Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Posté : jeu. 25 déc. 2025 11:11
Numéro 4568 du 29/10/2025
Ici un aperçu du numéro: https://www.spirou.com/special-halloween/
Annoncé par un gag de Bercovici dans le numéro précédent, voici donc un numéro spécial Halloween en odorama, un gagdet qui consiste à gratter une pastille pour faire ressortir une odeur, plaisante ou non, pastille ici dissimulée en couverture sous forme de cerveau d’un zombie déguisé en marsupilami, ce qui est une bonne idée, et on peut imaginer que dans Fluide glacial elle aurait été placée ailleurs… Un spécial Halloween à dessin de couverture qui, comme nombre de spéciaux vraiment spéciaux (ceux de 100 pages), s’étend sur deux pages, en première et quatrième de couverture, cette deuxième moitié révélant souvant un gag amorcé dans la première moitié, ce qui est le cas ici, et plus encore, puisque le gag consiste en la puanteur s’échapant de la première page qui se répand sur la dernière et de là dans l’ensemble du numéro pour pourrir tout ce qu’elle touche, un numéro tour de force, qui a nécessité la coordination en amont de nombres d’auteurs pour qu’ils introduisent cet effet dans leurs histoires. C’est Stella Lory qui a donc réalisé cette couverture double avec sa série Working dead, que le journal a à priori décidé de mettre en avant, puisque c’est la deuxième fois qu’elle a les honneurs de la couverture depuis ses débuts il y a moins de trois mois. Certes une série zombie est destinée à être mise en vedette lors d’Halloween, mais d’autres auraient été autant légitimes, comme Manoir à louer (autre série commencée cette année), sans parler de Zombillénium, Kid paddle, Game over (qui ont déjà eu plusieurs fois cet honneur) ou Pernille ou Kahl et Pörth (rarement si pas jamais vus en couverture, eux). On a donc dans la continuité de la couverture une histoire de sept pages de Working dead, réparties dans l’ensemble du numéro, où l’on voit que les zombies de la start-up font se putréfier tout ce qu’ils touchent (une allégorie gauchiste? La critique de l’entreprise est toujours présente, ainsi la fête organisée porte le nom d’Hallo-win), et Stella Lory a vraisemblablement dessiné les moisissures, asticots et mouches qui envahissent progressivement l’ensemble des marges du numéro, jusqu’à déborder dans certaines planches, Spoirou et Fantasperge de Sti débordant eux de la Malédiction de la page treize pour commenter cette putréfaction au long des pages.
Paradoxalement, c’est la série qui, en dehors de L’édito, est la plus impliquée dans le magazine chaque semaine qui est la moins touchée par cette animation : se trouvant en page deux, les moisissures commencent tout juste à se répandre et ne la touchent que peu, on a donc simplement dans Manoir à louer une traditionnelle histoire de préparation d’Halloween. Par contre, l’odeur est déjà présente page trois, et les Fabrice se plaignent à bon droit d’en être injustement accusés. Toujours pas affectée non plus est Nuit blanche au camp, une histoire en deux page de Julien Dykmans au dessin tarabiscoté et anguleux parfait pour un récit d’horreur, sur un scénario classique d’inversion des perspectives avec des monstres racontant une histoire de bonheur pour se faire peur mais bien mené par Sti, ses Spoirou et Fantasperge le jugeant « de premier choix, en toute objectivité » dans un auto clin d’œil, et la première victime de l’infestation est finalement Gary C. Neel, tombant malade de l’ingestion de la nourriture préparée pour le Dia de los muertos, la fête du jour des morts mexicaine à laquelle ses auteurs Ced et Gorobei l’ont judicieusement fait assister plutôt qu’Halloween, nourriture pourrie par les effluves zombiesques, qui ont également vermoulu le plancher de la soirée d’Halloween où se rendent Kahl et Pörth (de Ced encore, Frantz Hofmann, qui signe aussi les Jeux intitulés Putrédaction, titre qui contient un double