Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Posté : dim. 2 nov. 2025 15:31
Numéro 4565 du 08/10/2025
Ici un aperçu du numéro: https://www.spirou.com/mi-mouche-deuxieme-round/
Si la couverture représentant Mi-Mouche de dos avec un air farouche est indéniablement belle et puissante, il me manque des éléments pour la comprendre. La dessinatrice et coloriste Carole Maurel est une adepte des symboliques graphiques (ici, la page 11 qui s’ouvre sur la mère étouffante taillant un bonsaï) et des couleurs expressives (couleurs à la fois douces, comme les nuances de verts dans le jardin, et tranchées, avec de fortes oppositions), mais je ne suis pas sûr de comprendre le pourquoi des gants de boxe de différentes couleurs (la personnalité brisée de Mi-Mouche?) et des lignes au sol, comme des rayons lasers (les cordes d’un ring?). Concernant la boxe dans Mi-Mouche, je vais faire une mise au point, comme ça j’espère n’avoir plus à y revenir. Bien sûr qu’en boxe, comme dans toutes les disciplines de combat, on apprend de base à maîtriser sa force et ses coups, comme le dit le coach page 9 du magazine, en BD, il y avait ainsi eu un épisode de Big Ben Bolt de John Cullen Murphy où celui-ci s’était fait étendre par un adepte des combats de rue qui ne respectait aucune règle, pour démontrer à contrario la primauté des règles en sport, et je conçois que le coach veuillent vendre sa came, mais prétendre que « ses jeunes ne se font jamais mal » est comme argumenter que le rugby n’est pas plus violent que les échecs ou que la cigarette est inoffensive pour la santé. La boxe est un des sports les plus dangereux, surtout si on commence très jeune comme Colette (plusieurs études ont été faites, je ne mets pas de lien). Carole Maurel le dit d’ailleurs en dehors de la BD, dans l’interview en ligne https://www.spirou.com/mi-mouche-deuxie ... x-combats/ « Je sais à quel point il faut être concentré sur le regard de l’autre, sur ses appuis, sans quoi on se prend un pain ! » J’ignore pourquoi les autrices Véro Cazot et Carole Maurel insistent ainsi de nouveau, dès l’entrée de ce second épisode, sur cette contre vérité, peut-être pour préparer une surprise scénaristique ou psychologique. Par contre, Colette a raison de reprocher à sa mère de laisser son frère faire du rugby alors qu’elle-même est interdite de boxe sous prétexte de dangerosité.
Troisième épisode du Lucky Luke d’Appollo et Brüno, amusant avec la séquence du procès qui ne peut que rappeler l’hilarant Le juge, un des sommets de la série, mais qui tient par lui-même, parce qu’on y raconte enfin un des mythes de l’ouest, les concours de tirs, qui jusque là n’avaient jamais vraiment été abordés dans Lucky Luke, malgré ou à cause de son statut de tireur légendaire (les deux explications sont données dans l’histoire), et l’idée est bonne d’avoir mis en scène Annie Oakley encore gamine, car adulte sa stature aurait été trop grande pour une histoire courte, et aurait souffert de la compraison inévitable avec Calamity Jane, un autre sommet de la série. La révélation préparée dans le précédent chapitre de Louca arrive enfin, un coup de force scénaristique de Bruno Dequier, qui bouleverse l’image que l’on avait de Nathan, qui en est décomposé, aux sens figuré et propre, jolie représentation graphique de l’auteur et son coloriste Yoann Guillo, qui évitent par ailleurs l’émotion facile par l’humour (le visage super déformé de Louca), un découpage en rupture de rythme et qui donne une place à chaque personnage au lieu de tomber dans l’erreur qu’aurait été de s’apesantir sur Nathan et Louca, et des couleurs donnant une ambiance légèrement fantastique. Ambiance fantastique, et même SF, que l’on retrouve dans la publicité pour l’album de l’histoire, Phénoménal, très efficace avec la couverture représentant Louca courant de dos à une vitesse « phénoménale » et l’illustration pleine page reprenant la même image mais de face et cadrée gros plan, exposant le surhomme qu’est devenu Louca. Si le Lucky Luke rappelle d’autres albums de la série, cet épisode des sœurs Grémillet fait lui penser à Princesse Mononoke de Miyazaki, avec l’irruption d’un sanglier et l’apparition du Liéchi. La séquence avec la laie (qu’est au final le sanglier) et ses marcassins, baignée dans la lumière dorée froide de l’usine abandonnée, fait pendant à celle dans la maison de l’hôte de la famille Grémillet, d’une chaude lumière dorée, et où s’ébauche une idylle entre la mère des sœurs et son ami d’enfance. Enfin, je termine avec les histoires (à suivre) de ce numéro par un paradoxe, qui est qu’une publicité pour le tome 4 de Mademoiselle J. signifie que cette histoire n’aura pas été prépubliée dans le journal de Spirou, contrairement aux trois précédentes, malgré le fait que Ptirou, le personnage aux origines de Spirou, soit abondament représenté sur cette page de publicité.
