Re: Cette semaine dans le journal de Spirou j'ai aimé...
Posté : sam. 9 août 2025 23:20
Numéro 4556 du 06/08/2025
Ici un aperçu du numéro: https://www.spirou.com/working-dead-une ... ux-tripes/
Mon intuition semble avoir été juste, selon laquelle les planches de Manoir à louer paraissent dans le désordre, comme celles de Kid Paddle ou Game over certes, mais selon une logique liée au contenu du journal, assez lâche parfois, mais calculée pour ce numéro, puisque le père de famille, porte parole du Lewis Trondheim scénariste du Spirou classique , y répond dans ce gag aux doléances de son épouse, porte-parole des lecteurices du journal se plaignant de l’absence de Spip dans l’histoire en cours de parution depuis la semaine précédente. Un timing parfait, qui a laissé bouillir les lecteurices toute une semaine, et bien en phase avec l’esprit espiègle de Lewis Trondheim. L’argument est que les animaux de compagnie qui parlent et que les lecteurs entendent mais pas le héros (Milou, Rantanplan, Bill, Snoopy...Spip) est « trop bizarre », et même « complètement absurde ». Il est vrai que je n’ai pas souvenir d’avoir lu une œuvre de Trondheim où le quatrième mur (celui qui sépare les personnages des lecteurices) ait été franchi. Sans doute pour cela qu’il avait surrenchéri dans les « blagounettes pour le lecteur » faites par l’écureuil de compagnie de son Lapinot-Spirou, L'accélerateur atomique, dans un esprit parodique. De même qu’il y avait fait de Spirou-Lapinot le personnage comique du duo, bien plus que « Fantasio ». Comme quoi, en dépit de ce qu’il affirmait dans le numéro précédent, on peut très bien faire rire avec Spirou (Franquin et Fournier ne s’en sont à l’occasion pas privés). Cette absence de Spip dans ce Spirou dit classique qui ne l’est pour cela pas tant que ça peut ainsi au choix être interprétée comme une rigoureuse cohérence ou une coquetterie de la part du scénariste. Dans cette optique d’un Spirou pas comique, ce deuxième chapitre du Trésor de San Inferno commence avec un plan nocturne d’un Spirou rêveur et désabusé quant à l’humanité. Puis l’histoire rebondit grâce à deux légèretés scénaristiques, la femme du maire annonce que le squelette extra-terrestre a disparu, ce dont elle a dû se rendre compte en se promenant en pleine nuit dans la grotte cimetière (quoi de plus naturel…), puis elle demande à Spirou d’aller creuser seul dans la grotte, car « la main d’ œuvre est rare » (certes, les villageois sont tous occupés à faire la sieste…). Soit, comme le proclame l’apparent méchant de l’histoire (un religieux fanatique), elle est folle (ou du moins excentrique), soit elle (et le scénariste) a une idée derrière la tête. On entre enfin dans le vif du sujet et, bon technicien, Fabrice Tarrin, qui prend cette fois de bons modèles (les méthodes de coloriage de Morris), nous met dans l’ambiance. Je déplore juste une remarque misogynement stupide et d’un autre âge placée dans la bouche de Spirou, pour souligner sa naïveté je suppose.
