la ville, comme le Marsupilami propageant le métomol dans Champignac au début de Le dictateur et le champignon, dans un beau dessin pleine page où la machine quitte l’école situé dans un vieux quartier qu’elle illumine de sa ligne jaune vive pour aller se perdre dans les prémices de la bruxellisation. Sur huit pages, Frank Pé prend la place de s’exprimer avec des planches de trois larges bandes en moyenne, dans son hommage à Franquin (l’histoire lui est dédicacée, avec humour) qui devient un d’autant plus touchant hommage à Frank lui-même. Suivent une nécrologie par Paul Satis, insistant sur ses passions, qu’il liait, du dessin et de la nature, avec de beaux dessins inédits, dont des fresques : Frank aimait dessiner devant un public, ce qu’il décrit comme un spectacle où il « reçoit l’énergie du public ». Un hommage lui est rendu dans L’édito (« Un malheur n’arrive jamais seul » y commente la rédactrice Laure), et dans une page de dessins de plusieurs auteurs dont Dav et Verron, eux aussi dessinateurs animaliers du journal, Moog, le dessinateur de Willy Woob qui rappelle incidement qu’avec L’élan, pour lequel il jouait du petit format du strip, glissé dans les interstices du En direct de la rédaction des années 80, fut aussi un grand formaliste et un grand humoriste. Le Freuby de Gorobei et Deglin, présent depuis quelques semaines dans cette rubrique, reprendra-t-il cette inventivité ? (Je n’identifie pas l’auteurice du crocodile pleurant, il aurait été plus élégant d’indiquer les noms des auteurices des hommages).
L’actuelle rubrique En direct de la rédac prend ses marques, avec un courrier de lecteur et sa réponse illustrée de dessins d’Olivier Saive ou de photos, d’autres dessins, des autres rubriques consacrées aux lecteurs (Strip dont vous êtes le héros, L’abonné de la semaine), des articles de Fantasio et des jeux comme cette semaine 3 infos 2 vraies 1 fausse qui alterne dorénavant la planche ou seulement trois dessins. Les autres pages de rubriques illustrées de ce numéro sont encore une page consacrée aux lecteurices avec les photos résultats d’un concours, la suite des nouvelles concernant l’arrêt ou non de Dad, avec cette fois une interview des enfants de l’auteur, Nob, qui ont réalisé leur propre strip de Dad, de l’annonce dans En direct du futur d’une nouvelle série de Anne-Perrine Coüet et Ami Inintéressant (qui ne poursuivraient donc plus Mauvaise graine après quelques strips parus très sporadiquement l’an dernier) et dont la description la situe entre Zombillénium et Working dead, qui débute sur les réseaux sociaux du journal avant le magazine lui-même. Et à propos de sporadique, on a un gag de Annabelle pirate rebelle, qui était absente du journal depuis trois mois, et de Gary C. Neel, absent lui depuis dix semaines, alors que ces gags paraissent usuellement assez régulièrement. Parce que Cédric Ghorbani, dessinateur de Annabelle, est pris par son Spirou, et Ced, scénariste de Gary C. Neel par son Marsupilami ? Quant aux strips de Brad Rock, ils ont été dessinés en 2023 et 2024. Bref, les strips et gags en une page en réserve sont bien utiles pour boucher des trous dans le journal lorsque la programmation est bouleversée par un évènement imprévu comme cette semaine, évènement pour lequel des Jeux n’ont bien sûr pas pu été préparés, et on a donc des Jeux de réserve parodiques de Sherlock Holmes de Pauline Caster et Tony Émeriau. Précision : ce terme de « en réserve » n’est en rien dépréciatif, il ne s’agit pas de fonds de tiroirs, de telles réserves sont nécessaires pour la production hebdomadaire d’un journal.
Pas de gag de Dad dans le numéro mais on y a les mum’s, c’est ainsi que surnomment leurs mères les enfants qui se perdent systématiquement dans Perdus de Pochep et Lisa Mandel, cette semaine à la fête foraine, où les mum’s sont aussi perdues que leurs enfants, possédées par un jeu d’argent, les auteurices ayant surenchéri sur l’ambiance de la fête foraine pour aboutir à des situations hilarantes par leur absurdité, accentuées par les couleurs hallucinées de Stéphane Chesneau.
Chapitre surprenant dans Marsupilami, qui s’ouvre sur des cases d’une grande violence avec un marsupilami fou de rage qui fait fuir tous les animaux de la jungle, suivi de violence psychologique, où le sympathique chasseur à chemise à fleurs, amoureux de la nature et plein de compassion se révèle un monstre prêt à sacrifier une enfant en la précipitant dans des sables mouvants pour s’approprier le mérite et l’argent de l’exploit d’avoir capturé une femelle et des bébés marsupilamis. Dina, et nous avec, découvre enfin le Millimonde du titre, en l’occurence Villavaligia, une ville minuscule construite de tous les déchets que l’on peut trouver dans une maison, que Dalena représente de plaisante façon avec des vis en guise de piliers et de boutons en fenêtres, sans oublier les inévitables immeubles « canards » de Robert Venturi et Denise Scott Brown, les cafés en cafetière, inévitables aussi pour des gens réduits à la taille d’insectes l’attaque d’un animal minuscule apparaissant géant par la situation, une araignée ici, suivie d’insectes servant de montures volantes.
Enfin, dans les autres gags, Titan inc. parle d’écologie, des points de vue scientifique et politique, Louis dans Capitaine Anchois se retrouve disquaire, au XVIIIe siècle, l’univers farfelu de Floris est tel que l’on en est amusé mais pas choqué, et on a deux pages de gags visuels de Jonathan Munoz et Anne-Claire Thibaut-Jouvray pour L’épée de bois, une de la série de gags et une d’un Tuto dessiné, et c’est Kid Paddle qui clot le journal. Mais s’égarer dans les marges offre une surprise : si on y retrouve bien sûr Spoirou et Fantasperge, avec L’élan de Frank Pé, les pages de celui-ci pour La bête ayant été prévues pour une publication en petit format, il y a dans le magazine au dessus de celles-ci la place pour des dessins de son marsupilami, et enfin, en haut des dernières pages du numéro, le chat de Aude Picault et Lewis Trondheim qui avait été annoncé, comme un ultime hommage à l’animal fétiche de Frank Pé, qui lui a consacré au moins deux albums, un Broussaille et un collectif, Entre chats.
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/frank-pe-une-bete-de-dessin/
Une belle couverture de Frank Pé, qui en avait déjà réalisé de telles, des personnages en gros plan sur un fond blanc, dont une pour une tragédie, l'Hécatombe des animaux (Spirou 2252 en 1981)en 1981 . Celle-ci reprend le même principe de sobriété mais agrémenté de taches de couleurs, ce qui la rend d’autant plus émouvante que ce sera sa dernière, ce numéro étant consacré à cet auteur décédé en novembre dernier. Sur fond d’un mur de classe vétuste se détache le maître d’école de blanc vêtu de La bête, l’histoire de marsupilami de Frank Pé et Zidrou, qui s’apprête, si l’on suit son regard, à colorer son environnement sous le regard complice d’un marsupilami géant que l’on aperçoit par la fenêtre. Cette couverture introduit une histoire courte réalisée entre les deux tomes de la bête, où le maître d’école, alter ego de Franquin pour le physique et de Gaston pour les inventions tarabiscotées, veut rendre le sourire à ses élèves peinés par la disparition du marsupilami avec une « machine à peindre des jeux de cour de récréation ». Au moment de peindre un marsupilami sur les pavés de la cour, la machine, une tondeuse à gazon transformée, s’emballe, telle une invention de Gaston et s’en va peindre la queue infinie le long des rues de la ville, comme le Marsupilami propageant le métomol dans Champignac au début de Le dictateur et le champignon, dans un beau dessin pleine page où la machine quitte l’école situé dans un vieux quartier qu’elle illumine de sa ligne jaune vive pour aller se perdre dans les prémices de la bruxellisation. Sur huit pages, Frank Pé prend la place de s’exprimer avec des planches de trois larges bandes en moyenne, dans son hommage à Franquin (l’histoire lui est dédicacée, avec humour) qui devient un d’autant plus touchant hommage à Frank lui-même. Suivent une nécrologie par Paul Satis, insistant sur ses passions, qu’il liait, du dessin et de la nature, avec de beaux dessins inédits, dont des fresques : Frank aimait dessiner devant un public, ce qu’il décrit comme un spectacle où il « reçoit l’énergie du public ». Un hommage lui est rendu dans L’édito (« Un malheur n’arrive jamais seul » y commente la rédactrice Laure), et dans une page de dessins de plusieurs auteurs dont Dav et Verron, eux aussi dessinateurs animaliers du journal, Moog, le dessinateur de Willy Woob qui rappelle incidement qu’avec L’élan, pour lequel il jouait du petit format du strip, glissé dans les interstices du En direct de la rédaction des années 80, fut aussi un grand formaliste et un grand humoriste. Le Freuby de Gorobei et Deglin, présent depuis quelques semaines dans cette rubrique, reprendra-t-il cette inventivité ? (Je n’identifie pas l’auteurice du crocodile pleurant, il aurait été plus élégant d’indiquer les noms des auteurices des hommages).
L’actuelle rubrique En direct de la rédac prend ses marques, avec un courrier de lecteur et sa réponse illustrée de dessins d’Olivier Saive ou de photos, d’autres dessins, des autres rubriques consacrées aux lecteurs (Strip dont vous êtes le héros, L’abonné de la semaine), des articles de Fantasio et des jeux comme cette semaine 3 infos 2 vraies 1 fausse qui alterne dorénavant la planche ou seulement trois dessins. Les autres pages de rubriques illustrées de ce numéro sont encore une page consacrée aux lecteurices avec les photos résultats d’un concours, la suite des nouvelles concernant l’arrêt ou non de Dad, avec cette fois une interview des enfants de l’auteur, Nob, qui ont réalisé leur propre strip de Dad, de l’annonce dans En direct du futur d’une nouvelle série de Anne-Perrine Coüet et Ami Inintéressant (qui ne poursuivraient donc plus Mauvaise graine après quelques strips parus très sporadiquement l’an dernier) et dont la description la situe entre Zombillénium et Working dead, qui débute sur les réseaux sociaux du journal avant le magazine lui-même. Et à propos de sporadique, on a un gag de Annabelle pirate rebelle, qui était absente du journal depuis trois mois, et de Gary C. Neel, absent lui depuis dix semaines, alors que ces gags paraissent usuellement assez régulièrement. Parce que Cédric Ghorbani, dessinateur de Annabelle, est pris par son Spirou, et Ced, scénariste de Gary C. Neel par son Marsupilami ? Quant aux strips de Brad Rock, ils ont été dessinés en 2023 et 2024. Bref, les strips et gags en une page en réserve sont bien utiles pour boucher des trous dans le journal lorsque la programmation est bouleversée par un évènement imprévu comme cette semaine, évènement pour lequel des Jeux n’ont bien sûr pas pu été préparés, et on a donc des Jeux de réserve parodiques de Sherlock Holmes de Pauline Caster et Tony Émeriau. Précision : ce terme de « en réserve » n’est en rien dépréciatif, il ne s’agit pas de fonds de tiroirs, de telles réserves sont nécessaires pour la production hebdomadaire d’un journal.