Les Fabrice s’emmêlent les pinceaux dans leur Édito, mais pour rappel, si Dominique Paquet, qu’ils mélangent avec Coline Strijthagen, secrétaire de rédaction, est bien une nouvelle graphiste dans Spirou (pas si nouvelle toutefois, elle y est présente depuis début mars, si on donne de mauvais renseignements aux Fabrice, il est normal qu’ils s’embrouillent, et plus précisément elle est dorénavant la seule graphiste depuis le départ de Julien Marlière il y a quelques mois ), elle travaille pour Dupuis depuis des années et, petite touche people, dans l'esprit de l’annonce de la maternité de la secrétaire de rédaction, elle est aussi, a-t-on appris récemment dans Spirou, l’épouse d’Olivier Saive, qui est depuis quelques semaines de retour dans Spirou comme illustrateur après plusieurs années d’absence du magazine. C’est d’ailleurs toute la rédaction qui est à l’honneur cette semaine, puisqu’elle est intégralement présentée dans Le courrier des lecteurs, et que la maquettiste est par ailleurs rendue responsable d’une erreur dans En direct du futur, illustré par Saive, annonçant un spécial Halloween « super kawaï ». Outre la reprise du courrier des lecteurs, En direct de la rédac est une bonne initiative pour le lien avec les lecteurices, il est seulement dommage que la rubrique présentant cette semaine une lectrice centenaire ne dépasse pas l’anecdotique. On n’est plus en 1938, et avoir 13 ans de plus que le journal ne mérite pas un simple article basique, d’autant que celui-ci recèle un fait intrigant qui n’est malheureusement pas expliqué : cette lectrice aurait débuté son abonnement à Spirou au début des années 60, soit quand elle approchait la quarantaine, or non seulement il n’était pas si courant à l’époque de lire Spirou à cet âge, mais cela l’était encore moins de commencer à le lire à cet âge. Cette particularité de cette lectrice aurait mérité une petite explication.
Amusante coïncidence : Juanungo réalise un Tuto dessiné de Wladimira, la vampire de Manoir à louer, tuto que lui-même qualifie d’« assez abstrait » lors d’une étape nébuleuse (aux sens propres et figurés, encore), en se représentant lui-même les pieds scotchés au plafond, la tête en bas, position habituelle chez un vampire mais bien peu naturelle chez un humain, alors que paraît une des planches de Manoir à louer où le style maniériste de Juanungo est le plus évident, avec les positions affectées du père de famille à la recherche d’indices pour un jeu où il s’agit de trouver des éléments faisant penser à une BD, jeu auquel avaient joué des auteurs de L’atelier Mastodonte (et où Trondheim s'était avéré champion). Je salue la performance de l’enfant reconnaissant au premier coup d’œil la salsepareille dont sont friands les Schtroumpfs, alors que cette plante est vraiment peu commune en dehors du Pays maudit, et bien que je sache Trondheim fan de toujours des productions Disney, ou tout au moins de Mickey parade, Spirou et Manoir à louer obligent, plutôt que Mickey, c’aurait pu être Sybilline à laquelle la souris aurait pu faire penser. Willy Woob se met au sport, ce qui signifie mouvement amples qui seraient à l’étroit dans les strips habituels, aussi Moog et Bernstein le font-ils passer en gags en demi planche. Dialogues et humour dans L’épée de bois sont cette fois encore proches de ceux de Trondheim, mais la série de fantaisie médiévale de Jonathan Munoz a son univers propre, et les couleurs de Anne-Claire Thibaut-Jouvray, avec ainsi un ciel vert fluo, n’y sont pas pour rien. Nob fait de nouveau un gag dans lequel Dad se dédouble, ce qu’on peut voir comme une allégorie d’un acteur, mais il faudrait creuser un peu dans ce type de gags pour voir si cette interprétation a de l’intérêt. Berth fait un jeu de mots débile dans Des gens et inversement, qui lui permet de renouveler un gag aussi vieux que la peau de banane, Cromheecke et Thiriet ne sont pas en reste sur ce terrain dans leur illustration du Bulletin d’abonnement, et Tom fait de nouveau un gag cruel sur le thème de l’environnement dans Fish n chips. Enfin, outre les traditionnels Jeux, par Tom Sorroldini cette semaine, c’est une autre rubrique qui est aussi consacrée à la série vedette du numéro, un Test comique illustré par Bercovici, et le supplément abonnés est un amusant poster de Frnck en parodie de film SF des années 80.