jeu de mots dont un peu familial, et Annelise). Mais c’est avec la suite que l’épidémie prend une dimension supérieure, d’abord avec la fin de l’histoire de Working dead, qui révèle que Greg, le personnage humain perdu dans l’entreprise zombie, est, à l’instar de ceux de Manoir à louer, lecteur de Spirou, et que c’est tout le journal qui s’est fait zombifier, à commencer par les personnages en couverture qui était normaux lors de l’achat du magazine, comme si l’on assistait à une zombification en temps réel. Puis c’est Céline, la mère à tendance rigide de Family life de Jacques Louis qui devient une zombie après avoir mangé un cake touché par le « truc gluant » qui déborde des marges et envahit les cases, la situation étant à ce point devenue si intenable que la rédaction décide de faire appel à Guillaume Bouzard pour y remédier dans l’histoire intitulée La pousse du siècle, où il découvre que dans la pourriture ont poussé des cèpes, qu’il s’empresse de ramasser pour les vendre, malheureusement ce ne sont pas des cèpes de Bordeaux mais de Marcinelle, et les acheteurs finiront intoxiqués...Le reste des histoires, tant les gags que les (à suivre), sont aussi touchées par la moisissure, mais à la différence des précédentes cela n’affecte pas l’histoire, les gags se contentant d’un traditionnel thème Halloween, comme dans La pause-cartoon (dont un Fish n chips de Tom à l’humour particulièrement macabre) ou Game over.
Coïncidence, le pénultième chapitre de l’histoire des Soeurs Grémillet Le gardien de la forêt se déroule pendant l’attendue nuit du Liechi, superbe fête fantastique automnale en heureux contrepoint à Halloween. Ce chapitre finit sur un double suspense, sentimental (l’évolution de la relation de la maman et son ami d’enfance) et fantastique (le Liechi existe-t-il ou n’est-il qu’une illusion), et les auteurs Giovanni di Gregorio et Alessandro Barbucci utilisent habilement cette nuit fantastique riche en rebondissement pour révéler que c’est la plus jeune des sœurs qui à le plus souffert du divorce de ses parents, et cette perte explique en partie l’origine de son amour pour les animaux, qui eux ne l’ont jamais abandonnée. Le quatrième chapitre de Mi-mouche marque un tournant en faisant la part belle au père de Colette, jusqu’ici assez effacé, qui a avec sa fille une complicité que n’a pas sa mère : ira-t-il jusqu’à soutenir sa fille face à sa femme, au risque d’un conflit qui pourrait mener à un divorce ? Quant au chapitre de L’île de minuit, il colle au titre de la série puisqu’il se passe de nuit.
Enfin, le rédactionnel consiste en Dans la tête de Stella Lory, qui s’y est faite une caricature foisonnante et délirante, un concours « tout pourri », et le Courrier des lecteurs où il est enfin dit et expliqué pourquoi il manquait des pages dans la prépublication de la dernière histoire de Champignac : on y voyait une consommation de « paradis artificiels », ce qui a été estimé ne pas pouvoir passer dans un journal familial. Si l’explication se tient, le journal aurait pu avoir la politesse élémentaire de proposer une page de remplacement, plutôt que ce vide rendant le passage encadrant ces pages manquantes incompréhensible. Ce problème est un classique des différences de publication entre le journal et l’album, dont le célèbre remontage pour les albums des planches que Franquin composait en vue du journal. Tintin a financièrement résolu la question en publiant en sus des albums classiques (dont la version noir et blanc des albums couleur et la version couleur des albums noir et blanc) la version pseudo fac-similé de la publication dans le journal, solution seulement applicable pour Tintin et l’idolâtrie dont il fait l’objet. Mais concernant ce Champignac, c’est d’autant plus dommage que dans les pages manquantes il y est appelé par un chaman lui tendant des champignons hallucinogènes d’un savoureux “l’ami des champignons”...