Pas de gag de Dad dans le numéro mais on y a les mum’s, c’est ainsi que surnomment leurs mères les enfants qui se perdent systématiquement dans Perdus de Pochep et Lisa Mandel, cette semaine à la fête foraine, où les mum’s sont aussi perdues que leurs enfants, possédées par un jeu d’argent, les auteurices ayant surenchéri sur l’ambiance de la fête foraine pour aboutir à des situations hilarantes par leur absurdité, accentuées par les couleurs hallucinées de Stéphane Chesneau.
Chapitre surprenant dans Marsupilami, qui s’ouvre sur des cases d’une grande violence avec un marsupilami fou de rage qui fait fuir tous les animaux de la jungle, suivi de violence psychologique, où le sympathique chasseur à chemise à fleurs, amoureux de la nature et plein de compassion se révèle un monstre prêt à sacrifier une enfant en la précipitant dans des sables mouvants pour s’approprier le mérite et l’argent de l’exploit d’avoir capturé une femelle et des bébés marsupilamis. Dina, et nous avec, découvre enfin le Millimonde du titre, en l’occurence Villavaligia, une ville minuscule construite de tous les déchets que l’on peut trouver dans une maison, que Dalena représente de plaisante façon avec des vis en guise de piliers et de boutons en fenêtres, sans oublier les inévitables immeubles « canards » de Robert Venturi et Denise Scott Brown, les cafés en cafetière, inévitables aussi pour des gens réduits à la taille d’insectes l’attaque d’un animal minuscule apparaissant géant par la situation, une araignée ici, suivie d’insectes servant de montures volantes.
Enfin, dans les autres gags, Titan inc. parle d’écologie, des points de vue scientifique et politique, Louis dans Capitaine Anchois se retrouve disquaire, au XVIIIe siècle, l’univers farfelu de Floris est tel que l’on en est amusé mais pas choqué, et on a deux pages de gags visuels de Jonathan Munoz et Anne-Claire Thibaut-Jouvray pour L’épée de bois, une de la série de gags et une d’un Tuto dessiné, et c’est Kid Paddle qui clot le journal. Mais s’égarer dans les marges offre une surprise : si on y retrouve bien sûr Spoirou et Fantasperge, avec L’élan de Frank Pé, les pages de celui-ci pour La bête ayant été prévues pour une publication en petit format, il y a dans le magazine au dessus de celles-ci la place pour des dessins de son marsupilami, et enfin, en haut des dernières pages du numéro, le chat de Aude Picault et Lewis Trondheim qui avait été annoncé, comme un ultime hommage à l’animal fétiche de Frank Pé, qui lui a consacré au moins deux albums, un Broussaille et un collectif, Entre chats.
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Merci pour les précieuses mises à jour des publications du Journal, Heijingling
!
Je n'ai pas encore eu l'occasion de me rendre à l'Alliance Française de Buenos Aires pour leur demander de se procurer les derniers numéros.
Les informations et vos opinions me donnent un aperçu précis de ce qui se passe sur les pages
...
Je n'ai pas encore eu l'occasion de me rendre à l'Alliance Française de Buenos Aires pour leur demander de se procurer les derniers numéros.
Les informations et vos opinions me donnent un aperçu précis de ce qui se passe sur les pages
Mesdamas et les chevalieros: Pardonnez-muá mon francés !
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heijingling
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Numéro 4579 du 14/01/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/marsupilami-les-coulisses-du-film/
Le Marsupilami en couverture pour la troisième semaine de suite, c’est du jamais vu. Certes, on peut rappeler que Spirou et d’autres personnages ont fait la une à l’époque où le journal publiait des BD en couverture (de 1938 à 1965), on peut arguer qu’il s’agit de représentants d’une même espèce mais d’individus différents, ce qui en langage de fiction signifie des personnages différents, donc un marsupilami et pas LE Marsupilami, mais tout de même, sauf erreur, c’est la première fois de l’histoire du journal qu'un personnage d’apparence similaire occupe trois fois de suite le grand dessin de couverture.
Toutefois, à la différence des deux précédents numéros, le marsupilami n’est pas au centre de la scène, qui est prise par un acteur en train d’être pomponné et filmé par la famille marsupilami, qui sert d’opérateur, de preneur de son, de maquilleur, de clapman (clapiste), cela au milieu de la jungle, qui n’est peut-être qu’un décor car cette couverture annonce les coulisses du film Marsupilami (à qui je souhaite meilleur succès que la précédente adaptation française en film d’un personnage du journal publicisé dans ses pages - je ne parle pas des Smurfs).
On découvre dans deux pages d’interviews et de photos que l’acteur en couverture est aussi le réalisateur du film, et qu’il est « casse-pied de travailler dans un parc d’attraction » (fusse-t-il le parc Astérix), les acteurices qui le font sont-ils donc en manque d’argent, ou y sont-ils obligés par contrat de promotion ? Une histoire en cinq pages dessinée par Batem (et Saive, qui signe mais n’est pas indiqué dans les crédits) et scénarisée par Ced présente la visite du tournage par des représentants de Spirou, outre Batem et Ced, Coline et Alice, de la rédaction, qui ne ressemblent que vaguement à leurs homologues de L’édito...Les Jeux de Mouk se passent sur le tournage de la même scène que celle de la BD, Mouk aurait-il assisté au tournage, ou s’est-il inspiré de la BD ou de photos de tournage ? Que de questions et de suspense ce reportage soulève dès avant la sortie du film…
C’est parallèlement la fin dans le journal de l’aventure du Marsupilami La dernière chasse, une fin attendue où les vrais méchants sont punis (une grande case où le couple de marsupilamis s’unit pour donner le coup de grâce au chasseur par où il a péché, ses yeux hypnotiseurs), où l’enfant chasseuse est évidement rédimée (une case pleine page où les deux enfants, le jeune Chahuta qui va retrouver ses origines et la chasseuse high-tech repentie, se sourient sous une liane où se trouve la famille marsupilami), mais cette fin idyllique est suivie d’une ultime page où l’homme d’affaire à l’origine de cette chasse, frustré par son échec, promet une apocalypse. Les nouveaux scénaristes Kid Toussaint et Ced ont donc doublement récupéré la série en introduisant dès leur première histoire nombre de nouveaux personnages que l’on sera visiblement amené à retrouver, et en mettant un suspense à la fin de l’histoire. L’histoire ayant débuté dans un numéro spécial déjà surchargé, c ’est pour une fois en conclusion de l’histoire qu’est présenté le portrait du dessinateur, sous forme d’une cartographie de son corps, comme Spirou le pratique depuis quelques semaines. Suite de Dina et le Millimonde, où l’on finit l’exploration de ce monde, qui est d’un double exotisme pour le lecteur franco-belge, d’abord par les équivalents plus ou moins fantaisistes de notre monde (cloportes servant de montures, moucherons servant de montures volantes), ensuite parce que ce monde est la réplique miniature d’un village italien du sud (nourriture, vocabulaire, expressions, légendes).
Dans les autres feuilletons, celui intitulé Dad’s not dead, qui vise à faire revenir Nob sur sa décision d’arrêter Dad, continue, avec une interview de Niffle, son éditeur, un strip de Cerq, et une capture d’écran d’une communication avec Nob qui tourne court, et le gag numéro 53 de Manoir à louer a été dessiné spécifiquement pour la nouvelle de l’arrêt de Dad (celui du précédent numéro, non contextuel, était le numéro 33), gag par ailleurs amusant et original du point de vue du lecteur, quant au chaton noir aperçu en haut de page la semaine précédente, il approche maintenant de l’immeuble Spirou.
Le numéro contient une autre histoire complète, le quatrième chapitre d’Attila, de l’abbé (qui numérote donc ses histoires courtes, comme Appollo et Brüno l’ont fait pour leur Lucky Luke), intitulé La forge, et où l’humour consiste toujours en un absurde né d’une impossibilité communicationnelle, les personnages ayant une vision du monde si étroite et fermée qu’elle ne leur permet pas de comprendre leurs interlocuteur. Seul Attila, en tant que chef, a une vision plus large, mais il reste lui aussi enfermé dans ses propres obsessions. Le décor consiste pour plus de la moitié des quatre pages en un mur de flammes, ce qui, outre d’être assez beau, ajoute à la dimension irrationnelle. Inspirés par le film Marsupilami, les Fabrice font un nouvel Édito sur le thème de l’ambition déplacée, Moog et Bernstein jouent sur deux niveaux d’humour avec leur Willy Woob, un graphique, dont leurs beaux titres dessinés chaque fois renouvellés, dans la traditon de ceux du Trombone illustré de Franquin ou de Mutts de Patrick McDonnell, et un verbal, les deux étant parfois brouillés, comme cette semaine dans le strip où les pièces d’un puzzle patate disparaissent à mesure que le chien Kiki le fait, l’interpénétration de ces deux niveaux, chacun naïf pris séparément, en fait une œuvre assez subtile et attachante, et Floris lui joue cette fois sur trois niveaux dans Capitaine Anchois, graphique avec répétition et variations de métamorphoses, anachronique avec un groupe rock au XVIIIe siècle, et absurde avec la double révélation finale ( Polly a confondu ses baguettes pour les percussions avec des baguettes magiques, d’où les métamorphoses, et elle les a prises dans le vestiaire du yoga où elle et une sorcière pratiquent, imagine-t-on).
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/marsupilami-les-coulisses-du-film/
Le Marsupilami en couverture pour la troisième semaine de suite, c’est du jamais vu. Certes, on peut rappeler que Spirou et d’autres personnages ont fait la une à l’époque où le journal publiait des BD en couverture (de 1938 à 1965), on peut arguer qu’il s’agit de représentants d’une même espèce mais d’individus différents, ce qui en langage de fiction signifie des personnages différents, donc un marsupilami et pas LE Marsupilami, mais tout de même, sauf erreur, c’est la première fois de l’histoire du journal qu'un personnage d’apparence similaire occupe trois fois de suite le grand dessin de couverture.
Toutefois, à la différence des deux précédents numéros, le marsupilami n’est pas au centre de la scène, qui est prise par un acteur en train d’être pomponné et filmé par la famille marsupilami, qui sert d’opérateur, de preneur de son, de maquilleur, de clapman (clapiste), cela au milieu de la jungle, qui n’est peut-être qu’un décor car cette couverture annonce les coulisses du film Marsupilami (à qui je souhaite meilleur succès que la précédente adaptation française en film d’un personnage du journal publicisé dans ses pages - je ne parle pas des Smurfs).