Ici un aperçu du numéro: https://www.spirou.com/mi-mouche-deuxieme-round/
Si la couverture représentant Mi-Mouche de dos avec un air farouche est indéniablement belle et puissante, il me manque des éléments pour la comprendre. La dessinatrice et coloriste Carole Maurel est une adepte des symboliques graphiques (ici, la page 11 qui s’ouvre sur la mère étouffante taillant un bonsaï) et des couleurs expressives (couleurs à la fois douces, comme les nuances de verts dans le jardin, et tranchées, avec de fortes oppositions), mais je ne suis pas sûr de comprendre le pourquoi des gants de boxe de différentes couleurs (la personnalité brisée de Mi-Mouche?) et des lignes au sol, comme des rayons lasers (les cordes d’un ring?). Concernant la boxe dans Mi-Mouche, je vais faire une mise au point, comme ça j’espère n’avoir plus à y revenir. Bien sûr qu’en boxe, comme dans toutes les disciplines de combat, on apprend de base à maîtriser sa force et ses coups, comme le dit le coach page 9 du magazine, en BD, il y avait ainsi eu un épisode de Big Ben Bolt de John Cullen Murphy où celui-ci s’était fait étendre par un adepte des combats de rue qui ne respectait aucune règle, pour démontrer à contrario la primauté des règles en sport, et je conçois que le coach veuillent vendre sa came, mais prétendre que « ses jeunes ne se font jamais mal » est comme argumenter que le rugby n’est pas plus violent que les échecs ou que la cigarette est inoffensive pour la santé. La boxe est un des sports les plus dangereux, surtout si on commence très jeune comme Colette (plusieurs études ont été faites, je ne mets pas de lien). Carole Maurel le dit d’ailleurs en dehors de la BD, dans l’interview en ligne https://www.spirou.com/mi-mouche-deuxie ... x-combats/ « Je sais à quel point il faut être concentré sur le regard de l’autre, sur ses appuis, sans quoi on se prend un pain ! » J’ignore pourquoi les autrices Véro Cazot et Carole Maurel insistent ainsi de nouveau, dès l’entrée de ce second épisode, sur cette contre vérité, peut-être pour préparer une surprise scénaristique ou psychologique. Par contre, Colette a raison de reprocher à sa mère de laisser son frère faire du rugby alors qu’elle-même est interdite de boxe sous prétexte de dangerosité.
Troisième épisode du Lucky Luke d’Appollo et Brüno, amusant avec la séquence du procès qui ne peut que rappeler l’hilarant Le juge, un des sommets de la série, mais qui tient par lui-même, parce qu’on y raconte enfin un des mythes de l’ouest, les concours de tirs, qui jusque là n’avaient jamais vraiment été abordés dans Lucky Luke, malgré ou à cause de son statut de tireur légendaire (les deux explications sont données dans l’histoire), et l’idée est bonne d’avoir mis en scène Annie Oakley encore gamine, car adulte sa stature aurait été trop grande pour une histoire courte, et aurait souffert de la compraison inévitable avec Calamity Jane, un autre sommet de la série. La révélation préparée dans le précédent chapitre de Louca arrive enfin, un coup de force scénaristique de Bruno Dequier, qui bouleverse l’image que l’on avait de Nathan, qui en est décomposé, aux sens figuré et propre, jolie représentation graphique de l’auteur et son coloriste Yoann Guillo, qui évitent par ailleurs l’émotion facile par l’humour (le visage super déformé de Louca), un découpage en rupture de rythme et qui donne une place à chaque personnage au lieu de tomber dans l’erreur qu’aurait été de s’apesantir sur Nathan et Louca, et des couleurs donnant une ambiance légèrement fantastique. Ambiance fantastique, et même SF, que l’on retrouve dans la publicité pour l’album de l’histoire, Phénoménal, très efficace avec la couverture représentant Louca courant de dos à une vitesse « phénoménale » et l’illustration pleine page reprenant la même image mais de face et cadrée gros plan, exposant le surhomme qu’est devenu Louca. Si le Lucky Luke rappelle d’autres albums de la série, cet épisode des sœurs Grémillet fait lui penser à Princesse Mononoke de Miyazaki, avec l’irruption d’un sanglier et l’apparition du Liéchi. La séquence avec la laie (qu’est au final le sanglier) et ses marcassins, baignée dans la lumière dorée froide de l’usine abandonnée, fait pendant à celle dans la maison de l’hôte de la famille Grémillet, d’une chaude lumière dorée, et où s’ébauche une idylle entre la mère des sœurs et son ami d’enfance. Enfin, je termine avec les histoires (à suivre) de ce numéro par un paradoxe, qui est qu’une publicité pour le tome 4 de Mademoiselle J. signifie que cette histoire n’aura pas été prépubliée dans le journal de Spirou, contrairement aux trois précédentes, malgré le fait que Ptirou, le personnage aux origines de Spirou, soit abondament représenté sur cette page de publicité.