Fin de L’oreille de Lincoln, et de l’idylle en filligrane entre Blutch et la belle espionne sudiste, dont on ne saura jamais si elle avait vraiment un faible pour lui ou le manipulait froidement, et, plus intéressant de la part du scénariste Fred Neidhart, si Blutch l’a volontairement laissée s’enfuir ou si elle s’est échappée en le blessant. Hormis elle, tous les comploteurs sont capturés, grâce à une intervention de Chesterfield qui a fait preuve d’une inhabituelle présence d’esprit tant physique que, surtout, intellectuelle… L’arrivée de Fred Neidhart apporte donc un léger renouvellement dans la série, par contre, la plume nerveuse de Lambil (il avait dit dans une interview en user une par planche, sauf erreur) a bien perdu de sa fermeté nécessaire. Fin également de Tanis, où les géants de pierre égyptiens abattent le démon de métal carthaginois par une impressionnante tempête de sel, les scénaristes Valérie Mangin et Denis Bajram ont utilisé au mieux les goûts du dessinateur Stéphane Perger, et ont tiré Tanis de la tétanie où sa culpabilité l’avait plongée par une rédemption que lui permet une esclave, rédemption qui lui fait retrouver et accepter son statut de déesse, amenant un déssillement sur la condition humaine (aussi désabusé que celui de Spirou et Seccotine, ou que Blutch – que son histoire d’amour a néanmoins rendu moins sombre pour une fois). Dans Pym et la forêt éternelle, la grande révélation attendue arrive, dans un nouveau flash-back, maintenant que tout est mis en place, l’action commence enfin, par une attaque de créatures de cette forêt entourant la cabane du petit héros en devenir et de sa famille magique. La tournée des Fabrice se poursuit cette semaine dans un festival de jazz dont l’étrange représentation me laisse penser que Fabcaro et Fabrice Erre ont dû être traumatisés par un concert de jazz progressif, ou une gastro à Juan-les-pins. Ils sont remplacés cette semaine dans L’édito par des Nico (Nicoby et Nicolas Moog) enthousiastes envers des auteurs morts tout court, dixit le rédac’chef (Hislaire, Will, Franquin, Macherot, Peyo, ouille, leur liste comprend un gros faux-pas), mais las d’être mis à contribution pour un numéro morts-vivants.
Débute en effet dans ce numéro Working dead, la série qui parodie une série BD et télé, Walking dead et une télé, The office. Lucky Luke parodiait le cinéma western, on est médiatiquement une génération après. Quand viendront les séries BD parodies de jeux vidéos ou de réseaux sociaux ? Le scénario est de Marc Dubuisson, qui a fait appel au dessin à Stella Lory, sans doute, vu le thème, parce que « dans chacun de ses dessins il y a ce conflit permanent entre le mignon et le trash », dit Arthur de Pins qui l’a parainée pour l’album qu’elle a fait pour L’institut Fluide glacial de la recherche pour l’umour. S’ajoute son dessin destructuré, où, comme celui de Émilie Gleason, les personnages ont l’air d’être bâtis sur des squelettes de caoutchouc. Deux aspects qui servent parfaitement un univers de zombies. Les trois pages de gags en demi page nous montrent l’arrivée d’un jeune homme dans une start-up composée de zombies, ce qui ne manque pas de l’inquiéter. La couverture du magazine, d’un joyeux chaos, donne le ton. La série est introduite par une fausse page de publicités et d’annonces de recrutement, dont celle de l’entreprise, Brainy, et est suivie par une interview de la dessinatrice Stella Lory pour Bienvenue dans mon atelier, atelier qu’elle partage avec entre autres deux de ses idoles, Marion Montaigne et Pochep, et d’autres auteurices de BD, de jeux vidéos et de films d’animation.
Pas d’histoire courte cette semaine, mais dans les gags, des strips de Willy Woob faisant un lien éhonté entre exercice physique et société de consommation sous le prétexte que « c’est super, marcher »...tandis qu’au dessus Sti, dans La malédiction de la page 13, en fait un entre Working dead et Working Dad, que dans La pause cartoon Berth invente un nouveau sport avec, après le demi marathon, le 2000e de marathon (qui se parcoure vite, comme on s’en doute), Tom pratique l’humour noir et Lécroart l’humour romantique, et Dad essaie de s’incruster dans le groupe musical de ses filles.
Le rédactionnel présente les résultats du concours Remplacer les Fabrice, avec des CV fantaisistes, Spirou et moi accueille l’Atelier Sentô, auteur de Tokyo Mystery Café et qui est composé de Cécile, lectrice de Spirou par tradition familliale, et Olivier, plutôt Métal hurlant, mais qui comble ses lacunes (aux toilettes voit-on...), et qui font également ensemble des projets entre BD et jeux vidéos, une publicité dessinée par Justine Cunha propose dans une ambiance début de XXe siècle colorée un embarquement dans un Spirou express pour le festival Spirou et BD comic strip festival à Bruxelles, une autre publicité concerne un podcast avec les auteurices de Tanis, En direct du futur annonce le retour de Champignac qui voyage dans le temps (après les années 50, il reviendra dans les années 40), et un dessin de Bercovici annonce pour la semaine prochaine une histoire avec un Spip à priori bavard. Lewis Trondheim réagira-t-il à la provocation ?
Enfin, les Jeux de Liroy représentent nombre de personnages du journal en zombies, ce qui me rappelle que l’on attend depuis longtemps la suite de Mort et déterré...