On découvre dans deux pages d’interviews et de photos que l’acteur en couverture est aussi le réalisateur du film, et qu’il est « casse-pied de travailler dans un parc d’attraction » (fusse-t-il le parc Astérix), les acteurices qui le font sont-ils donc en manque d’argent, ou y sont-ils obligés par contrat de promotion ? Une histoire en cinq pages dessinée par Batem (et Saive, qui signe mais n’est pas indiqué dans les crédits) et scénarisée par Ced présente la visite du tournage par des représentants de Spirou, outre Batem et Ced, Coline et Alice, de la rédaction, qui ne ressemblent que vaguement à leurs homologues de L’édito...Les Jeux de Mouk se passent sur le tournage de la même scène que celle de la BD, Mouk aurait-il assisté au tournage, ou s’est-il inspiré de la BD ou de photos de tournage ? Que de questions et de suspense ce reportage soulève dès avant la sortie du film…
C’est parallèlement la fin dans le journal de l’aventure du Marsupilami La dernière chasse, une fin attendue où les vrais méchants sont punis (une grande case où le couple de marsupilamis s’unit pour donner le coup de grâce au chasseur par où il a péché, ses yeux hypnotiseurs), où l’enfant chasseuse est évidement rédimée (une case pleine page où les deux enfants, le jeune Chahuta qui va retrouver ses origines et la chasseuse high-tech repentie, se sourient sous une liane où se trouve la famille marsupilami), mais cette fin idyllique est suivie d’une ultime page où l’homme d’affaire à l’origine de cette chasse, frustré par son échec, promet une apocalypse. Les nouveaux scénaristes Kid Toussaint et Ced ont donc doublement récupéré la série en introduisant dès leur première histoire nombre de nouveaux personnages que l’on sera visiblement amené à retrouver, et en mettant un suspense à la fin de l’histoire. L’histoire ayant débuté dans un numéro spécial déjà surchargé, c ’est pour une fois en conclusion de l’histoire qu’est présenté le portrait du dessinateur, sous forme d’une cartographie de son corps, comme Spirou le pratique depuis quelques semaines. Suite de Dina et le Millimonde, où l’on finit l’exploration de ce monde, qui est d’un double exotisme pour le lecteur franco-belge, d’abord par les équivalents plus ou moins fantaisistes de notre monde (cloportes servant de montures, moucherons servant de montures volantes), ensuite parce que ce monde est la réplique miniature d’un village italien du sud (nourriture, vocabulaire, expressions, légendes).
Dans les autres feuilletons, celui intitulé Dad’s not dead, qui vise à faire revenir Nob sur sa décision d’arrêter Dad, continue, avec une interview de Niffle, son éditeur, un strip de Cerq, et une capture d’écran d’une communication avec Nob qui tourne court, et le gag numéro 53 de Manoir à louer a été dessiné spécifiquement pour la nouvelle de l’arrêt de Dad (celui du précédent numéro, non contextuel, était le numéro 33), gag par ailleurs amusant et original du point de vue du lecteur, quant au chaton noir aperçu en haut de page la semaine précédente, il approche maintenant de l’immeuble Spirou.
Le numéro contient une autre histoire complète, le quatrième chapitre d’Attila, de l’abbé (qui numérote donc ses histoires courtes, comme Appollo et Brüno l’ont fait pour leur Lucky Luke), intitulé La forge, et où l’humour consiste toujours en un absurde né d’une impossibilité communicationnelle, les personnages ayant une vision du monde si étroite et fermée qu’elle ne leur permet pas de comprendre leurs interlocuteur. Seul Attila, en tant que chef, a une vision plus large, mais il reste lui aussi enfermé dans ses propres obsessions. Le décor consiste pour plus de la moitié des quatre pages en un mur de flammes, ce qui, outre d’être assez beau, ajoute à la dimension irrationnelle. Inspirés par le film Marsupilami, les Fabrice font un nouvel Édito sur le thème de l’ambition déplacée, Moog et Bernstein jouent sur deux niveaux d’humour avec leur Willy Woob, un graphique, dont leurs beaux titres dessinés chaque fois renouvellés, dans la traditon de ceux du Trombone illustré de Franquin ou de Mutts de Patrick McDonnell, et un verbal, les deux étant parfois brouillés, comme cette semaine dans le strip où les pièces d’un puzzle patate disparaissent à mesure que le chien Kiki le fait, l’interpénétration de ces deux niveaux, chacun naïf pris séparément, en fait une œuvre assez subtile et attachante, et Floris lui joue cette fois sur trois niveaux dans Capitaine Anchois, graphique avec répétition et variations de métamorphoses, anachronique avec un groupe rock au XVIIIe siècle, et absurde avec la double révélation finale ( Polly a confondu ses baguettes pour les percussions avec des baguettes magiques, d’où les métamorphoses, et elle les a prises dans le vestiaire du yoga où elle et une sorcière pratiquent, imagine-t-on).
" Monólogo significa el mono que habla solo." Ramón Gómez de la Serna dans ses Greguerías.
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heijingling
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Numéro 4580 du 21/01/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/nouvelle-serie-les-b ... fracastic/
Un récit complet de Spirou et Fantasio est indiqué en couverture, il s’agit d’un récit surprise à plusieurs titres, parce qu’il n’avait pas été annoncé, et parce qu’il s’agit encore d’un nouvel auteur, du moins nouveau chez Spirou, car Danier est un pseudonyme de Daan Jippes, auteur néerlandais né en 1945 (faible possibilité que ces quatre planches soient un essai en vu d’une éventuelle reprise...) célèbre chez lui mais peu connu du lectorat francophone en regard de son importante production, le fait qu’il ait beaucoup oeuvré pour Disney n’aidant pas à une connaissance précoce de son nom. Son âge et son parcours expliquent que ce récit soit ce qu’on appelle désormais un « Spirou classique », cette Histoire sans distinction ressortit aux histoires courtes purement comiques que Franquin et Marcel Denis produisaient au tournant des années 60, le Marsupilami y tenant souvent une place importante, mais les comiques involontaires sont ici Spirou et Fantasio qui jouent au jokari (jeu populaire des années 50-70, pratiqué par eux et Gaston à l’époque) dont l’agitation provoque l’ire de Spip, l’histoire étant vue par son personnage ronchon, casanier et dérangé dans son sommeil, comme Fournier l’avait fait : Danier se situe donc dans une tradition bien établie, d’où le titre de l’histoire, mais il est toutefois modeste dans son titre car les mimiques outrées qu’il donne à tous les personnages donne un ton très personnel à l'ensemble. Ses couleurs et décors de son habituel collaborateur Gerben Valkema, bien plus jeune que lui, sont par contre on ne peut plus traditionnels.
Il y a deux autres histoires courtes de quatre pages dans le numéro, ce qui est un bon ratio. D’abord un nouvel épisode de Perdus de Lisa Mandel et Pochep. À l’inverse de certains gags à parution aléatoire, les histoires courtes de Perdus semblent revenir dorénavant, comme Attila, avec une grande régularité, toutes les deux semaines. Frédul et Flicorne sont cette fois perdus à l’hôpital, dans un hommage au gros nez puisque deux gags, dont le gag final, n’auraient pu avoir lieu dans un style manga ou global manga. Si les personnalités des enfants se précisent, avec la petite sœur passionnée et le grand frère stressé, celle de leurs mères n’est pas évidente, au point qu’elles sont assez indifférenciées pour être appelées mum 1 et mum 2. Ensuite, un nouvel épisode de La maîtresse ne sait pas tout, du duo Sébastien Piquet et Florent De La Taille, ce qui est une surprise, le premier étant paru il y a plus de six mois, bonne surprise s’il s’agit donc d’une série, bien qu’à périodicité très irrégulière elle, pour autant qu’elle en ait une, puisque cette histoire très amusante qui commence comme une horreur gothique devient une explication fantaisiste du pourquoi de la particulière faune australienne très bien menée, point de vue narration et dessin, qui dans certains personnages a un côté Antonio Cossu, lui aussi parfait pour ce type d’histoires gothiques.
La couverture, outre l’annonce du Spirou et Fantasio, est consacrée à une nouvelle série fantastique, dans un dessin de Hortense Pien qui réunit la plupart des éléments d’épouvante tant du gothique, une sombre forêt, des yeux multiples, que de Lovecraft les tentacules, le gluant, mais la mignonne sorcière (une jeune fille rousse) au visage en style global manga, et les yeux au regard coquin plus que menaçant ou inquisiteur désamorcent la charge horrifique au profit d’une intrigante étrangeté. Comme chez Ford ou pour le dernier Marsupilami, deux scénaristes, Sydélia Guirao, qui travaille dans l’audiovisuel, et Carbone, scénariste de BD, se répartissent la tâche en fonction de leur spécialité, les deux s’entendant sur le message concernant l’exploitation et la discrimination, Hortense Pien se chargeant du dessin. Venue de l’animation, comme prédestinée dès son plus jeune âge car, comme beaucoup de sa génération (elle est née en 1997), elle a d’abord découvert Spirou, le Marsupilami ou Cédric dans les dessins animés avant d’apprendre par hasard, grâce aux vieux Spirou de sa mère, qu’il s’agissait d’abord de BD lit-on dans son Spirou et moi, elle a voulu de ce fait que sa BD soit très « vivante » dit-elle dans la page de présentation de ce Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic (beau nom, hybride du Capitaine Fracasse et de Miss Tic, prometteur de belles aventures). La dessinatrice n’a pas précisé que la BD lui offrait de plus une grande liberté de mise en page que l’audiovisuel industriel (du cinéma à Tik-tok), toujours volontairement prisonnier de son écran rectangulaire, alors que la BD s’est depuis longtemps libérée du 48cc, lui refuse. Et effectivement les trois pages en bichromie d’introduction qui nous plongent directement dans l’action et le mystère, ou les pages reproduisant un livre présentant les boutiques fantastiques sont composées de beaux méandres, inspirés dit-elle par l’Art nouveau (le dessin d’introduction du livre est en forme de station de métro de Guimard), ce qui, en apparté, me fait d’autant plus regretter que Frank Pé, grand amateur lui aussi d’Art nouveau, n’ait pu achever son dernier Marsupilami où l’Art nouveau été censé tenir une place importante.
L’autre série (à suivre) de la semaine est aussi fantastique, Dina et le Millimonde, où les enjeux sont posés, Dina va essayer de reprendre contact avec notre monde pour échapper à la « malédiction » qui rend minuscule les gens, alors que des dirigeants du minuscule village tentent de l’en empêcher pour garder leur pouvoir.
Enfin, sorcellerie et fantastique se retrouvent bien sûr dans les Jeux de Thomas Priou, consacrés à la nouvelle série, et dans Game over, mais aussi dans l’illustration du Bon d’abonnement, ainsi que dans Les Fifiches du Proprofesseur et Des gens et inversement, par contre pour une fois la vampire est absente de Manoir à louer, ainsi que le journal, et c’est du parc Spirou dont il y est question.