Ici un aperçu du numéro: https://www.spirou.com/special-halloween/
Annoncé par un gag de Bercovici dans le numéro précédent, voici donc un numéro spécial Halloween en odorama, un gagdet qui consiste à gratter une pastille pour faire ressortir une odeur, plaisante ou non, pastille ici dissimulée en couverture sous forme de cerveau d’un zombie déguisé en marsupilami, ce qui est une bonne idée, et on peut imaginer que dans Fluide glacial elle aurait été placée ailleurs… Un spécial Halloween à dessin de couverture qui, comme nombre de spéciaux vraiment spéciaux (ceux de 100 pages), s’étend sur deux pages, en première et quatrième de couverture, cette deuxième moitié révélant souvant un gag amorcé dans la première moitié, ce qui est le cas ici, et plus encore, puisque le gag consiste en la puanteur s’échapant de la première page qui se répand sur la dernière et de là dans l’ensemble du numéro pour pourrir tout ce qu’elle touche, un numéro tour de force, qui a nécessité la coordination en amont de nombres d’auteurs pour qu’ils introduisent cet effet dans leurs histoires. C’est Stella Lory qui a donc réalisé cette couverture double avec sa série Working dead, que le journal a à priori décidé de mettre en avant, puisque c’est la deuxième fois qu’elle a les honneurs de la couverture depuis ses débuts il y a moins de trois mois. Certes une série zombie est destinée à être mise en vedette lors d’Halloween, mais d’autres auraient été autant légitimes, comme Manoir à louer (autre série commencée cette année), sans parler de Zombillénium, Kid paddle, Game over (qui ont déjà eu plusieurs fois cet honneur) ou Pernille ou Kahl et Pörth (rarement si pas jamais vus en couverture, eux). On a donc dans la continuité de la couverture une histoire de sept pages de Working dead, réparties dans l’ensemble du numéro, où l’on voit que les zombies de la start-up font se putréfier tout ce qu’ils touchent (une allégorie gauchiste? La critique de l’entreprise est toujours présente, ainsi la fête organisée porte le nom d’Hallo-win), et Stella Lory a vraisemblablement dessiné les moisissures, asticots et mouches qui envahissent progressivement l’ensemble des marges du numéro, jusqu’à déborder dans certaines planches, Spoirou et Fantasperge de Sti débordant eux de la Malédiction de la page treize pour commenter cette putréfaction au long des pages.
Paradoxalement, c’est la série qui, en dehors de L’édito, est la plus impliquée dans le magazine chaque semaine qui est la moins touchée par cette animation : se trouvant en page deux, les moisissures commencent tout juste à se répandre et ne la touchent que peu, on a donc simplement dans Manoir à louer une traditionnelle histoire de préparation d’Halloween. Par contre, l’odeur est déjà présente page trois, et les Fabrice se plaignent à bon droit d’en être injustement accusés. Toujours pas affectée non plus est Nuit blanche au camp, une histoire en deux page de Julien Dykmans au dessin tarabiscoté et anguleux parfait pour un récit d’horreur, sur un scénario classique d’inversion des perspectives avec des monstres racontant une histoire de bonheur pour se faire peur mais bien mené par Sti, ses Spoirou et Fantasperge le jugeant « de premier choix, en toute objectivité » dans un auto clin d’œil, et la première victime de l’infestation est finalement Gary C. Neel, tombant malade de l’ingestion de la nourriture préparée pour le Dia de los muertos, la fête du jour des morts mexicaine à laquelle ses auteurs Ced et Gorobei l’ont judicieusement fait assister plutôt qu’Halloween, nourriture pourrie par les effluves zombiesques, qui ont également vermoulu le plancher de la soirée d’Halloween où se rendent Kahl et Pörth (de Ced encore, Frantz Hofmann, qui signe aussi les Jeux intitulés Putrédaction, titre qui contient un double jeu de mots dont un peu familial, et Annelise). Mais