Les Fabrice s’emmêlent les pinceaux dans leur Édito, mais pour rappel, si Dominique Paquet, qu’ils mélangent avec Coline Strijthagen, secrétaire de rédaction, est bien une nouvelle graphiste dans Spirou (pas si nouvelle toutefois, elle y est présente depuis début mars, si on donne de mauvais renseignements aux Fabrice, il est normal qu’ils s’embrouillent, et plus précisément elle est dorénavant la seule graphiste depuis le départ de Julien Marlière il y a quelques mois ), elle travaille pour Dupuis depuis des années et, petite touche people, dans l'esprit de l’annonce de la maternité de la secrétaire de rédaction, elle est aussi, a-t-on appris récemment dans Spirou, l’épouse d’Olivier Saive, qui est depuis quelques semaines de retour dans Spirou comme illustrateur après plusieurs années d’absence du magazine. C’est d’ailleurs toute la rédaction qui est à l’honneur cette semaine, puisqu’elle est intégralement présentée dans Le courrier des lecteurs, et que la maquettiste est par ailleurs rendue responsable d’une erreur dans En direct du futur, illustré par Saive, annonçant un spécial Halloween « super kawaï ». Outre la reprise du courrier des lecteurs, En direct de la rédac est une bonne initiative pour le lien avec les lecteurices, il est seulement dommage que la rubrique présentant cette semaine une lectrice centenaire ne dépasse pas l’anecdotique. On n’est plus en 1938, et avoir 13 ans de plus que le journal ne mérite pas un simple article basique, d’autant que celui-ci recèle un fait intrigant qui n’est malheureusement pas expliqué : cette lectrice aurait débuté son abonnement à Spirou au début des années 60, soit quand elle approchait la quarantaine, or non seulement il n’était pas si courant à l’époque de lire Spirou à cet âge, mais cela l’était encore moins de commencer à le lire à cet âge. Cette particularité de cette lectrice aurait mérité une petite explication.
Amusante coïncidence : Juanungo réalise un Tuto dessiné de Wladimira, la vampire de Manoir à louer, tuto que lui-même qualifie d’« assez abstrait » lors d’une étape nébuleuse (aux sens propres et figurés, encore), en se représentant lui-même les pieds scotchés au plafond, la tête en bas, position habituelle chez un vampire mais bien peu naturelle chez un humain, alors que paraît une des planches de Manoir à louer où le style maniériste de Juanungo est le plus évident, avec les positions affectées du père de famille à la recherche d’indices pour un jeu où il s’agit de trouver des éléments faisant penser à une BD, jeu auquel avaient joué des auteurs de L’atelier Mastodonte (et où Trondheim s'était avéré champion). Je salue la performance de l’enfant reconnaissant au premier coup d’œil la salsepareille dont sont friands les Schtroumpfs, alors que cette plante est vraiment peu commune en dehors du Pays maudit, et bien que je sache Trondheim fan de toujours des productions Disney, ou tout au moins de Mickey parade, Spirou et Manoir à louer obligent, plutôt que Mickey, c’aurait pu être Sybilline à laquelle la souris aurait pu faire penser. Willy Woob se met au sport, ce qui signifie mouvement amples qui seraient à l’étroit dans les strips habituels, aussi Moog et Bernstein le font-ils passer en gags en demi planche. Dialogues et humour dans L’épée de bois sont cette fois encore proches de ceux de Trondheim, mais la série de fantaisie médiévale de Jonathan Munoz a son univers propre, et les couleurs de Anne-Claire Thibaut-Jouvray, avec ainsi un ciel vert fluo, n’y sont pas pour rien. Nob fait de nouveau un gag dans lequel Dad se dédouble, ce qu’on peut voir comme une allégorie d’un acteur, mais il faudrait creuser un peu dans ce type de gags pour voir si cette interprétation a de l’intérêt. Berth fait un jeu de mots débile dans Des gens et inversement, qui lui permet de renouveler un gag aussi vieux que la peau de banane, Cromheecke et Thiriet ne sont pas en reste sur ce terrain dans leur illustration du Bulletin d’abonnement, et Tom fait de nouveau un gag cruel sur le thème de l’environnement dans Fish n chips. Enfin, outre les traditionnels Jeux, par Tom Sorroldini cette semaine, c’est une autre rubrique qui est aussi consacrée à la série vedette du numéro, un Test comique illustré par Bercovici, et le supplément abonnés est un amusant poster de Frnck en parodie de film SF des années 80.