Pour le reste du numéro, les Fabrice adoptent la personnalité d’enfants dégoutés par les légumes, les Otaku sont encore dans l’arc (un arc détendu, vu leur rythme de parution) où il cherchent toujours comment pouvoir aller à une convention de manga en étant fauchés, un Working dead explicitement critique des starts-ups, Titan inc. dans son arc écologique, un amusant Gary C. Neel qui joue au sénile, et dans le rédactionnel, la suite de Dad’s not dead, avec toujours une interview absurde, de Kéramidas cette fois, et toujours un strip de Cerq, et dans En direct de la rédaction, une nouvelle Désastrologie : l’horoscope approximatif de Spirou, parodie des horoscopes de certains jounaux. Spirou a une tradition de parodie des nouvelles de journaux (Le petit colporteur de bruits dans les années 80) ou de vision décalée (les délirants Télégraphe de Rosy, Ryssac, Delporte et d’autres excellents artisans, et Bobo-magazine de Rosy et Kornblum, dans les années 60) , mais il semble que ce soit la première fois qu’une rubrique d’horoscope soit régulière : le fantastique domine dans les séries de BD, espérons qu’il ne dominera pas aussi le réel...
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/nouvelle-serie-les-b ... fracastic/
Un récit complet de Spirou et Fantasio est indiqué en couverture, il s’agit d’un récit surprise à plusieurs titres, parce qu’il n’avait pas été annoncé, et parce qu’il s’agit encore d’un nouvel auteur, du moins nouveau chez Spirou, car Danier est un pseudonyme de Daan Jippes, auteur néerlandais né en 1945 (faible possibilité que ces quatre planches soient un essai en vu d’une éventuelle reprise...) célèbre chez lui mais peu connu du lectorat francophone en regard de son importante production, le fait qu’il ait beaucoup oeuvré pour Disney n’aidant pas à une connaissance précoce de son nom. Son âge et son parcours expliquent que ce récit soit ce qu’on appelle désormais un « Spirou classique », cette Histoire sans distinction ressortit aux histoires courtes purement comiques que Franquin et Marcel Denis produisaient au tournant des années 60, le Marsupilami y tenant souvent une place importante, mais les comiques involontaires sont ici Spirou et Fantasio qui jouent au jokari (jeu populaire des années 50-70, pratiqué par eux et Gaston à l’époque) dont l’agitation provoque l’ire de Spip, l’histoire étant vue par son personnage ronchon, casanier et dérangé dans son sommeil, comme Fournier l’avait fait : Danier se situe donc dans une tradition bien établie, d’où le titre de l’histoire, mais il est toutefois modeste dans son titre car les mimiques outrées qu’il donne à tous les personnages donne un ton très personnel à l'ensemble. Ses couleurs et décors de son habituel collaborateur Gerben Valkema, bien plus jeune que lui, sont par contre on ne peut plus traditionnels.
Il y a deux autres histoires courtes de quatre pages dans le numéro, ce qui est un bon ratio. D’abord un nouvel épisode de Perdus de Lisa Mandel et Pochep. À l’inverse de certains gags à parution aléatoire, les histoires courtes de Perdus semblent revenir dorénavant, comme Attila, avec une grande régularité, toutes les deux semaines. Frédul et Flicorne sont cette fois perdus à l’hôpital, dans un hommage au gros nez puisque deux gags, dont le gag final, n’auraient pu avoir lieu dans un style manga ou global manga. Si les personnalités des enfants se précisent, avec la petite sœur passionnée et le grand frère stressé, celle de leurs mères n’est pas évidente, au point qu’elles sont assez indifférenciées pour être appelées mum 1 et mum 2. Ensuite, un nouvel épisode de La maîtresse ne sait pas tout, du duo Sébastien Piquet et Florent De La Taille, ce qui est une surprise, le premier étant paru il y a plus de six mois, bonne surprise s’il s’agit donc d’une série, bien qu’à périodicité très irrégulière elle, pour autant qu’elle en ait une, puisque cette histoire très amusante qui commence comme une horreur gothique devient une explication fantaisiste du pourquoi de la particulière faune australienne très bien menée, point de vue narration et dessin, qui dans certains personnages a un côté Antonio Cossu, lui aussi parfait pour ce type d’histoires gothiques.
La couverture, outre l’annonce du Spirou et Fantasio, est consacrée à une nouvelle série fantastique, dans un dessin de Hortense Pien qui réunit la plupart des éléments d’épouvante tant du gothique, une sombre forêt, des yeux multiples, que de Lovecraft les tentacules, le gluant, mais la mignonne sorcière (une jeune fille rousse) au visage en style global manga, et les yeux au regard coquin plus que menaçant ou inquisiteur désamorcent la charge horrifique au profit d’une intrigante étrangeté. Comme chez Ford ou pour le dernier Marsupilami, deux scénaristes, Sydélia Guirao, qui travaille dans l’audiovisuel, et Carbone, scénariste de BD, se répartissent la tâche en fonction de leur spécialité, les deux s’entendant sur le message concernant l’exploitation et la discrimination, Hortense Pien se chargeant du dessin. Venue de l’animation, comme prédestinée dès son plus jeune âge car, comme beaucoup de sa génération (elle est née en 1997), elle a d’abord découvert Spirou, le Marsupilami ou Cédric dans les dessins animés avant d’apprendre par hasard, grâce aux vieux Spirou de sa mère, qu’il s’agissait d’abord de BD lit-on dans son Spirou et moi, elle a voulu de ce fait que sa BD soit très « vivante » dit-elle dans la page de présentation de ce Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic (beau nom, hybride du Capitaine Fracasse et de Miss Tic, prometteur de belles aventures). La dessinatrice n’a pas précisé que la BD lui offrait de plus une grande liberté de mise en page que l’audiovisuel industriel (du cinéma à Tik-tok), toujours volontairement prisonnier de son écran rectangulaire, alors que la BD s’est depuis longtemps libérée du 48cc, lui refuse. Et effectivement les trois pages en bichromie d’introduction qui nous plongent directement dans l’action et le mystère, ou les pages reproduisant un livre présentant les boutiques fantastiques sont composées de beaux méandres, inspirés dit-elle par l’Art nouveau (le dessin d’introduction du livre est en forme de station de métro de Guimard), ce qui, en apparté, me fait d’autant plus regretter que Frank Pé, grand amateur lui aussi d’Art nouveau, n’ait pu achever son dernier Marsupilami où l’Art nouveau été censé tenir une place importante.
L’autre série (à suivre) de la semaine est aussi fantastique, Dina et le Millimonde, où les enjeux sont posés, Dina va essayer de reprendre contact avec notre monde pour échapper à la « malédiction » qui rend minuscule les gens, alors que des dirigeants du minuscule village tentent de l’en empêcher pour garder leur pouvoir.
Enfin, sorcellerie et fantastique se retrouvent bien sûr dans les Jeux de Thomas Priou, consacrés à la nouvelle série, et dans Game over, mais aussi dans l’illustration du Bon d’abonnement, ainsi que dans Les Fifiches du Proprofesseur et Des gens et inversement, par contre pour une fois la vampire est absente de Manoir à louer, ainsi que le journal, et c’est du parc Spirou dont il y est question.
Pour le reste du numéro, les Fabrice adoptent la personnalité d’enfants dégoutés par les légumes, les Otaku sont encore dans l’arc (un arc détendu, vu leur rythme de parution) où il cherchent toujours comment pouvoir aller à une convention de manga en étant fauchés, un Working dead explicitement critique des starts-ups, Titan inc. dans son arc écologique, un amusant Gary C. Neel qui joue au sénile, et dans le rédactionnel, la suite de Dad’s not dead, avec toujours une interview absurde, de Kéramidas cette fois, et toujours un strip de Cerq, et dans En direct de la rédaction, une nouvelle Désastrologie : l’horoscope approximatif de Spirou, parodie des horoscopes de certains jounaux. Spirou a une tradition de parodie des nouvelles de journaux (Le petit colporteur de bruits dans les années 80) ou de vision décalée (les délirants Télégraphe de Rosy, Ryssac, Delporte et d’autres excellents artisans, et Bobo-magazine de Rosy et Kornblum, dans les années 60) , mais il semble que ce soit la première fois qu’une rubrique d’horoscope soit régulière : le fantastique domine dans les séries de BD, espérons qu’il ne dominera pas aussi le réel...
" Monólogo significa el mono que habla solo." Ramón Gómez de la Serna dans ses Greguerías.
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heijingling
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- Enregistré le : ven. 13 déc. 2019 13:46
Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Numéro 4581 du 28/01/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/frnck-retour-a-la-case-depart/
Retour de Frnck, dans sa "11e saison" (comme pour les séries télé) avec une couverture de Brice Cossu où des hommes préhistoriques sont observés par Frnck adolescent, observé par lui-même adulte dans une belle composition en plongée qui nous plonge directement dans l’aventure et le paradoxe temporel. On retrouve Franck et ses comparses en pleine préhistoire, dans une séquence où le coloriste Yoann Guillo a joué essentiellement sur deux teintes, rouge feu d’une éruption volcanique, et bleue d’un lac où se retrouvent les personnages, avec une planche d’ouverture bavarde où Frnck explique une situation que les auteurs Brice Cossu et Olivier Bocquet ont ingénieusement mise en scène en voix-off, montrant non la situation décrite mais une bestiole préhistorique essayant de sauver son petit du volcan, une action similaire à celle que décrit Frnck.
Suite de Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic, où le mystère du premier chapitre se double d’un secret familial, ce qui semble être devenu la norme pour les séries actuelles, c’est en tous cas le cas pour les trois séries (à suivre) de ce numéro. Huitième et dernier chapitre de Dina et le Millimonde, violent, où le chef du village n’hésite pas à vouloir la tuer pour garder son pouvoir sur un monde utopique qu’il a créé et d’où les habitants ne peuvent sortir, et abrupte, avec une fin d’un grand suspense. Lorsque chaque album d’une série était un récit complet, les suspenses était en fin de chapitre hebdomadaire et on n’avait à patienter qu’une semaine pour connaître la suite, maintenant que les séries sont majoritairement une très longue unique histoire découpée en plusieurs tomes, le suspense est à la fin de l’album et on doit attendre des mois pour connaître la suite, évolution narrative parallèle au cinéma, où les séries (à suivre) de Netflix et autres plateformes prennent la place des longs métrages, qui sont des films complets. Autre similitude, les titres de séries classiques, BD ou télé, portaient le plus souvent le nom du ou des personnages, maintenant ils décrivent de plus en plus l’univers de la série, rien que dans Spirou dernièrement on a eu Tokyo Mystery Café, L’île de minuit, Coeurs de ferraille, Le métier le plus dangereux du monde, et actuellement Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic.
Le chaton Boulette, qui se promenait les précédentes semaines dans les marges de haut de pages comme sur des toits investit cette semaine quatre pleines pages du journal, où on le voit interagir avec d’autres animaux, pas avec des humains, il n’est donc pas un équivalent de Crapule, mais une nouvelle version de Bludzee, le chat noir que Trondheim animait seul il y a quelques années. C’est Aude Picault qui le dessine, et si Boulette, graphiquement proche du chat de Trondheim, est minimaliste, les autres chats qu'elle représente sont plus élaborés. Aude Picault est aussi l’invitée de Spirou et moi, où elle explique avoir été frustrée enfant par l’absence de personnages féminin autres que rares et clichés dans le Spirou des années 60-70, ce qui ne l’empêchait pas de s’identifier au Marsupilami plutôt qu’à Sybilline. Du point de vue des autrices, elle estime que dans l'ensemble de la BD « le boulot est globalement fait », ce qui se vérifie dans ce numéro de Spirou, où trois des six auteurices des séries (a suivre) sont des femmes, par contre, persiste le fait que la plupart des coloristes sont des femmes. A l’inverse, renversant les clichés, la page la plus violente du numéro, uniquement constituée de scènes de combats et d’entrainement à la dure, est la publicité pour Mi-Mouche, une héroïne faite par des autrices. Enfin l’article est introduit par la toujours énigmatique indication qu’Aude Picault « entre dans la team Spirou » alors qu’elle y avait déjà une série comme scénariste il y a plus de dix ans.