c’est avec la suite que l’épidémie prend une dimension supérieure, d’abord avec la fin de l’histoire de Working dead, qui révèle que Greg, le personnage humain perdu dans l’entreprise zombie, est, à l’instar de ceux de Manoir à louer, lecteur de Spirou, et que c’est tout le journal qui s’est fait zombifier, à commencer par les personnages en couverture qui était normaux lors de l’achat du magazine, comme si l’on assistait à une zombification en temps réel. Puis c’est Céline, la mère à tendance rigide de Family life de Jacques Louis qui devient une zombie après avoir mangé un cake touché par le « truc gluant » qui déborde des marges et envahit les cases, la situation étant à ce point devenue si intenable que la rédaction décide de faire appel à Guillaume Bouzard pour y remédier dans l’histoire intitulée La pousse du siècle, où il découvre que dans la pourriture ont poussé des cèpes, qu’il s’empresse de ramasser pour les vendre, malheureusement ce ne sont pas des cèpes de Bordeaux mais de Marcinelle, et les acheteurs finiront intoxiqués...Le reste des histoires, tant les gags que les (à suivre), sont aussi touchées par la moisissure, mais à la différence des précédentes cela n’affecte pas l’histoire, les gags se contentant d’un traditionnel thème Halloween, comme dans La pause-cartoon (dont un Fish n chips de Tom à l’humour particulièrement macabre) ou Game over.
Coïncidence, le pénultième chapitre de l’histoire des Soeurs Grémillet Le gardien de la forêt se déroule pendant l’attendue nuit du Liechi, superbe fête fantastique automnale en heureux contrepoint à Halloween. Ce chapitre finit sur un double suspense, sentimental (l’évolution de la relation de la maman et son ami d’enfance) et fantastique (le Liechi existe-t-il ou n’est-il qu’une illusion), et les auteurs Giovanni di Gregorio et Alessandro Barbucci utilisent habilement cette nuit fantastique riche en rebondissement pour révéler que c’est la plus jeune des sœurs qui à le plus souffert du divorce de ses parents, et cette perte explique en partie l’origine de son amour pour les animaux, qui eux ne l’ont jamais abandonnée. Le quatrième chapitre de Mi-mouche marque un tournant en faisant la part belle au père de Colette, jusqu’ici assez effacé, qui a avec sa fille une complicité que n’a pas sa mère : ira-t-il jusqu’à soutenir sa fille face à sa femme, au risque d’un conflit qui pourrait mener à un divorce ? Quant au chapitre de L’île de minuit, il colle au titre de la série puisqu’il se passe de nuit.
Enfin, le rédactionnel consiste en Dans la tête de Stella Lory, qui s’y est faite une caricature foisonnante et délirante, un concours « tout pourri », et le Courrier des lecteurs où il est enfin dit et expliqué pourquoi il manquait des pages dans la prépublication de la dernière histoire de Champignac : on y voyait une consommation de « paradis artificiels », ce qui a été estimé ne pas pouvoir passer dans un journal familial. Si l’explication se tient, le journal aurait pu avoir la politesse élémentaire de proposer une page de remplacement, plutôt que ce vide rendant le passage encadrant ces pages manquantes incompréhensible. Ce problème est un classique des différences de publication entre le journal et l’album, dont le célèbre remontage pour les albums des planches que Franquin composait en vue du journal. Tintin a financièrement résolu la question en publiant en sus des albums classiques (dont la version noir et blanc des albums couleur et la version couleur des albums noir et blanc) la version pseudo fac-similé de la publication dans le journal, solution seulement applicable pour Tintin et l’idolâtrie dont il fait l’objet. Mais concernant ce Champignac, c’est d’autant plus dommage que dans les pages manquantes il y est appelé par un chaman lui tendant des champignons hallucinogènes d’un savoureux “l’ami des champignons”...