Ici un aperçu du numéro: https://www.spirou.com/working-dead-une ... ux-tripes/
Mon intuition semble avoir été juste, selon laquelle les planches de Manoir à louer paraissent dans le désordre, comme celles de Kid Paddle ou Game over certes, mais selon une logique liée au contenu du journal, assez lâche parfois, mais calculée pour ce numéro, puisque le père de famille, porte parole du Lewis Trondheim scénariste du Spirou classique , y répond dans ce gag aux doléances de son épouse, porte-parole des lecteurices du journal se plaignant de l’absence de Spip dans l’histoire en cours de parution depuis la semaine précédente. Un timing parfait, qui a laissé bouillir les lecteurices toute une semaine, et bien en phase avec l’esprit espiègle de Lewis Trondheim. L’argument est que les animaux de compagnie qui parlent et que les lecteurs entendent mais pas le héros (Milou, Rantanplan, Bill, Snoopy...Spip) est « trop bizarre », et même « complètement absurde ». Il est vrai que je n’ai pas souvenir d’avoir lu une œuvre de Trondheim où le quatrième mur (celui qui sépare les personnages des lecteurices) ait été franchi. Sans doute pour cela qu’il avait surrenchéri dans les « blagounettes pour le lecteur » faites par l’écureuil de compagnie de son Lapinot-Spirou, L'accélerateur atomique, dans un esprit parodique. De même qu’il y avait fait de Spirou-Lapinot le personnage comique du duo, bien plus que « Fantasio ». Comme quoi, en dépit de ce qu’il affirmait dans le numéro précédent, on peut très bien faire rire avec Spirou (Franquin et Fournier ne s’en sont à l’occasion pas privés). Cette absence de Spip dans ce Spirou dit classique qui ne l’est pour cela pas tant que ça peut ainsi au choix être interprétée comme une rigoureuse cohérence ou une coquetterie de la part du scénariste. Dans cette optique d’un Spirou pas comique, ce deuxième chapitre du Trésor de San Inferno commence avec un plan nocturne d’un Spirou rêveur et désabusé quant à l’humanité. Puis l’histoire rebondit grâce à deux légèretés scénaristiques, la femme du maire annonce que le squelette extra-terrestre a disparu, ce dont elle a dû se rendre compte en se promenant en pleine nuit dans la grotte cimetière (quoi de plus naturel…), puis elle demande à Spirou d’aller creuser seul dans la grotte, car « la main d’ œuvre est rare » (certes, les villageois sont tous occupés à faire la sieste…). Soit, comme le proclame l’apparent méchant de l’histoire (un religieux fanatique), elle est folle (ou du moins excentrique), soit elle (et le scénariste) a une idée derrière la tête. On entre enfin dans le vif du sujet et, bon technicien, Fabrice Tarrin, qui prend cette fois de bons modèles (les méthodes de coloriage de Morris), nous met dans l’ambiance. Je déplore juste une remarque misogynement stupide et d’un autre âge placée dans la bouche de Spirou, pour souligner sa naïveté je suppose.
Fin de L’oreille de Lincoln, et de l’idylle en filligrane entre Blutch et la belle espionne sudiste, dont on ne saura jamais si elle avait vraiment un faible pour lui ou le manipulait froidement, et, plus intéressant de la part du scénariste Fred Neidhart, si Blutch l’a volontairement laissée s’enfuir ou si elle s’est échappée en le blessant. Hormis elle, tous les comploteurs sont capturés, grâce à une intervention de Chesterfield qui a fait preuve d’une inhabituelle présence d’esprit tant physique que, surtout, intellectuelle… L’arrivée de Fred Neidhart apporte donc un léger renouvellement dans la série, par contre, la plume nerveuse de Lambil (il avait dit dans une interview en user une par planche, sauf erreur) a bien perdu de sa fermeté nécessaire. Fin également de Tanis, où les géants de pierre égyptiens abattent le démon de métal carthaginois par une impressionnante tempête de sel, les scénaristes Valérie Mangin et Denis Bajram ont utilisé au mieux les goûts du dessinateur Stéphane Perger, et ont tiré Tanis de la tétanie où sa culpabilité l’avait plongée par une rédemption que lui permet une esclave, rédemption qui lui fait retrouver et accepter son statut de déesse, amenant un déssillement sur la condition humaine (aussi désabusé que celui de Spirou et Seccotine, ou que Blutch – que son histoire d’amour a néanmoins rendu moins sombre pour une fois). Dans Pym et la forêt éternelle, la grande révélation attendue arrive, dans un nouveau flash-back, maintenant que tout est mis en place, l’action commence enfin, par une attaque de créatures de cette forêt entourant la cabane du petit héros en devenir et de sa famille magique. La tournée des Fabrice se poursuit cette semaine dans un festival de jazz dont l’étrange représentation me laisse penser que Fabcaro et Fabrice Erre ont dû être traumatisés par un concert de jazz progressif, ou une gastro à Juan-les-pins. Ils sont remplacés cette semaine dans L’édito par des Nico (Nicoby et Nicolas Moog) enthousiastes envers des auteurs morts tout court, dixit le rédac’chef (Hislaire, Will, Franquin, Macherot, Peyo, ouille, leur liste comprend un gros faux-pas), mais las d’être mis à contribution pour un numéro morts-vivants.