Pour le reste du numéro, Les Jeux de Mickaël Brunet, l’illustration du Bon d’abonnement, Les Fifiches du Proprofesseur, Des gens et inversement, et 3 infos 2 vraies 1 fausses, et bien sur L’édito des Fabrice, sur leur mode fumistes, sont consacrés à la préhistoire, dans la continuité de Frnck. Si dans Working dead l’ensemble du personnel est plutôt sympathique, Marc Dubuisson et Stella Lory (et Stéphane Chesneau qui fait cette fois les couleurs que Stella Lory assurait elle-même) introduisent cette semaine un authentique méchant en la personne du commercial. Titan inc. continue son arc sur un oiseau en voie de disparition, parodie du dodo, assez stupide pour s’enticher du capitaine, et le feuilleton Dad’s not dead continue, avec des témoignages de Zep et Tebo, et d’amusants dessins de Zep et Mittault.
Enfin, mystères de l’édition, une publicité signale la parution aux éditions Dargaud d’albums de Terminax conquist, une série dont quelques pages étaient parues dans Spirou. Comme La famille pirate de Fabrice Parme et Aude Picault dont deux histoires (à suivre) étaient parues dans Spirou pour être finalement publiées en album chez Dargaud. Peut-être ceci a-t-il été vécu comme un mauvais souvenir à oublier chez Spirou, qui fait qu’Aude Picault est présentée aujourd'hui comme une nouvelle autrice dans le journal...
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/frnck-retour-a-la-case-depart/
Retour de Frnck, dans sa "11e saison" (comme pour les séries télé) avec une couverture de Brice Cossu où des hommes préhistoriques sont observés par Frnck adolescent, observé par lui-même adulte dans une belle composition en plongée qui nous plonge directement dans l’aventure et le paradoxe temporel. On retrouve Franck et ses comparses en pleine préhistoire, dans une séquence où le coloriste Yoann Guillo a joué essentiellement sur deux teintes, rouge feu d’une éruption volcanique, et bleue d’un lac où se retrouvent les personnages, avec une planche d’ouverture bavarde où Frnck explique une situation que les auteurs Brice Cossu et Olivier Bocquet ont ingénieusement mise en scène en voix-off, montrant non la situation décrite mais une bestiole préhistorique essayant de sauver son petit du volcan, une action similaire à celle que décrit Frnck.
Suite de Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic, où le mystère du premier chapitre se double d’un secret familial, ce qui semble être devenu la norme pour les séries actuelles, c’est en tous cas le cas pour les trois séries (à suivre) de ce numéro. Huitième et dernier chapitre de Dina et le Millimonde, violent, où le chef du village n’hésite pas à vouloir la tuer pour garder son pouvoir sur un monde utopique qu’il a créé et d’où les habitants ne peuvent sortir, et abrupte, avec une fin d’un grand suspense. Lorsque chaque album d’une série était un récit complet, les suspenses était en fin de chapitre hebdomadaire et on n’avait à patienter qu’une semaine pour connaître la suite, maintenant que les séries sont majoritairement une très longue unique histoire découpée en plusieurs tomes, le suspense est à la fin de l’album et on doit attendre des mois pour connaître la suite, évolution narrative parallèle au cinéma, où les séries (à suivre) de Netflix et autres plateformes prennent la place des longs métrages, qui sont des films complets. Autre similitude, les titres de séries classiques, BD ou télé, portaient le plus souvent le nom du ou des personnages, maintenant ils décrivent de plus en plus l’univers de la série, rien que dans Spirou dernièrement on a eu Tokyo Mystery Café, L’île de minuit, Coeurs de ferraille, Le métier le plus dangereux du monde, et actuellement Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic.
Le chaton Boulette, qui se promenait les précédentes semaines dans les marges de haut de pages comme sur des toits investit cette semaine quatre pleines pages du journal, où on le voit interagir avec d’autres animaux, pas avec des humains, il n’est donc pas un équivalent de Crapule, mais une nouvelle version de Bludzee, le chat noir que Trondheim animait seul il y a quelques années. C’est Aude Picault qui le dessine, et si Boulette, graphiquement proche du chat de Trondheim, est minimaliste, les autres chats qu'elle représente sont plus élaborés. Aude Picault est aussi l’invitée de Spirou et moi, où elle explique avoir été frustrée enfant par l’absence de personnages féminin autres que rares et clichés dans le Spirou des années 60-70, ce qui ne l’empêchait pas de s’identifier au Marsupilami plutôt qu’à Sybilline. Du point de vue des autrices, elle estime que dans l'ensemble de la BD « le boulot est globalement fait », ce qui se vérifie dans ce numéro de Spirou, où trois des six auteurices des séries (a suivre) sont des femmes, par contre, persiste le fait que la plupart des coloristes sont des femmes. A l’inverse, renversant les clichés, la page la plus violente du numéro, uniquement constituée de scènes de combats et d’entrainement à la dure, est la publicité pour Mi-Mouche, une héroïne faite par des autrices. Enfin l’article est introduit par la toujours énigmatique indication qu’Aude Picault « entre dans la team Spirou » alors qu’elle y avait déjà une série comme scénariste il y a plus de dix ans.
Pour le reste du numéro, Les Jeux de Mickaël Brunet, l’illustration du Bon d’abonnement, Les Fifiches du Proprofesseur, Des gens et inversement, et 3 infos 2 vraies 1 fausses, et bien sur L’édito des Fabrice, sur leur mode fumistes, sont consacrés à la préhistoire, dans la continuité de Frnck. Si dans Working dead l’ensemble du personnel est plutôt sympathique, Marc Dubuisson et Stella Lory (et Stéphane Chesneau qui fait cette fois les couleurs que Stella Lory assurait elle-même) introduisent cette semaine un authentique méchant en la personne du commercial. Titan inc. continue son arc sur un oiseau en voie de disparition, parodie du dodo, assez stupide pour s’enticher du capitaine, et le feuilleton Dad’s not dead continue, avec des témoignages de Zep et Tebo, et d’amusants dessins de Zep et Mittault.
Enfin, mystères de l’édition, une publicité signale la parution aux éditions Dargaud d’albums de Terminax conquist, une série dont quelques pages étaient parues dans Spirou. Comme La famille pirate de Fabrice Parme et Aude Picault dont deux histoires (à suivre) étaient parues dans Spirou pour être finalement publiées en album chez Dargaud. Peut-être ceci a-t-il été vécu comme un mauvais souvenir à oublier chez Spirou, qui fait qu’Aude Picault est présentée aujourd'hui comme une nouvelle autrice dans le journal...
" Monólogo significa el mono que habla solo." Ramón Gómez de la Serna dans ses Greguerías.
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Numéro 4582 du 02/02/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/seccotine-mystere-a-champignac/
Une jolie couverture bucolique d’Elric, avec des tons de couleurs conférant un goût d’un automne des années 50, en dehors des formes monochromes d’arrière plan que, lecteurs de Il y a un sorcier à Champignac, on devine être des champignons géants mais pourraient être des dolmens particuliers, pour la première aventure (à suivre) de Seccotine, qui après le Marsupilami, Zorglub et Champignac est la nouvelle série dérivée de Spirou et Fantasio (je ne compte pas les histoires courtes de Spip). Dans leur Édito, les Fabrice proposent pour la suite les aventures de mademoiselle Jeanne, la copine de Gaston, ce qui ferait la deuxième mademoiselle J. du journal.
Je ne vais pas commenter l’interview des auteurices, je relève juste une phrase : «Pour percevoir ce que Franquin pensait de Seccotine, on ne peut que piocher quelques indices dans ses interviews. » Plus simple, regarder comment il représente ses personnages, car Franquin mettait de lui dans son œuvre, au contraire d’Elric et Sophie Guerrive qui craignent, en prenant parti, de discriminer, et pourraient en fin de compte être cités en exemple de BD morale par le docteur Wertham.
L’histoire débute bien, on est tout de suite plongés dans le cadre (Seccotine qui emménage dans une maison isolée en surplomb de Champignac), et le mystère : ce titre générique de Mystère à Champignac fleure d’ailleurs aussi bon ses années 50. Ce n’est pas le seul aspect désuet: dans la volonté des auteurices de ne pas faire de Seccotine une pin-up, celle-ci se retrouve aussi plate que Queue-de-cerise en 1956. Le dessin hybride d’Elric, plus réaliste ou plus caricatural selon le personnage, est d’ailleurs proche, en moins vigoureux, de celui que Tillieux avait été forcé d’adopter, en pervertissant le sien propre, lors de son arrivée dans Spirou, mais qu’à donc pu pousser Elric à volontairement produire ces formes composites auxquelles Tillieux avait été contraint? Dans le déjà vu, on trouve encore ces paupières demi closes, un tic déjà reproché à Blesteau pour Toupet il y a 30 ans, et un gag (involontaire) lorsque Fantasio exprime son septicisme ironique devant l’intérêt de l’enquête sur la disparitions d’animaux que Seccotine va mener, comme un retour du fait refoulé que Seccotine lui avait damé le pion sur le même sujet dans Le gri-gri du Niokolo Koba. Ceci dit, le fait de se sentir à ce point en terrain connu et balisé n’est pas forcément désagréable, avec un parfum suranné de ce que produisait un artisan des années 60 comme Bob Mau dans ses intrigues policières et campagnardes mâtinées de fantastique de Clary Nett et co. Gare au loup-garou https://www.bedetheque.com/BD-Clary-Net ... 27182.html https://www.lambiek.net/artists/m/mau.htm
Deuxième chapitre de Frnck, caractéristique du duo Olivier Bocquet et Brice Cossu, qu’on pourrait dire construit en planches-séquences, quatre planches sur la mise au point par les personnages du plan qu'ils vont suivre, trois planches de progression dans une grotte, quasi muettes, sur fond noir à bords perdus, une séquence d’action en pur gaufrier de neuf cases de tonalité rouge centrées sur une de tonalité verte, tournant de l’action, un ensemble pensé en séquences structurées par planches. Bien différente est la méthode de Carbone, Sydélia Guirao et Hortense Pien dans Les boutiques fantastiques de la rue Fratastic, où les planches sont plutôt un décor dans lequel se promènent les personnages, c’est même littéral pages 37 et 42-43 du magazine.
Une histoire courte, le cinquième épisode du bimensuel Attila, intitulé Le code, le chef mongol recherchant un système de communication à distance rapide, ce qui donne lieu à des pages où l’abbé s’amuse à illustrer, à coups de corbeaux et d’éléphants voyageurs, l’esprit à la logique en roue libre d’Attila. Le dessin de couverture, une lettre clouée sur le U de Spirou, donne le ton, avec un jeu de mot que je n'ai pas compris, indiquant un "mesage" d'Attila...
Deux pages concernent l’histoire du journal, Manoir à louer qui continue à en explorer l’historique avec un spécial Oubapo de 2019, tandis que la question d’un lecteur dans En direct de la rédac permet de parler du gag de la grève des coloristes en 1994. Le Freuby de Stella Lory et Marc Dubuisson s’est installé sous L’édito, à côté du sommaire, qu’il commente avec son agressivité, les strips de Willy Woob avec cette semaine les titres illustrés de dessins et de graphismes autour du sommeil et de ses onomatopées pourraient être intitulés Le réveil du Z, le feuilleton Dad’s not dead se poursuit avec le gag de Nob débutant un nouvelle série de strips intitulée Tomato and co., sur une famille de tomates, L’épée de bois continue ses gags sur un grand classique du manga shonen, le tournoi, et Marko dans sa Leçon de BD parle de la liberté de dessin de Picasso et des cubistes en omettant de préciser que leur dessin, contrairement à celui d’une BD, n’avait pas à être inséré dans une narration.
En direct du futur annonce une nouvelle série politiquement incorrecte de Pieter De Poortere, auteur de livres pour enfants et, dans son même style rondouillard trompeusement rassurant, les peu correctes aventures de Dickie (dont une seule page a osée être publiée dans Spirou il y a 20 ans), et une publicité annonce une nouvelle série Dupuis, Les utopistes, une énième histoire fantastique jeunesse avec des secrets de famille, qui est donc la tendance actuelle des séries jeunesse.
Le journal se termine sur un gag de Kid Paddle tentant une fois de plus d’aller voir un film d’horreur, ce genre lui étant ce que les revues érotiques sont au petit Spirou, la différence est qu’on n’a pas assez relevé que Kid Paddle est un cinéphile : les films qu’il tente sans cesse de voir sont ceux qui ont été honorés dans les plus grands festivals de genre.
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/seccotine-mystere-a-champignac/
Une jolie couverture bucolique d’Elric, avec des tons de couleurs conférant un goût d’un automne des années 50, en dehors des formes monochromes d’arrière plan que, lecteurs de Il y a un sorcier à Champignac, on devine être des champignons géants mais pourraient être des dolmens particuliers, pour la première aventure (à suivre) de Seccotine, qui après le Marsupilami, Zorglub et Champignac est la nouvelle série dérivée de Spirou et Fantasio (je ne compte pas les histoires courtes de Spip). Dans leur Édito, les Fabrice proposent pour la suite les aventures de mademoiselle Jeanne, la copine de Gaston, ce qui ferait la deuxième mademoiselle J. du journal.
Je ne vais pas commenter l’interview des auteurices, je relève juste une phrase : «Pour percevoir ce que Franquin pensait de Seccotine, on ne peut que piocher quelques indices dans ses interviews. » Plus simple, regarder comment il représente ses personnages, car Franquin mettait de lui dans son œuvre, au contraire d’Elric et Sophie Guerrive qui craignent, en prenant parti, de discriminer, et pourraient en fin de compte être cités en exemple de BD morale par le docteur Wertham.
L’histoire débute bien, on est tout de suite plongés dans le cadre (Seccotine qui emménage dans une maison isolée en surplomb de Champignac), et le mystère : ce titre générique de Mystère à Champignac fleure d’ailleurs aussi bon ses années 50. Ce n’est pas le seul aspect désuet: dans la volonté des auteurices de ne pas faire de Seccotine une pin-up, celle-ci se retrouve aussi plate que Queue-de-cerise en 1956. Le dessin hybride d’Elric, plus réaliste ou plus caricatural selon le personnage, est d’ailleurs proche, en moins vigoureux, de celui que Tillieux avait été forcé d’adopter, en pervertissant le sien propre, lors de son arrivée dans Spirou, mais qu’à donc pu pousser Elric à volontairement produire ces formes composites auxquelles Tillieux avait été contraint? Dans le déjà vu, on trouve encore ces paupières demi closes, un tic déjà reproché à Blesteau pour Toupet il y a 30 ans, et un gag (involontaire) lorsque Fantasio exprime son septicisme ironique devant l’intérêt de l’enquête sur la disparitions d’animaux que Seccotine va mener, comme un retour du fait refoulé que Seccotine lui avait damé le pion sur le même sujet dans Le gri-gri du Niokolo Koba. Ceci dit, le fait de se sentir à ce point en terrain connu et balisé n’est pas forcément désagréable, avec un parfum suranné de ce que produisait un artisan des années 60 comme Bob Mau dans ses intrigues policières et campagnardes mâtinées de fantastique de Clary Nett et co. Gare au loup-garou https://www.bedetheque.com/BD-Clary-Net ... 27182.html https://www.lambiek.net/artists/m/mau.htm
Deuxième chapitre de Frnck, caractéristique du duo Olivier Bocquet et Brice Cossu, qu’on pourrait dire construit en planches-séquences, quatre planches sur la mise au point par les personnages du plan qu'ils vont suivre, trois planches de progression dans une grotte, quasi muettes, sur fond noir à bords perdus, une séquence d’action en pur gaufrier de neuf cases de tonalité rouge centrées sur une de tonalité verte, tournant de l’action, un ensemble pensé en séquences structurées par planches. Bien différente est la méthode de Carbone, Sydélia Guirao et Hortense Pien dans Les boutiques fantastiques de la rue Fratastic, où les planches sont plutôt un décor dans lequel se promènent les personnages, c’est même littéral pages 37 et 42-43 du magazine.
Une histoire courte, le cinquième épisode du bimensuel Attila, intitulé Le code, le chef mongol recherchant un système de communication à distance rapide, ce qui donne lieu à des pages où l’abbé s’amuse à illustrer, à coups de corbeaux et d’éléphants voyageurs, l’esprit à la logique en roue libre d’Attila. Le dessin de couverture, une lettre clouée sur le U de Spirou, donne le ton, avec un jeu de mot que je n'ai pas compris, indiquant un "mesage" d'Attila...
Deux pages concernent l’histoire du journal, Manoir à louer qui continue à en explorer l’historique avec un spécial Oubapo de 2019, tandis que la question d’un lecteur dans En direct de la rédac permet de parler du gag de la grève des coloristes en 1994. Le Freuby de Stella Lory et Marc Dubuisson s’est installé sous L’édito, à côté du sommaire, qu’il commente avec son agressivité, les strips de Willy Woob avec cette semaine les titres illustrés de dessins et de graphismes autour du sommeil et de ses onomatopées pourraient être intitulés Le réveil du Z, le feuilleton Dad’s not dead se poursuit avec le gag de Nob débutant un nouvelle série de strips intitulée Tomato and co., sur une famille de tomates, L’épée de bois continue ses gags sur un grand classique du manga shonen, le tournoi, et Marko dans sa Leçon de BD parle de la liberté de dessin de Picasso et des cubistes en omettant de préciser que leur dessin, contrairement à celui d’une BD, n’avait pas à être inséré dans une narration.
En direct du futur annonce une nouvelle série politiquement incorrecte de Pieter De Poortere, auteur de livres pour enfants et, dans son même style rondouillard trompeusement rassurant, les peu correctes aventures de Dickie (dont une seule page a osée être publiée dans Spirou il y a 20 ans), et une publicité annonce une nouvelle série Dupuis, Les utopistes, une énième histoire fantastique jeunesse avec des secrets de famille, qui est donc la tendance actuelle des séries jeunesse.
Le journal se termine sur un gag de Kid Paddle tentant une fois de plus d’aller voir un film d’horreur, ce genre lui étant ce que les revues érotiques sont au petit Spirou, la différence est qu’on n’a pas assez relevé que Kid Paddle est un cinéphile : les films qu’il tente sans cesse de voir sont ceux qui ont été honorés dans les plus grands festivals de genre.
Modifié en dernier par heijingling le jeu. 19 févr. 2026 14:20, modifié 1 fois.
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
" [...] on devine être des champignons géants mais pourraient être des dolmens particuliers [...] "
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heijingling
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Tout d’abord, un erratum : j’avais écris textuellement, concernant l’histoire de Seccotine ayant débuté dans le numéro précédent : "un gag (involontaire) lorsque Fantasio exprime son septicisme ironique devant l’intérêt de l’enquête sur la disparitions d’animaux que Seccotine va mener, comme un retour du fait refoulé que Seccotine lui avait damé le pion sur le même sujet dans Le gri-gri du Niokolo Koba." Je devrais me relire plus sérieusement avant d’oser de nouveau parler de gag involontaire, en faisant un moi-même lorsque je refoule moi-même que c’était Ororéa et non Seccotine l’héroïne du Gri-gri du Niokolo Koba. Je ne parlerai pas des raisons psychologiques certainement honteuses qui m’ont fait écrire ce lapsus malheureux, et espère que le lectorat aura rectifié de lui-même.
Numéro 4583 du 09/02/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/special-saint-valent ... r-sauvage/
Un spécial Saint-Valentin, qui permet de voir combien la société a changé durant les décennies qu’existe Spirou : un numéro sur un tel sujet qui aurait été impensable jusque dans les années 60 apparaît aujourd’hui au contraire presque désuet mais, amour oblige, il est traité avec moins de distance que Noël. Ce numéro contient donc trois histoires complètes sur le thème, dont un Amour sauvage en couverture, celui des marsupilamis, pour une historiette de trois pages de Batem sur scénario de Ced et couleurs de Cerise, importantes dans ces planches qui regorgent de couples d’animaux, dont le traditionnel jaguar, et ramènent Bring M. Backalive muni d’un appeau imitant le marsupilami femelle avec lequel il tente d’attirer un marsupilami mâle solitaire. L’histoire est suivie d’un sympathique Tuto de Batem construit en séquence animée sur la rencontre de marsupilamis mâle et femelle. Puis suit une histoire dessinée par Yoann dans un trait très simple et délié en couleurs directes aquarellées, pour porter la vivacité du petit singe Sapajou, héros de l’histoire qu’a imaginée Lewis Trondheim, qui s’est amusé à lui donner un collier magique qui lui procure le pouvoir de Ralph Azam de faire apparaître des fantômes, et avec lequel il va tenter de séduire une des sapajoues de ses rêves, histoire quelque peu étrange commençant cruellement pour continuer vers du fantastique et se terminer avec des fantômes de dinosaures, tout cela en quatre pages, aucune des parties n’ayant été développée alors qu’elle portait des promesses d’histoire plus longue. Enfin, une dernière historiette étrange, de Waltch, dont le titre est d’ailleurs Des amoureuses bizarres, sur un écolier ayant le pouvoir de deviner l’avenir à travers les lettres de Saint-Valentin qu’il reçoit, et comme pour l’histoire de Yoann et Trondheim, j’ai eu la sensation que les auteurs ont ouvert des portes pour ne pas les franchir. Par contre, les Jeux de Tyst sur la Saint-Valentin sont à la hauteur de leur format, deux pages en miroir pour un immense jeu des trente différences entre des animaux de la jungle palombienne. Une autre réussite du numéro est la double page de mots d’amour de lecteurices, illustrés de dessins d’amour d’auteurices de Spirou à des collègues, souvent aussi amusants que surprenants.