Débute en effet dans ce numéro Working dead, la série qui parodie une série BD et télé, Walking dead et une télé, The office. Lucky Luke parodiait le cinéma western, on est médiatiquement une génération après. Quand viendront les séries BD parodies de jeux vidéos ou de réseaux sociaux ? Le scénario est de Marc Dubuisson, qui a fait appel au dessin à Stella Lory, sans doute, vu le thème, parce que « dans chacun de ses dessins il y a ce conflit permanent entre le mignon et le trash », dit Arthur de Pins qui l’a parainée pour l’album qu’elle a fait pour L’institut Fluide glacial de la recherche pour l’umour. S’ajoute son dessin destructuré, où, comme celui de Émilie Gleason, les personnages ont l’air d’être bâtis sur des squelettes de caoutchouc. Deux aspects qui servent parfaitement un univers de zombies. Les trois pages de gags en demi page nous montrent l’arrivée d’un jeune homme dans une start-up composée de zombies, ce qui ne manque pas de l’inquiéter. La couverture du magazine, d’un joyeux chaos, donne le ton. La série est introduite par une fausse page de publicités et d’annonces de recrutement, dont celle de l’entreprise, Brainy, et est suivie par une interview de la dessinatrice Stella Lory pour Bienvenue dans mon atelier, atelier qu’elle partage avec entre autres deux de ses idoles, Marion Montaigne et Pochep, et d’autres auteurices de BD, de jeux vidéos et de films d’animation.
Pas d’histoire courte cette semaine, mais dans les gags, des strips de Willy Woob faisant un lien éhonté entre exercice physique et société de consommation sous le prétexte que « c’est super, marcher »...tandis qu’au dessus Sti, dans La malédiction de la page 13, en fait un entre Working dead et Working Dad, que dans La pause cartoon Berth invente un nouveau sport avec, après le demi marathon, le 2000e de marathon (qui se parcoure vite, comme on s’en doute), Tom pratique l’humour noir et Lécroart l’humour romantique, et Dad essaie de s’incruster dans le groupe musical de ses filles.
Le rédactionnel présente les résultats du concours Remplacer les Fabrice, avec des CV fantaisistes, Spirou et moi accueille l’Atelier Sentô, auteur de Tokyo Mystery Café et qui est composé de Cécile, lectrice de Spirou par tradition familliale, et Olivier, plutôt Métal hurlant, mais qui comble ses lacunes (aux toilettes voit-on...), et qui font également ensemble des projets entre BD et jeux vidéos, une publicité dessinée par Justine Cunha propose dans une ambiance début de XXe siècle colorée un embarquement dans un Spirou express pour le festival Spirou et BD comic strip festival à Bruxelles, une autre publicité concerne un podcast avec les auteurices de Tanis, En direct du futur annonce le retour de Champignac qui voyage dans le temps (après les années 50, il reviendra dans les années 40), et un dessin de Bercovici annonce pour la semaine prochaine une histoire avec un Spip à priori bavard. Lewis Trondheim réagira-t-il à la provocation ?
Enfin, les Jeux de Liroy représentent nombre de personnages du journal en zombies, ce qui me rappelle que l’on attend depuis longtemps la suite de Mort et déterré...