Dans les gags sur le thème de la Saint-Valentin, je retiens Manoir à louer avec des clients et employés d’un salon de tatouage aux têtes énormes et monstrueuses, étonnament bien plus que celle de la vampire du manoir, jolie dans son genre, L’édito des Fabrice dans leur veine opportuniste, Fish n chips où Tom se renouvelle toujours sur le sujet de la pollution des mers, et un Working dead enfin répugnant.
Seccotine poursuit son enquête à Champignac, elle conduit apparement toujours aussi distraitement que dans Le nid des marsupilamis, elle a par contre beaucoup perdu en peps (même dans la scène où elle est éjectée de son vélo elle est molle comme du linge), en revanche, le dessinateur Elric offre à ses lecteurs coquins une scène de fan service de Seccotine nue dans sa douche. Des chapitres de Frnck et Les boutiques fantastiques de la rue Fratastic tout en action, l'un particulièrement réussi par Olivier Bocquet et Brice Cossu qui ébourrifent deux scènes d’action déjà très prenantes (des attaques par des animaux préhistoriques) en les découpant avec de l’humour graphique.
Deuxième semaine consécutive de publicité pour le film Marsupilami, caractéristique des affiches des comédies françaises depuis plus de 20 ans, acteurices entassés en pieds sans aucun décor, sur fond blanc de préférence, aussi attirant et esthétique qu’un paquet de chips premier prix. Enfin Bercovici et Nob se sont chacun amusé à représenter plusieurs personnages du journal (et d’ailleurs), de Raowl à Seccotine pour le premier dans le test spécial Saint Valentin « Avec quel personnage du magazine pourriez-vous vous marier ? » , et du Schtroumpf à lunettes à Astérix (avec des lunettes) , Gaston (itou) et Mickey (ter) dans le feuilleton Dad’s not dead pour le second, où il exprime son envie de reprendre un personnage qu’il aimait petit.
Numéro 4583 du 09/02/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/special-saint-valent ... r-sauvage/
Un spécial Saint-Valentin, qui permet de voir combien la société a changé durant les décennies qu’existe Spirou : un numéro sur un tel sujet qui aurait été impensable jusque dans les années 60 apparaît aujourd’hui au contraire presque désuet mais, amour oblige, il est traité avec moins de distance que Noël. Ce numéro contient donc trois histoires complètes sur le thème, dont un Amour sauvage en couverture, celui des marsupilamis, pour une historiette de trois pages de Batem sur scénario de Ced et couleurs de Cerise, importantes dans ces planches qui regorgent de couples d’animaux, dont le traditionnel jaguar, et ramènent Bring M. Backalive muni d’un appeau imitant le marsupilami femelle avec lequel il tente d’attirer un marsupilami mâle solitaire. L’histoire est suivie d’un sympathique Tuto de Batem construit en séquence animée sur la rencontre de marsupilamis mâle et femelle. Puis suit une histoire dessinée par Yoann dans un trait très simple et délié en couleurs directes aquarellées, pour porter la vivacité du petit singe Sapajou, héros de l’histoire qu’a imaginée Lewis Trondheim, qui s’est amusé à lui donner un collier magique qui lui procure le pouvoir de Ralph Azam de faire apparaître des fantômes, et avec lequel il va tenter de séduire une des sapajoues de ses rêves, histoire quelque peu étrange commençant cruellement pour continuer vers du fantastique et se terminer avec des fantômes de dinosaures, tout cela en quatre pages, aucune des parties n’ayant été développée alors qu’elle portait des promesses d’histoire plus longue. Enfin, une dernière historiette étrange, de Waltch, dont le titre est d’ailleurs Des amoureuses bizarres, sur un écolier ayant le pouvoir de deviner l’avenir à travers les lettres de Saint-Valentin qu’il reçoit, et comme pour l’histoire de Yoann et Trondheim, j’ai eu la sensation que les auteurs ont ouvert des portes pour ne pas les franchir. Par contre, les Jeux de Tyst sur la Saint-Valentin sont à la hauteur de leur format, deux pages en miroir pour un immense jeu des trente différences entre des animaux de la jungle palombienne. Une autre réussite du numéro est la double page de mots d’amour de lecteurices, illustrés de dessins d’amour d’auteurices de Spirou à des collègues, souvent aussi amusants que surprenants.
Dans les gags sur le thème de la Saint-Valentin, je retiens Manoir à louer avec des clients et employés d’un salon de tatouage aux têtes énormes et monstrueuses, étonnament bien plus que celle de la vampire du manoir, jolie dans son genre, L’édito des Fabrice dans leur veine opportuniste, Fish n chips où Tom se renouvelle toujours sur le sujet de la pollution des mers, et un Working dead enfin répugnant.
Seccotine poursuit son enquête à Champignac, elle conduit apparement toujours aussi distraitement que dans Le nid des marsupilamis, elle a par contre beaucoup perdu en peps (même dans la scène où elle est éjectée de son vélo elle est molle comme du linge), en revanche, le dessinateur Elric offre à ses lecteurs coquins une scène de fan service de Seccotine nue dans sa douche. Des chapitres de Frnck et Les boutiques fantastiques de la rue Fratastic tout en action, l'un particulièrement réussi par Olivier Bocquet et Brice Cossu qui ébourrifent deux scènes d’action déjà très prenantes (des attaques par des animaux préhistoriques) en les découpant avec de l’humour graphique.
Deuxième semaine consécutive de publicité pour le film Marsupilami, caractéristique des affiches des comédies françaises depuis plus de 20 ans, acteurices entassés en pieds sans aucun décor, sur fond blanc de préférence, aussi attirant et esthétique qu’un paquet de chips premier prix. Enfin Bercovici et Nob se sont chacun amusé à représenter plusieurs personnages du journal (et d’ailleurs), de Raowl à Seccotine pour le premier dans le test spécial Saint Valentin « Avec quel personnage du magazine pourriez-vous vous marier ? » , et du Schtroumpf à lunettes à Astérix (avec des lunettes) , Gaston (itou) et Mickey (ter) dans le feuilleton Dad’s not dead pour le second, où il exprime son envie de reprendre un personnage qu’il aimait petit.
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heijingling
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Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Numéro 4584 du 18/02/2026
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/retour-carton-pour-l ... es-de-dad/
Fin du feuilleton Dad’s not dead, puisqu’est glorieusement annoncé en couverture que « Nob a changé d’avis grâce à vous », vous lecteurices de Spirou, et de ces chroniques, qui sait ? Cette couverture est significative à plusieurs niveaux. Tout d’abord, cette annonce confirme la volonté du magazine de renforcer le contact avec son lectorat. Ensuite, le dessin de Nob dépeint Dad étouffé par l’exubérance et l’enthousiasme de ses filles, ce qui représente l’ancienne génération dépassée par les nouvelles, doublement symbolisé par Panda qui a surimposé au marker (ou rouge à lèvres?) le terme « les filles de » sur le nom de Dad, et par le nouveau titre de la série, qui devient donc celui du dessin animé tiré de la série initiale, la technologie audio-visuelle supplantant la presse. Dans les pages de présentation, toujours illustrées de strips et dessins gags, ainsi que, pour ce retour, de photo et dessin de toute la rédaction en liesse, Nob raconte avoir été très touché par les messsages reçus, et comment il va faire évoluer sa série, encouragé en cela par le courrier reçu montrant que le lectorat grand public peut être bien moins conservateur que certains éditeurs veulent le croire. Les quatre premières pages de cette nouvelle série officielle (une publicité indique que Les filles de Dad seront numérotées en partant d’un tome 1) montre l’emménagement de l’ainée, Panda, dans une colocation curieusement nommée Aera 51, avec un dessin d’un petit gris : un gag, un indice pour un concours futur, ou une évolution de la série vers de la SF ? Et, est-ce pour représenter l’émancipation des filles, toujours est-il que Nob offre plus d’espace à ses personnages en faisant dorénavant des planches de trois bandes au lieu de quatre.
L’enquête de Seccotine, les auteurices Elric et Sophie Guerrive semant suffisamment d’indices pour que les lecteurices, en parallèle aux personnages, commencent à comprendre le comment de la disparition des animaux, un peu comme dans les livres enquêtes publiés chez Bayard ou La clé du mystère jadis dans Spirou. Trois choses me font toutefois tiquer dans ce chapitre. Tout d’abord, les chasseurs sont présentés comme des ivrognes machistes, incompétents au point de ne savoir distinguer une chouette d’un hibou (le jeu de mots n'est pas une excuse), et irresponsables à en tirer avant d’identifier leur cible. Heureusement que Sophie Guerrive avait dit ne vouloir stigmatiser ni mépriser personne, qu’aurait-ce été autrement. Ensuite, étonnament, Seccotine, qui a pourtant passé des mois dans la jungle palombienne, se retrouve ici comme la schtroumpfette, effrayée par des cris d’animaux nocturnes de nos campagnes. Enfin, si l’on résumait l’action sous forme d’un récitatif de ces « Livres dont vous êtes le héros », cela pourrait donner : « Menant de nuit votre enquête sur les mystérieuses disparitions d’animaux, vous découvrez que des vaches à l’air hypnotisé ouvrent d’elles-mêmes la porte de leur enclos pour en sortir. Que faites-vous : A-Je les suis pour savoir où elles vont. B-Fatiguée, je rentre me coucher.» Et bien, imaginez-vous que l’héroïne Seccotine ne choisit pas l’option A…
Parmi les aspects remarquables dans Frnck est les personnages qui acquièrent grâce au dessin de Brice Cossu une existence au-delà de leur présence dans le scénario, tels les tigres à dents de sabre démolis dans le chapitre précédent que l’on voit s’en aller, penauds, à l’avant plan d’une case, poursuivant leur vie alors que, absents de cette case, on les aurait oubliés et ils n’auraient eu d’autre justification à leur création que de servir de péripétie. Leur présence ainsi ramenée non seulement renforce l’histoire puisqu’elle rappelle une scène précédente que l’on aurait pu sinon oublier sitôt lue, mais leur donne une vie propre, indépendamment de l’histoire principale. Ce détail parmi d’autres illustre ce qu’avait dit le photographe Guy Le Querrec, élargi aux personnages de fiction : « Les gens ne sont tout de même pas de la gouache qu'on ramasse sur une palette pour l'étaler sur la toile.» De plus, Lambil met aussi des animaux en avant plan de certaines cases, que ce soit pour donner de l’authenticité à une ambiance ou comme moyen de rééquilibrer une séquence dialoguée qui pourrait être trop lourde concentrée uniquement sur les personnages. Milton Caniff ou Victor Hubinon n’ajoutaient pas dans de telles scènes d’éléments extérieurs, mais leurs séries étaient réalistes, et ne craignaient pas une certaine pesanteur, au contraire des Tuniques bleues ou de Frnck qui ont besoin d’ouvertures vers plus de légèreté. Mais, à la différence de Lambil, chez qui les animaux ainsi introduits sont extérieurs à l’histoire et sont justifiés par l’amour que le dessinateur leur porte, ceux de Cossu dans Frnck en font partie, mais ajoutent un deuxième niveau narratif, purement visuel, comme les tigres précités ou le poisson que se prend dans la figure un personnage antagoniste, poisson qui servira au diner et sert de transition vers la scène suivante, qui est une punition en forme de gag contre un méchant de l’histoire, et qui pose un indice vers une péripétie future en faisant tomber les lunettes de l’antagoniste, soulignant ainsi leur importance future. Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic se caractérise par une débauche de moyens de la part de Carbone, Sydélia Guirao et Hortense Pien, tant graphique par la mise en page que visuelle (décors et créatures fantastiques) et verbale (noms des créatures et formules magiques), qui me fait penser à un gag de L’homme aux phylactères de Gennaux et Cauvin paru dans Spirou en 1978 qui utilise un extrait du peu sobre Capitaine Fracasse dont le nom rappelle le titre de cette série https://www.2dgalleries.com/art/1978-l- ... mots-99410.
Grande économie de moyen en revanche de Maria-Praz dans Otaku, avec ses cadrages répétitifs ponctués de variations colorées et une judicieuse utilisation des décors qui reproduisent bien l’obsession des personnages envers la convention de mangas où ils tentent d’aller depuis des semaines et l’imagination dont ils font preuve pour y pénétrer à peu de frais. Idem de la part de Juanungo dans Manoir à louer, dans une histoire où les seuls sons sont des éclats de rire et où chaque case est conçue en miroir où se reflètent deux personnages en vis-à-vis dans un remake du duel Spirou-Fluide glacial, et où ce sont uniquement les variations de focale et les changements de couleurs, jusqu’à un final à la Morris, qui aèrent la répétitivité.
Dans les autres gags, lorsque les Fabrice ont dans L’édito le projet, à l’instar de Nob avec Dad, de faire une BD sur leurs filles, celles-ci révèlent des pratiques honteuses de leurs géniteurs (rien d’égrillard, on est dans Spirou, pas dans Le petit Spirou), de bons gags à thème écologiste inattendu et décalé dans Les Fifiches du Proprofesseur de Lécroart (sur le bilan carbone) et Tash et Trash de Dino (sur le recyclage), et recyclage encore dans Kid Paddle où, de même que Dad se retire pour laisser la place à ses filles, Kid Paddle est absent de ce gag de sa série.
Enfin trois pages de publicité, dont une pour Pym et la forêt éternelle, où les auteurices (Fuat Erkol et Clémentine Bouvier), comme souvent hélas, ne sont pas indiqués, ni le fait que l’album contient des planches en plus par rapport à l’histoire publiée dans Spirou, et une autre pour un album Dupuis documentaire, ce qui est plutôt rare, en dehors de la série historique Ariane et Nino pour les enfants, or celui-ci est pour les plus grands, mais le message de ce 9 secondes de Morgan Navarro basé sur des études de Bruno Patino sur l’économie de l’attention , est clair : nous passons trop de temps devant les écrans, décrochons pour lire Spirou...
Ici un aperçu du numéro: https://spirou.com/retour-carton-pour-l ... es-de-dad/
Fin du feuilleton Dad’s not dead, puisqu’est glorieusement annoncé en couverture que « Nob a changé d’avis grâce à vous », vous lecteurices de Spirou, et de ces chroniques, qui sait ? Cette couverture est significative à plusieurs niveaux. Tout d’abord, cette annonce confirme la volonté du magazine de renforcer le contact avec son lectorat. Ensuite, le dessin de Nob dépeint Dad étouffé par l’exubérance et l’enthousiasme de ses filles, ce qui représente l’ancienne génération dépassée par les nouvelles, doublement symbolisé par Panda qui a surimposé au marker (ou rouge à lèvres?) le terme « les filles de » sur le nom de Dad, et par le nouveau titre de la série, qui devient donc celui du dessin animé tiré de la série initiale, la technologie audio-visuelle supplantant la presse. Dans les pages de présentation, toujours illustrées de strips et dessins gags, ainsi que, pour ce retour, de photo et dessin de toute la rédaction en liesse, Nob raconte avoir été très touché par les messsages reçus, et comment il va faire évoluer sa série, encouragé en cela par le courrier reçu montrant que le lectorat grand public peut être bien moins conservateur que certains éditeurs veulent le croire. Les quatre premières pages de cette nouvelle série officielle (une publicité indique que Les filles de Dad seront numérotées en partant d’un tome 1) montre l’emménagement de l’ainée, Panda, dans une colocation curieusement nommée Aera 51, avec un dessin d’un petit gris : un gag, un indice pour un concours futur, ou une évolution de la série vers de la SF ? Et, est-ce pour représenter l’émancipation des filles, toujours est-il que Nob offre plus d’espace à ses personnages en faisant dorénavant des planches de trois bandes au lieu de quatre.
L’enquête de Seccotine, les auteurices Elric et Sophie Guerrive semant suffisamment d’indices pour que les lecteurices, en parallèle aux personnages, commencent à comprendre le comment de la disparition des animaux, un peu comme dans les livres enquêtes publiés chez Bayard ou La clé du mystère jadis dans Spirou. Trois choses me font toutefois tiquer dans ce chapitre. Tout d’abord, les chasseurs sont présentés comme des ivrognes machistes, incompétents au point de ne savoir distinguer une chouette d’un hibou (le jeu de mots n'est pas une excuse), et irresponsables à en tirer avant d’identifier leur cible. Heureusement que Sophie Guerrive avait dit ne vouloir stigmatiser ni mépriser personne, qu’aurait-ce été autrement. Ensuite, étonnament, Seccotine, qui a pourtant passé des mois dans la jungle palombienne, se retrouve ici comme la schtroumpfette, effrayée par des cris d’animaux nocturnes de nos campagnes. Enfin, si l’on résumait l’action sous forme d’un récitatif de ces « Livres dont vous êtes le héros », cela pourrait donner : « Menant de nuit votre enquête sur les mystérieuses disparitions d’animaux, vous découvrez que des vaches à l’air hypnotisé ouvrent d’elles-mêmes la porte de leur enclos pour en sortir. Que faites-vous : A-Je les suis pour savoir où elles vont. B-Fatiguée, je rentre me coucher.» Et bien, imaginez-vous que l’héroïne Seccotine ne choisit pas l’option A…
Parmi les aspects remarquables dans Frnck est les personnages qui acquièrent grâce au dessin de Brice Cossu une existence au-delà de leur présence dans le scénario, tels les tigres à dents de sabre démolis dans le chapitre précédent que l’on voit s’en aller, penauds, à l’avant plan d’une case, poursuivant leur vie alors que, absents de cette case, on les aurait oubliés et ils n’auraient eu d’autre justification à leur création que de servir de péripétie. Leur présence ainsi ramenée non seulement renforce l’histoire puisqu’elle rappelle une scène précédente que l’on aurait pu sinon oublier sitôt lue, mais leur donne une vie propre, indépendamment de l’histoire principale. Ce détail parmi d’autres illustre ce qu’avait dit le photographe Guy Le Querrec, élargi aux personnages de fiction : « Les gens ne sont tout de même pas de la gouache qu'on ramasse sur une palette pour l'étaler sur la toile.» De plus, Lambil met aussi des animaux en avant plan de certaines cases, que ce soit pour donner de l’authenticité à une ambiance ou comme moyen de rééquilibrer une séquence dialoguée qui pourrait être trop lourde concentrée uniquement sur les personnages. Milton Caniff ou Victor Hubinon n’ajoutaient pas dans de telles scènes d’éléments extérieurs, mais leurs séries étaient réalistes, et ne craignaient pas une certaine pesanteur, au contraire des Tuniques bleues ou de Frnck qui ont besoin d’ouvertures vers plus de légèreté. Mais, à la différence de Lambil, chez qui les animaux ainsi introduits sont extérieurs à l’histoire et sont justifiés par l’amour que le dessinateur leur porte, ceux de Cossu dans Frnck en font partie, mais ajoutent un deuxième niveau narratif, purement visuel, comme les tigres précités ou le poisson que se prend dans la figure un personnage antagoniste, poisson qui servira au diner et sert de transition vers la scène suivante, qui est une punition en forme de gag contre un méchant de l’histoire, et qui pose un indice vers une péripétie future en faisant tomber les lunettes de l’antagoniste, soulignant ainsi leur importance future. Les boutiques fantastiques de la rue Fracastic se caractérise par une débauche de moyens de la part de Carbone, Sydélia Guirao et Hortense Pien, tant graphique par la mise en page que visuelle (décors et créatures fantastiques) et verbale (noms des créatures et formules magiques), qui me fait penser à un gag de L’homme aux phylactères de Gennaux et Cauvin paru dans Spirou en 1978 qui utilise un extrait du peu sobre Capitaine Fracasse dont le nom rappelle le titre de cette série https://www.2dgalleries.com/art/1978-l- ... mots-99410.
Grande économie de moyen en revanche de Maria-Praz dans Otaku, avec ses cadrages répétitifs ponctués de variations colorées et une judicieuse utilisation des décors qui reproduisent bien l’obsession des personnages envers la convention de mangas où ils tentent d’aller depuis des semaines et l’imagination dont ils font preuve pour y pénétrer à peu de frais. Idem de la part de Juanungo dans Manoir à louer, dans une histoire où les seuls sons sont des éclats de rire et où chaque case est conçue en miroir où se reflètent deux personnages en vis-à-vis dans un remake du duel Spirou-Fluide glacial, et où ce sont uniquement les variations de focale et les changements de couleurs, jusqu’à un final à la Morris, qui aèrent la répétitivité.
Dans les autres gags, lorsque les Fabrice ont dans L’édito le projet, à l’instar de Nob avec Dad, de faire une BD sur leurs filles, celles-ci révèlent des pratiques honteuses de leurs géniteurs (rien d’égrillard, on est dans Spirou, pas dans Le petit Spirou), de bons gags à thème écologiste inattendu et décalé dans Les Fifiches du Proprofesseur de Lécroart (sur le bilan carbone) et Tash et Trash de Dino (sur le recyclage), et recyclage encore dans Kid Paddle où, de même que Dad se retire pour laisser la place à ses filles, Kid Paddle est absent de ce gag de sa série.
Enfin trois pages de publicité, dont une pour Pym et la forêt éternelle, où les auteurices (Fuat Erkol et Clémentine Bouvier), comme souvent hélas, ne sont pas indiqués, ni le fait que l’album contient des planches en plus par rapport à l’histoire publiée dans Spirou, et une autre pour un album Dupuis documentaire, ce qui est plutôt rare, en dehors de la série historique Ariane et Nino pour les enfants, or celui-ci est pour les plus grands, mais le message de ce 9 secondes de Morgan Navarro basé sur des études de Bruno Patino sur l’économie de l’attention , est clair : nous passons trop de temps devant les écrans, décrochons pour lire Spirou...
" Monólogo significa el mono que habla solo." Ramón Gómez de la Serna dans ses Greguerías.


